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Jumeler le Collège Glendon et l’Université de l’Ontario français, est-ce possible?

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L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) propose une intégration de certains programmes du Collège Glendon à ceux de l’Université de l’Ontario français (UOF) à Toronto. Cette suggestion face au possible déménagement du collège bilingue pourrait toutefois s’avérer difficile à appliquer.

En entrevue avec Radio-Canada, le président de l’AFO, Fabien Hébert, déclare que, si l’Université York, qui gère Glendon, ne peut pas maintenir cette capacité-là pour la communauté francophone, il y a peut-être d’autres institutions qui sont capables de l’offrir. M. Hébert a d'abord fait part de sa proposition en entrevue avec ONFR.

Glendon est cependant un établissement bilingue. Le collège met en application le mandat bilingue de l’Université York, qui consiste à fournir des services et une éducation postsecondaire en français, mais aussi à faciliter l’apprentissage et la recherche bilingues en arts libéraux et respecter les langues officielles.

Une solution à la situation à Glendon impliquant l’UOF est une possibilité parmi tant d’autres, pas la première option ni une proposition de transfert de l’ensemble des programmes, précise M. Hébert par courriel.

Pas de discussions sur le sujet

En entrevue le 30 septembre, M. Hébert a affirmé qu’il n’avait toujours pas eu de discussions avec des membres de la direction ou des professeurs de Glendon concernant les récents développements au sein de l’établissement. Le président de l’AFO n’avait pas, non plus, eu de conversations avec l’UOF au sujet de sa solution de rechange.

L’université de langue française au centre-ville de Toronto explique par écrit qu’elle poursuit sa trajectoire de croissance et de développement de programmes, en fonction des besoins actuels et futurs du marché du travail en Ontario et au Canada, notamment en matière de main-d’œuvre francophone et bilingue.

Fabien Hébert en entrevue.

Fabien Hébert, président de l'AFO, propose d'intégrer les programmes du Collège Glendon à ceux de l'UOF. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

L’UOF demeure engagée dans la croissance de son offre de programmes et dans le développement de collaborations qui contribuent à renforcer la formation postsecondaire en français en Ontario, dit Indirah Asselas, porte-parole.

Le syndicat des professeurs de l’UOF, par l’entremise de son président, Jérémie Pelletier-Gagnon, dit croire que la communauté franco-torontoise et franco-ontarienne mérite des institutions d’enseignement francophone opérant dans des environnements stables qui leur sont dédiés.

Il est aussi important que la période d’instabilité que nous vivons dans le milieu de l’éducation en général ne devienne pas un prétexte pour affaiblir la présence de l’éducation francophone à Toronto ainsi que les principes de collégialité.

Un recul pour la francophonie

La mission éducative du Collège Glendon est différente de celle de l’UOF, qui n’offre que des cours en français. Seuls 27 % des étudiants de Glendon sont francophones.

L'Université York offre au Collège Glendon des baccalauréats dans différentes matières, mais tout étudiant qui souhaite obtenir un baccalauréat doit compléter six crédits, à des degrés de difficulté variables, dans sa langue officielle non-dominante. Tous les programmes de l’établissement sont identifiés comme étant bilingues sur son site web, c'est-à-dire que des cours sont offerts dans les deux langues.

La façade de l'Université de l'Ontario français.

L'Université de l'Ontario français a été fondée en 2018. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

De surcroît, contrairement à l’UOF, où l’ensemble des services sont désignés par la Loi sur les services en français, seuls certains programmes au campus Glendon font l’objet d’une désignation.

Eric Lavigne, professeur à l'Institut ontarien d'études en éducation de l’Université de Toronto, qui se spécialise dans le milieu postsecondaire, estime qu’une proposition d’intégration exigerait que plusieurs parties s’entendent : Glendon, l’UOF, l’Université York, l’Ontario et les syndicats.

Il est aussi difficile de discerner en quoi cette proposition ne constitue pas, elle aussi, un recul pour la francophonie en Ontario, pense le professeur Lavigne. Il estime que Glendon perdrait ses acquis, tels que son emplacement, sa capacité de recrutement et son pouvoir décisionnel.

Le professeur de l'Université York Mike Palamarek, qui est basé à Glendon, rappelle que la mission des deux établissements est distincte. La grande partie de nos étudiants sont en fait des anglophones qui s'intéressent à un certain degré — nous les encourageons à étudier soit la langue française, soit à étudier en français, dit-il.

M. Palamarek évoque néanmoins la possibilité d’une synergie entre Glendon et l’UOF. J'imagine qu'il y a pas mal de possibilités. Peut-être un programme joint où les étudiants de l'UOF pourraient nous rejoindre, suggère-t-il.

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