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Implantée au cœur de la «Plastics Vallee» dans l’Ain, l’entreprise Utz France a annoncé fermer ses portes pour une semaine face à la flambée des prix du pétrole, et de certains plastiques qui en sont dérivés.
Passer la publicité Passer la publicitéAlors que les négociations entre les États-Unis et l’Iran, tenues ce week-end au Pakistan, se sont soldées par un échec cuisant, les répercussions du conflit au Moyen-Orient continuent de s’étendre. En France, elles se diffusent progressivement dans l’économie, entre hausse des prix de certaines matières premières et difficultés d’approvisionnement. Face à ces conséquences lourdes, l’entreprise Utz France, implantée dans la «Plastics Vallee» (vallée du plastique) de l’Ain, a annoncé fermer ses portes pour une semaine.
Depuis lundi matin, l’activité de l’usine de Saint-Vulbas, qui fabrique des emballages plastiques pour le transport, tourne donc au ralenti : sur les 90 employés qu’elle compte, seule une dizaine assurera un minimum de maintenance et quelques commandes. Et les autres resteront chez eux. «On a décidé de stopper la production, explique Fabrice Bachelier, directeur général du groupe à nos confrères de RMC, on a préféré d’une manière collective organiser les congés qui restaient et fermer l’entreprise».
Si le patron d’Utz affirme que l’usine a quelques commandes à honorer d’ici juin, le futur lui apparaît très incertain. «C’est pesant, les nuits sont compliquées en ce moment. On espère qu’après les vacances tout sera réglé. Mais j’ai quand même des doutes et j’ai beaucoup d’inquiétude pour l’avenir», confie-t-il auprès de RMC.
Augmentations disparates
D’autres entreprises de la «Plastics Vallée» sont touchées, à différents degrés. L’entreprise d’injection plastique Francia est ainsi confrontée à deux problèmes: celui de la hausse des prix et celui des délais d’approvisionnement, avec des fournisseurs ayant décalé la livraison de plusieurs semaines, voire ne pouvant plus livrer du tout. Les augmentations de prix sont très disparates. «Pour certains plastiques nous n’avons pas de hausse de prix (en dehors du coût de transport) pour d’autres, nous sommes au-delà des 100% ! En moyenne, nous l’estimons à 25%», partage le président, Ivan Audouard.
Avec les matières premières représentant à peu près la moitié du prix des pièces, il n’était pas possible de prendre sur ses marges et il a donc choisi de répercuter ces hausses sur les clients. Résultat : «mon équipe passe beaucoup de temps à renégocier les prix avec nos clients et à leur annoncer des retards de livraison, regrette le président, et si les clients sont compréhensifs pour des premières hausses, ils ne le seront peut-être pas à la deuxième».
Le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, s’est toutefois voulu rassurant. Interrogé au micro d’Apolline de Malherbe sur RMC, il a affirmé que «nos filières industrielles tiennent le choc et on suit ça de très près. Pour ce qui est de Utz France, elle est en rupture d’approvisionnement. Beaucoup avaient un peu anticipé leur stock, et donc globalement ça tient». Et si le golfe venait à être totalement bloqué ? Le ministre botte en touche, qualifiant la gestion de la situation par le président américain «d’éruptive».


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