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Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal s’offrent un duel à distance sur fond de mobilisation lycéenne

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Politique 11/10/2026 11:43 Actualisé le 11/10/2026 11:44

Le fondateur de LFI comme le candidat Renaissance font de leur proximité avec la jeunesse un atout électoral. De quoi installer une confrontation directe.

Gabriel Attal lors d’un meeting de campagne à Lyon ce samedi 10 octobre (Photo by Quentin de Groeve / Hans Lucas via AFP)

QUENTIN DE GROEVE / Hans Lucas via AFP

Gabriel Attal lors d’un meeting de campagne à Lyon ce samedi 10 octobre (Photo by Quentin de Groeve / Hans Lucas via AFP)

« Celui qui sait quand il peut combattre et quand il ne le peut pas sera victorieux. » Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal ont-ils médité sur ce précepte attribué au stratège chinois Sun Tzu avant de lancer l’offensive ? Depuis le début du week-end, le candidat Renaissance et son homologue insoumis se livrent une bataille à distance, sur fond de mobilisation lycéenne. Le premier donnait un meeting à Lyon samedi 10 octobre, quand le second est attendu ce dimanche 11 à Clermont-Ferrand.

Pour le fondateur de LFI, dont le mouvement est très investi dans la grogne lycéenne et étudiante, l’occasion est belle de rappeler que c’est en partie le bilan de la Macronie, et celui de l’ancien ministre de l’Éducation, qui est contesté par la jeunesse. Qui plus est lorsqu’on se souvient que les lycéens demandent la suppression de Parcoursup, dont le rapporteur à l’Assemblée nationale en 2018 n’était autre que Gabriel Attal.

Un enjeu de taille pour Attal

Ce qui a conduit Jean-Luc Mélenchon à décocher une première flèche dès vendredi soir, jugeant que le candidat Renaissance est « personnellement responsable » de la situation dénoncée par la jeunesse. « Il avait affirmé que Parcoursup ne provoquerait aucune exclusion de jeunes de l’université, que pas un seul ne serait laissé sur le carreau ! Comment en arrive-t-on alors à 100 000 bacheliers sans débouché ? », a-t-il interrogé dans le cadre d’une interview accordée au groupe de presse Ebra, en soulignant que le jeune ministre n’avait rien fait pour « corriger » les effets négatifs du dispositif lors de son passage rue de Grenelle, cinq ans plus tard.

Une attaque qui a manifestement touché sa cible, entraînant la réponse immédiate de Gabriel Attal. « Du vent, des cris, érige la démagogie en projet politique. 0 solution, 100 % bordélisation. Derrière les postures de LFI se cache une seule réalité : la sélection par l’échec pour toute une génération », a-t-il répliqué sur son compte X, en persistant donc à assurer que ce qui préexistait à Parcoursup était pire que la situation actuelle. Piqué au vif, l’ancien Premier ministre ne compte pas céder d’un pouce sur ce sujet qui lui tient à cœur.

Il faut dire que l’enjeu est de taille pour celui qui a souvent placé la jeunesse au centre de ses engagements, du Service national universel (finalement enterré) au lancement du stage obligatoire en seconde. Auprès du Parisien, son entourage souligne que le segment des jeunes est essentiel dans la construction de sa candidature. « Dans le baromètre Ifop, il est assez largement en tête des candidats du bloc central : 18 % des 18-25 ans votent pour nous contre seulement 8 % pour Édouard Philippe », souligne l’un de ses proches, ajoutant que Gabriel Attal est « le plus populaire chez les jeunes (41 % chez les 18-25 ans) hors LFI ».

D’où la nécessité de ne pas battre en retraite face au tribun insoumis. Devant ses soutiens à Lyon, il a promis un « pacte pour la jeunesse », ne prévoyant rien de moins qu’une « révolution des temps scolaires », une réduction du nombre d’élèves par classes et une réforme de Parcoursup. « Je veux être le président qui parlera à la jeunesse parce qu’il la comprend, le président qui regarde vers l’avenir et veut transformer la France », a-t-il lancé. En fond de court, Jean-Luc Mélenchon a repris la balle au bond.

Contre-attaque

« Consternante duplicité d’Attal. Il “comprend” le malaise des jeunes, mais soutient Parcoursup qu’il a créé. Il dénonce l’engorgement de l’université, mais cache qu’il a supprimé 28 000 places à l’entrée en licence. Il dénonce le contrôle continu, mais il l’a créé aux côtés de Jean-Michel Blanquer », a rétorqué sur son compte X le leader de la France insoumise, décrivant le candidat macroniste comme un « vieux politicien de droite qui fait de la com’ et refuse un bilan de sa propre action ».

Ce qui, fort logiquement, a déplu à l’ancien Premier ministre, qui tient à préserver son image de proximité avec la jeunesse. Jugeant que « les jeunes de France méritent mieux » que de telles joutes numériques, Gabriel Attal a enjoint le candidat LFI d’en discuter sur un plateau de télévision. Une invitation à débattre que le quadruple candidat à la présidentielle a retourné contre son contradicteur. « Non, monsieur Attal, vous êtes trop outrancier et injurieux. Et puis, vous pourriez devoir vous désister bientôt pour monsieur Philippe », a cinglé Jean-Luc Mélenchon, en référence à la primaire sauvage qui oppose les candidats du bloc central, et qui tourne à l’avantage du maire du Havre dans les sondages. Et d’ajouter, un brin cruel : « je verrai avec lui ». De quoi méditer, cette fois, sur autre citation du célèbre stratège chinois : « Connais-toi, connais ton adversaire, et cent batailles ne te mettront pas en danger. »

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