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CRITIQUE - Un ado juif en manque de père et de repères dans la Hongrie traumatisée par la répression du soulèvement de 1956.
C’est ce qu’on appelle un film sur le fil. Ou, si l’on voulait être désagréable, un film hésitant de bout en bout. Dès les premières images d’Orphelin (en salles le 11 mars), on est plongé dans la grande Histoire, et László Nemes (Le Fils de Saul, Sunset) la restitue toujours extraordinairement. Que ce soit l’atmosphère dramatique de l’immédiat après-guerre, quand les communistes installent en Hongrie leur pouvoir, leurs méthodes, leur langage (on est tenu de dire « camarade » à la place de « monsieur » ou « madame ») et leur système économique aberrant, ou l’ambiance étouffante des lendemains de la révolte de 1956. La tension est alors encore partout, la police traque toujours « rebelles » et « espions » qui se cachent dans les caves, des armes circulent, les familles de ceux qu’on soupçonne d’avoir participé aux événements sont humiliées, stigmatisées, dénoncées.
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