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Quatre jours avant le coup d’envoi, la Salle des Convivialités du Musée National de Yaoundé a servi de cadre à une conférence de presse qui annonçait deux choses à la fois. D’un côté, le bilan du tout premier Camp d’Intégration Nationale des Jeunes de la Diaspora, le CINA-JEDI. De l’autre, le lancement officiel de la deuxième édition des Jeux Nationaux de la Citoyenneté, les JENACI 2026, prévue du 16 au 19 août au stade Matéco.
Le CINA-JEDI, une première édition qui a visiblement marqué les esprits
Le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation Civique, Mounouna Foutsou, a ouvert les débats en rappelant la genèse du projet. Depuis 2017, le Programme d’Aide au Retour et à l’Insertion des Jeunes de la Diaspora, le PARI-JEDI, porte plusieurs initiatives destinées aux Camerounais établis à l’étranger. Le CINA-JEDI en est la dernière déclinaison, née d’une demande répétée lors des missions de mobilisation à l’étranger. Les jeunes de deuxième et troisième générations, en particulier, réclamaient un lien plus concret avec leur pays d’origine.
Terrestra Nang, coordonnateur technique du camp, a résumé l’esprit de la chose avec une formule qui a retenu l’attention dans la salle. Le Cameroun, c’est le continent. Il a détaillé trois piliers d’acquis pour cette première édition : le renforcement du sentiment d’appartenance nationale, la découverte des opportunités économiques locales via des rencontres avec des entrepreneurs, et la constitution d’un réseau de jeunes ambassadeurs à l’étranger. Une expérience fondatrice, selon ses mots, censée transformer l’éloignement en force d’action.
Interrogé par un confrère de Radio Nkul Ongola sur le ressenti des familles, Valère Hiobi, assistant technique du CINA-JEDI, a évoqué un accueil largement positif chez les parents. Fierté, satisfaction, sentiment d’appartenance renouvelé. Il a cependant glissé une nuance qui mérite d’être retenue : pour les prochaines éditions, le camp devra s’articuler davantage autour de l’investissement et du transfert de compétences. Autrement dit, l’émotion c’est bien, mais les familles attendent aussi du concret.
Yamapi Moukam Kevin Faride, jeune participant venu de Berlin, était présent aux côtés du ministre pour témoigner de cette expérience côté diaspora. Sa présence à la tribune, aux côtés des officiels, en dit long sur la volonté du Minjec de donner un visage jeune à cette communication.
Les JENACI 2026, un tournant vers l’inclusion et le brassage régional
Changement de registre pour la deuxième partie de la conférence. Fidèle Djebba, présidente du Conseil National de l’Éducation Populaire et coordonnatrice générale des JENACI, a détaillé le programme de cette deuxième édition, prévue du 16 au 19 août au stade Matéco, à l’Université de Yaoundé I.
Le principe reste celui d’équipes tirées au sort, placées sous quatre bannières : la paix, le patriotisme, le civisme et le vivre-ensemble. Chaque jeune défend une valeur aux côtés de pairs venus d’autres régions et de la diaspora. C’est une manière plutôt originale de matérialiser le brassage interrégional, sans discours moralisateur plaqué dessus.
Le programme mélange competitions sportives classiques, épreuves paralympiques, quiz de citoyenneté, défis de volontariat et prestations artistiques. Une dizaine de régions seront représentées, sans compter les délégations de la diaspora attendues sur place.
Luc Yombi Kiffé, capitaine de l’équipe nationale de goalball et médaillé plusieurs fois champion national dans cette discipline, était présent pour porter la voix des sportifs en situation de handicap. Troisième au championnat d’Afrique de goalball en 2025 en Égypte, il a aussi représenté le Cameroun au championnat du monde de Paris en 2024, au lancer de poids catégorie F11. Son témoignage a eu le mérite de rappeler que l’inclusion n’est pas qu’un mot dans le communiqué officiel de ces jeux. Il a évoqué un enthousiasme grandissant chez les jeunes participants, à quelques jours du coup d’envoi.
Difficile de ne pas y voir une volonté du gouvernement de professionnaliser sa communication autour de la jeunesse, en multipliant les canaux, les témoignages et les visages incarnés. Reste que l’enjeu réel se jouera sur le terrain, entre le 16 et le 19 août, quand les équipes tirées au sort devront transformer les slogans en pratique.
Le ministre Mounouna Foutsou a clôturé les échanges en appelant à une mobilisation générale, société civile comme institutions, pour faire de cette édition une véritable fête du civisme et de l’unité nationale. On ne sait pas encore si l’ambition affichée se traduira en participation massive, mais le calendrier, lui, ne laisse plus de place à l’attente : quatre jours avant l’ouverture.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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