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"Je ne courais pas avant" : en rémission de cancer, Sandy s'attaque au semi-marathon de Paris

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Sandy Sousa, 36 ans, va relever le défi du "Hoka semi de Paris 2026", ce dimanche 8 mars. Un défi colossal pour cette mère de trois enfants, en rémission d'un cancer du sein.

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Sandy Sousa va participer à sa première course, ce dimanche 8 mars 2026, lors du semi-marathon de Paris, dix-huit mois après avoir été diagnostiquée d'un cancer du sein.

Sandy Sousa va participer à sa première course, ce dimanche 8 mars 2026, lors du semi-marathon de Paris, dix-huit mois après avoir été diagnostiquée d’un cancer du sein. (©AG/ actu Paris)

Par Antoine Grotteria Publié le 1 mars 2026 à 9h00

« Si on m’avait dit que je serais capable de faire ça il y a plusieurs mois, je ne l’aurais jamais cru ». Au crépuscule du dernier entraînement collectif, Sandy a les joues rosies par l’effort, mais ne se détache pas d’un grand sourire. Un sentiment de jubilation individuelle et collective affleure sur la piste du centre sportif Alain-Mimoun, dans le 12e arrondissement de Paris, ce samedi 28 février 2026. Et pour cause, dans une semaine, les dix membres du projet « En (rémission) », porté par Le Footing en lien avec l’institut Gustave-Roussy prendront le départ du plus célèbre semi-marathon de France, le « Hoka semi de Paris », où des dizaines de milliers de coureurs sont attendus. Parmi eux, Sandy Sousa. А̀ 36 ans, cette responsable de magasin et mère de trois enfants âgés de 2 à 6 ans qui habite en Seine-et-Marne, s’attaquera à ce défi, un an et demi après avoir vu sa vie basculer.

« Je ne savais pas comment le dire à mes enfants »

Atteinte d’un cancer du sein triple négatif, « l’un des plus agressifs » – rappelle-t-elle auprès d’actu Paris, Sandy s’est effondrée en septembre 2024. « Je ne savais pas comment le dire à mes enfants. Mais je ne voulais pas leur mentir et me mentir. Je ne leur ai pas dit que ça allait, et que ce n’était pas grave », confesse-t-elle. Sans doute, cette réaction s’est construite sur les ruines psychologiques laissées par le décès de sa mère, décédée d’un cancer du sein.

La brutale annonce passée, Sandy a entamé une chimiothérapie hebdomadaire. Avec succès. En février 2025, la trentenaire a cessé ses traitements. Un protocole réussi, mais impossible à dissocier d’un état physique et mental fragile. « L’après traitement, c’est le plus dur. Je me suis posé beaucoup de questions. Et j’avais besoin de trouver une activité qui me relance », avoue-t-elle.

La préparation physique passe par des étirements.

La préparation physique passe par des étirements. (©AG/ actu Paris)

Ses yeux ont alors dardé une discipline qui n’entrait pas dans son champ d’exploration. « Je ne courais pas avant. Ce n’était pas du tout mon truc. J’ai essayé à la vingtaine, mais ça ne m’a pas plu », relate-t-elle. Enjambant son aversion, Sandy a décidé de solliciter, à l’été 2025, Le Footing, une organisation fondée par Antoine Tessier et Pierrick Loir, dans le cadre du dispositif « En ré (mission) » lié à l’institut Gustave-Roussy, le premier centre de lutte contre le cancer en Europe.

Une préparation avec trois entraînements par semaine

L’abnégation et la volonté de Sandy ont séduit les encadrants d’un projet étalé sur douze semaines, ayant pour finalité la participation au semi-marathon de Paris. Mi-décembre 2025, les premiers entraînements ont commencé. Non sans peine.

"Au début, je ne me sentais pas très bien. J'avais du mal à enchaîner plus de deux minutes de course"

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Au fil des semaines, les pulsations ont baissé, et le cœur s’est musclé. « Elle ne lâche rien. De passer à aucune course à un semi-marathon en douze semaines, c’est colossal », admet Pierrick Loir, 29 ans, kinésithérapeute de formation. Accompagné d’Antoine Tessier, 29 ans, l’ancien coureur de haut niveau, qui a déjà participé aux championnats de France du 800 mètres dans les catégories jeunes, a mis en place une préparation individualisée.

Pierrick Loir(à gauche) et Antoine Tessier (à droite), deux anciens athlètes de haut niveau, désormais encadrants du projet.

Pierrick Loir (à gauche) et Antoine Tessier (à droite), deux anciens athlètes de haut niveau, désormais encadrants du projet. (©AG/ actu Paris)

Sur la piste, Sandy alterne les phases de course et de marche. Objectif, « être prête » le jour de la course. Malgré cette rationalisation, la préparation n’a pas ressemblé à un long fleuve tranquille. « Il y a toujours les effets secondaires. Parfois, je ressens une fatigue inexpliquée qui me met à plat. J’ai aussi des pertes de mémoire et des oublis de mots », rappelle la responsable de magasin, qui court trois fois par semaine.

Le collectif, un soutien de poids

Parfois emportée par un tourbillon d’émotions négatives, Sandy s’arrime au collectif de coureurs.

"C'est un boost d'énergie vraiment extraordinaire. Ce sont des personnes que je ne connaissais pas. Mais en quatre mois, ils sont devenus des amis"

En dépit de niveaux disparates, chacun a pu s’appuyer sur son camarade pour surmonter les écueils d’une rémission loin d’être aisée.

Sandy, en discussion avec ses camarades du projet, et Antoine Tessier (en orange).

Sandy, en discussion avec ses camarades du projet, et Antoine Tessier (en orange). (©AG/ actu Paris)

Dimanche prochain, ils seront tous présents boulevard Saint-Germain, au départ de la course. Sandy pourra compter sur la présence de ses enfants et de son époux. « Je veux juste terminer la course, même si c’est en six heures », déclame-t-elle. Il sera ensuite temps de récupérer, de savourer, puis de réfléchir à la suite. La trentenaire n’a pas l’intention de ranger ses baskets. En août, elle aimerait réaliser un grand parcours à Fatima, au Portugal, où elle puise ses racines familiales. Des perspectives réjouissantes.

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