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«Je te crois»: des formation aux violences faites aux enfants pour les acteurs du périscolaire en France

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Encore une semaine de vacances pour les élèves français. À la rentrée, ils seront tous soumis à un questionnaire, de la maternelle au lycée. Une initiative du ministère de l'Éducation pour détecter les victimes de violences sexuelles. Les questions sont évidemment adaptées à l'âge des élèves. En France, 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles. Les scandales dans le périscolaire, qui ont éclaté en 2025, ont rappelé l'urgence d'une réponse à ce phénomène, qualifié de systémique. Rien qu'à Paris, des enquêtes ont été ouvertes dans plus de 200 écoles et 24 crèches. Dans la quasi-totalité des cas, les suspects sont des animateurs hommes, occupant des postes précaires ne nécessitant aucune formation. Face à l'urgence, de nombreuses mairies et collectivités réagissent, en proposant notamment des formations, qui font toute la différence. La Métropole de Lyon, troisième ville de France, concentre de nombreuses initiatives.

Comment repérer un enfant victime de violence et recueillir sa parole ? Comment repérer un prédateur, au sein d'une équipe ? Après 12h de formation, la dizaine de stagiaires a désormais des éléments de réponse. Sandrine Fortina, la formatrice, dresse un bilan avec elles. Elles sont directrice du périscolaire, animatrice, responsable de maison de quartier ou encore assistante d'enseignants. Elle leur demande un mot qu'elles vont garder de cette formation. « Je te crois », répond l'une d'entre elles. « "Je te crois", c'est notre cœur pour contrecarer la stratégie des agresseurs », ajoute Sandrine Fortina.

« On a bien vu quand on a fait ce travail sur comment on recueille la parole des enfants qu'on était toute hyper-génée. On voulait pas induire quelque chose. En fait, à un moment donné, il faut nommer les violences par le mot "violence". Il y a des façons plus directes de s'adresser à eux là-dessus : "Est-ce que quelqu'un t'a fait du mal ?" », souligne Géraldine, à l'initiative de cette formation. Elle dirige la MJC de la Duchère, une maison des jeunesses et de la culture, implantée dans un quartier populaire de Lyon qui propose toute l'année des activités aux enfants.

« On a eu des sujets qui étaient sans "gravité". Et je mets des guillemets à "gravité", qui résonnait avec l'actualité plus grave du périscolaire. Oui, c'est vraiment une situation qui nous a fait prendre conscience que si collectivement on tolérait, on acceptait, on excusait, du coup cela laissait l'échelle des gravités monter. Aujourd'hui on ne se dit pas : "Ah ça y est, c'est bon". On sort de [cette formation] avec des clefs ».

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Des clefs notamment sur la stratégie des agresseurs. C'est ce que Touria Jaouini retient d'abord, elle est directrice du périscolaire dans deux écoles : « L'agresseur va identifier une victime. Il y a un critère autour de la mise en confiance. Un autre paramètre autour de l'isolement de la victime. Cela permet d'affiner nos méthodes managériales. Ce qu'on travaillait en formation, c'est : n'importe qui. Et surtout mes collègues préférés peuvent être un agresseur. On devient des sortes de vigies les uns et les unes par rapport aux autres. Parfois, il y a des gens qui disent en formation : "Est-ce que je dois me méfier de tout le monde ?" Oui, vu la réalité statistique des violences qui sont faites aux enfants, bien sûr ».

Cette étape de la formation, avec des mises en situation, a particulièrement secoué Naomi, 25 ans, animatrice périscolaire : « La stratégie de l'agresseur, on la connaissait pas forcément. Il y a plein de moments où j'ai revu des amis à moi, des situations dans lesquelles on s'est retrouvés, nous, quand on était enfant. Parce qu'on a pas de formation pour s'occuper des enfants. C'est juste qu'on reproduit ce que l'on a vécu, l'éducation que l'on a eue. C'est un peu dur parfois de prendre du recul », explique-t-elle.

Cette formation a toujours été au catalogue de l'organisme de Sandrine Fortina, experte de la prévention des violences faites aux enfants. Mais l'intérêt qu'il suscite est tout récent. Un effet, selon elle, du #metoopériscolaire : la médiatisation récente de nombreux scandales : « Très clairement, j'ai eu une première demande qui a fait un peu boule de neige. Après, il y a une deuxième vague de sollicitations qui sont en train d'arriver, ce sont les collectivités. Mais c'est toujours pas évident de vendre la formation sur ces sujets là. C'est pas encore tout à fait acquis, cette volonté politique de protéger les enfants, de donner les moyens. »

En février 2026, la Ciivise, la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, relevait un niveau de formation des professionnels toujours insuffisant, faute de temps, de moyens et de priorisation claire. Le #metoopériscolaire parviendra peut-être à faire évoluer la donne.

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