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« C'est fini. Je vais mourir aujourd'hui. » Cette pensée a traversé l'esprit de Reetinder Sandhu alors qu'il disparaissait sous la surface du lac Ontario.
Sauvé de justesse, ce père de famille reconnaît que, sans l’aide de l’unité maritime du service de police de Halton, qui patrouillait sur le lac Ontario, il serait mort noyé ce jour d'août 2024.
Du rêve au cauchemar : une dérive de 12 mètres en quelques minutes
La journée avait pourtant bien commencé : son épouse, ses enfants, des amis, la plage de Burlington et deux petits bateaux gonflables pour les piscines. L’idée était simple, s’installer confortablement sur les bateaux et relaxer au gré des vagues.

À l’approche de l’été, la police de Halton rappelle aux baigneurs et plaisanciers les consignes de sécurité à respecter dans l’eau et sur le lac.
Photo : Radio-Canada
Alors que sa famille retourne sur la plage pour luncher, M. Sandhu a préféré rester en mer. Malheureusement, la marée en avait décidé autrement.
Sans m’en rendre compte, la marée a changé de direction et a commencé à aller dans la direction opposée et à m’éloigner du rivage, raconte-t-il. Alors qu’il n’était qu’à cinq à sept mètres de la plage avec sa famille, l’homme s’est retrouvé à plus de 12 mètres sur son navire de fortune.
Comble de malheur, 15 à 20 minutes après le départ de sa famille pour le rivage, la pluie s’est mise à tomber. Le temps a changé rapidement, reconnaît le père de famille qui n’avait pas réalisé s’être tant éloigné de la plage. J’avais l’impression d’être encore dans les parages, peut-être un peu plus loin, mais pas tant que ça. Mais en fait, j’étais loin.
Réalisant que son bateau gonflable ne ferait que l’apporter de plus en plus loin, M. Sandhu a décidé de sauter à l’eau pour tirer son radeau et rejoindre sa famille pour le lunch.
Je ne savais pas vraiment nager : l'erreur de Reetinder Sandhu
Il l’avoue lui-même, c’est seulement à ce moment qu’il réalise son erreur… Je suis allé pour rejoindre le fond et j’ai réalisé que c’était trop profond, se souvient-il.
Comme beaucoup d’adultes, M. Sandhu ne connaissait pas vraiment la nage, ayant récemment commencé des cours. J’en étais encore aux bases. J’apprenais à flotter et tout ça. Je ne savais pas vraiment nager, explique-t-il.
J’ai paniqué tout de suite parce que j’ai compris que, non seulement c’était une très mauvaise idée, mais que ça allait mal tourner.
En panique, il a bien tenté de remonter ou de s’accrocher au bateau gonflable, sans succès. En désespoir de cause, le père de famille s’est mis à crier et à s’agiter dans l’eau dans l’espoir qu’on le remarque.
J’ai continué aussi longtemps que j’ai pu. Puis j’ai réalisé : "Ça suffit. Personne ne viendra. C’est fini. Je vais mourir aujourd’hui." Et vous savez, c’est exactement la pensée qui vous traverse l’esprit. Vous pensez que votre vie est finie. C’est la dernière chose que j’ai ressentie… , avoue-t-il encore ému.
Sauvé par une patrouille de routine
À ce même moment, deux agents de l’unité maritime du service de police régional de Halton en patrouille de routine aperçoivent les mains d’un nageur qui s’agitent juste au-dessus de la surface de l’eau avant de disparaître complètement sous l’eau.
Les deux agents maritimes se sont alors précipités sur les lieux, ont sauté à l’eau et hissé le corps inanimé de l’homme à bord de leur bateau.

Reetinder Sandhu le reconnaît, sans l’aide des policiers, il serait mort si les agents de l’unité maritime du service de police régional de Halton ne l’avaient pas repéré en août 2024.
Photo : Radio-Canada
Tout en lui faisant un massage cardiaque, les policiers ont coordonné leurs efforts avec les autres services d’urgence afin qu’ils les rejoignent sur les rives de Burlington.
Contre toute attente, l’unité maritime a réussi à réanimer M. Sandhu, dont la femme et les enfants ont assisté, impuissants, à toute la scène depuis la plage.
Gilets de sauvetage et frites de piscine : les conseils de la police de Halton
Pour la police de Halton, ce puissant récit rappelle l’importance de la sécurité dans et autour de l’eau. Il aurait pu mourir ce jour-là et […] c’est pourquoi nous sommes très reconnaissants à M. Sandhu d’avoir partagé cette expérience, indique le chef adjoint Jeff Hill du services d’enquête et de soutien de première ligne du service de police de la région de Halton.
Il faut être prudent avec un lac aussi grand et la force du vent, rappelle-t-il. Si vous n’êtes pas un bon nageur, vous devriez envisager de suivre des cours de natation ou, à tout le moins, porter un gilet de sauvetage et ne pas compter sur des objets flottants comme des frites de piscine pour vous maintenir en vie.

Le chef adjoint Jeff Hill du service d’enquête et de soutien de première ligne du service de police de la région de Halton rappelle que le cas de M. Sandhu n’est pas unique et que ce genre d’incident se produit annuellement.
Photo : Radio-Canada
L’expérience de M. Sandhu n’est pas unique. Le chef adjoint Hill souligne que, chaque année, le vent emporte des gens au large et les empêche de regagner le rivage. Ça ne prend pas longtemps. Ça arrive très, très vite, insiste-t-il.
Que ce soit en bateau, [à la plage] et même dans le cas des piscines, le message est le même : assurez-vous de garder un œil sur tout le monde, surtout sur les enfants. Quand je dis de garder un œil sur les gens, je veux dire littéralement, gardez-les à l’œil, car il suffit d’une seconde. Et c’est là que la tragédie survient : vous détournez le regard une minute et, l’instant d’après, vous ne les voyez plus, ajoute-t-il.
Ne vous fiez jamais à l’eau. L’eau, dans la nature, est puissante. Le vent est plus fort qu’on ne le croit. Et si vous n’êtes pas à l’aise dans l’eau, portez un gilet de sauvetage ; il pourrait vous sauver la vie, conclut le policier.


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