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Installé depuis 23 ans à Vertou, Jacques Cassard n’avait jamais connu une telle perte de production de pommes. L’accès à l’eau lui a toutefois permis de sauver le minimum.
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Par Laurent Fortin Publié le 4 nov. 2026 à 21h21
Comme l’ensemble de ses confrères, Jacques Cassard n’avait jamais « connu ça ». Trente-deux jours à plus de 35 °C, dont 8 à plus de 40, entre mai et septembre, l’arboriculteur, bien qu’installé en 2003, année d’une autre tristement célèbre canicule, a vu ses pommes rester toutes petites, en raison d’un stress hydrique complet et d’un blocage de la photosynthèse, quand la peau des plus grosses n’avait pas brûlé au soleil. Un effet sèche-cheveux, appelé aussi chalumeau, dévastateur pour la récolte.
Il ne faudra pas deux ou trois années comme cela, sinon on fermera l’exploitation.
L’arboriculteur de Vertou estime avoir perdu 30 % de son rendement.
« La disponibilité en eau, la priorité »
Celui qui est en bio depuis 2008 doit la survie du reste de sa production à l’eau. À la Ville Bachelier, celui qui a deux vergers sur 6,5 hectares a pu constater la différence :
Sur le plus ancien, malgré les restrictions, on a pu maintenir le goutte-à-goutte au pied et maintenir l’aspersion quelques nuits, en puisant dans la Sèvre nantaise, ce qui a permis d’avoir des fruits. Sur le plus jeune, où mon installation électrique de pompage n’est pas terminée pour m’alimenter dans un étang, je n’ai pas pu avoir accès à l’eau comme je le voulais, ce qui a engendré une catastrophe au niveau récolte.
Il rappelle que ses arbres fruitiers « ne survivraient pas à une semaine totale sans eau ».
Pour lui, « la disponibilité en eau » est l’enjeu de la filière.
C’est l’axe que nos techniciens, avec les élus, doivent travailler. Donner des compensations financières aux pertes, cela ne réglera pas le problème et creusera les déficits. Il serait préférable de trouver des moyens et des systèmes pour retenir l’eau que nous avons en quantité l’hiver, afin qu’elle ne parte pas entièrement à la mer. Suffisamment pour que nous puissions réaliser 3-4 aspersions en juillet et en août. Cela peut suffire.
Sa production s’écoule dans les Biocoop de la région nantaise, au Min (marché d’intérêt national) de Nantes et sur deux marchés (Zola à Nantes et à Vertou).
La filière continue de travailler à des solutions techniques pour tenter de contrer le réchauffement climatique. Les filets, en forme de chaussettes, sont, par exemple, une autre innovation.
Elle donne totalement satisfaction. Sur mon hectare de poiriers, j’ai eu une collecte à 100 %.
Seul hic, le coût de cette installation : 15 000 à 20 000 euros à l’hectare. Pas simple quand les trésoreries sont déjà abîmées et qu’il faut convaincre les banquiers. Pourtant, cet outil porte ses fruits.
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