Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Islam et anarchisme, relations et résonances 2/3 (Mohamed Abdou, Ph.D)

2 week_ago 27

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Nous pensons ce chapitre être le plus important du livre dans la mesure où l’auteur y explique dans le détail la logique interne de sa recherche et de ses conclusions et expose ce qu’est l’Anarcha-Islam dans sa substance méthodologique, pratique et idéologique. Par sa réflexion et se recherche, Mohamed Abdou est arrivé aux même conclusions essentielles que les anarchistes chrétiens. Le fait que le Qu’ran dise textuellement qu’ « il n’y a pas d’obligation à la religion » et que la première Oumma historique à Médine fut constituée de musulmans, de non-musulmans, de croyants et de non-croyants, en dit long sur le potentiel anti-autoritaire d’une société amalgamée, fusionnée entre deux cultures ayant retrouvé leur niveau de tolérance, de compassion et d’entraide originel. Il est important de le comprendre et de le diffuser afin d’établir et de solidifier toute passerelle future pour une unification, une symbiose culturo-spirituelle de salut pour l’humanité. La solution au marasme décadent étatico-marchand eugéniste et de ses mensonges et falsifications omniprésents, est la société des sociétés ayant retrouvé l’élan spirituel de son Être organique, qui fut galvaudé et remplacé par le culte de l’Avoir ne servant que le plus petit nombre par les rouages mécaniques faillibles et corrompus de l’état et de l’économie. Ce chapitre du livre amène à cette voie de renouveau et de la (r)évolution, à l’instar des conclusions anarchistes chrétiennes. A lire et diffuser sans aucune modération… ~ Résistance 71 ~

Islam et anarchisme, relations et résonances

Mohamed Abdou

2022

Larges extraits

Traduit de l’anglais et compilé par Résistance 71

Juin-août 2026, publication octobre 2026

1ère partie

2ème partie

3ème partie

III. Anarcha-Islam : un Islam anti et non-autoritaire

Dans ce chapitre, j’affirme les engagements antiautoritaires de l’Anarcha-Islam en démontrant que l’Islam est incompatible avec les cadres de fonctionnement de l’état capitaliste moderne. En construisant l’Anarcha-Islam, je réfute de la même manière deux des erreurs concernant l’islam et les musulmans qui perdurent parmi les anarchistes et plus largement chez les gauchistes : l’impossibilité de construire soit une interprétation anarchiste de l’islam ou une interprétation islamique de l’anarchisme et l’impossibilité de la co-existence des identités anarchistes et musulmanes en une seule subjectivité.

L’Ijtihäd anarchiste défie également les érudits et universitaires musulmans Neo-orthodoxes et néo-libéraux, qui argumentent que l’anarchisme est un import immoral et impraticable euro-américain.

[…]

Actuellement, quelques universitaires musulmans reprennent des terminologies alternatives de décolonisation. Le réalisateur de cinéma iranien très pointu Milad Dokhanchi met sur le même pied d’égalité la décolonisation et “détaqutisation”. (Du terme arabe “taqut” qui est un terme coranique se référant à l’idolâtrie ou l’adoration de quoi que ce soit, incluant l’état-nation, contre Allah. Les rois qui se rebellèrent contre les prophètes sont réferrés comme étant taqut dans le Coran). Rapportant une substantielle conversation avec un haut dignitaire iranien, Dokhanchi cite le fonctionnaire disant : “Lorsque la révolution s’est produite, nous avons évincé les taqut hors du pays, mais pas la mentalité taqut.”

[…]

Dokhanchi continue en argumentant que l’Iran post-révolutionnaire est toujours structuré sur des institutions qui étaient basées sur une série d’assomptions chosifiées euro-américaines et non-islamiques. Il note que la “détaqutisation” marque “le besoin d’un effort de déconstruire et de réimaginer la surface et les réflexions symboliques de l’héritage du taqut.

Dans un article sur la crise de l’état-nation, l’universitaire en science politique du Caire et ancien membre de la Confrérie des Frères Musulmans Heba Raouf Ezzat rappelle les lecteurs que le sens réel de l’anarchisme est bien plus proche de ce qui constituerait une “société sans état” que le “chaos”.

[…]

Elle rajoute : “[…] Les musulmans ont été bien trop obsédés de discuter avec les démocrates et libéraux qui ont déjà accepté leur présence dans le monde occidental, ou qui ont accepté leur représentation parlementaire dans le monde musulman. Ils se sont gardés de discuter et de communiquer avec la gauche “radicale”, les anti-mondialistes, altermondialistes et les différents groupes de résistance et de protestation occidentaux.”

[…]

Les blogueurs anarchistes insistent sur une vision eurocentrique de l’anarchisme et balaient d’un revers de la main la possibilité de l’existence d’anarchistes musulmans, basé sur leurs vues de l’Islam et des musulmans. Deux commentaires par exemple :

“Toute forme de religion est contrôle de la pensée, l’Islam est sexiste et homophobe… Si les musulmans étaient sérieux au sujet de l’anarchisme, ils auraient laissé tomber les aspects sexistes et homophobes de la religion et auraient plus accentué les aspects libertaires de celle-ci.”

Ou encore :

“Anarcho-islam est la plus grosse connerie que j’ai jamais entendue. L’islam est soumission. Esclave d’Allah et toute cette merde. Il a toute une série de règles de conduite hyper rigides, bien que plus éclairée que les autres religions monothéistes de bien des façons, il n’est jamais passé par une Réforme. Il est réactionnaire, pro-capitaliste, pro-esclavage, impérialiste et misogyne jusqu’au trognon. Lisez donc ce putain de Coran.”

Ces attaques et dénis de l’anarcha-islam ont pour origine le manque de clarté sur ce que veut dire le mot “Islam” dans le monde contemporain.

[…]

Les anarchistes maintiennent cette conception au sujet de l’Islam pour deux raisons. D’abord, ils sont influencés par les représentations (néo)-orientaliste et (néo)-fondamentaliste euro-américaines de l’Islam et des musulmans. Ensuite, la vaste majorité des anarchistes euro-américains n’ont jamais lu la Sunnah, les ahadîths ou le Coran dans la langue dans laquelle ils furent dictés et écrits, l’arabe. De plus, ces anarchistes n’ont jamais pratiqué l’Ijtihâd et connaissent très mal voire pas du tout les traditions interprétatives au sein de l’Islam. La majorité des anarchistes euro-américains ne savent pas du tout qu’au sein de l’Islam, “tout ce qui est dit sous la forme explicite de la loi réfère aussi également à un autre sens.” A terme, ils demeurent aveugles à la réalité qui il y a des possibilité non-dogmatiques pour que les “mujtahidîn” s’engagent dans le djihad et l’Ijtihâd comme notifié et prescrit.

[…]

Dans la section qui suit, je construit, en utilisant l’Ijtihäd anarchiste, les engagements antiautoritaires de l’Anarcha-Islam en regard des micro et macro formes d’autorité. D’abord, j’introduit quatre concepts et pratiques micro-antiautoritaires, que je tire de l’Islam : le Tawhîd ou la fidélité au créateur, la Choura ou consultation mutuelle, l’Ijmâ ou le consensus de communauté et Maslaha ou l’intérêt public et montre comment ils informent la résistance de l’anarcha-islam au micro-formes d’autorité. De là, je construit l’engagement antiautoritaire de l’anarcha-islam au macro niveau, qui implique une critique anti-institutionnelle et anti-étatique. L’engagement anti-institutionnel de l’Anarcha-islam est établi au travers une critique du clergé musulman contemporain, quelque soit les titres qu’ils portent, Imams, Khulafâ, Sheikhs etc…. Après cela, je construit l’engagement anti-étatique de l’Anarcha-Islam. Ce faisant, je vais à l’encontre du cadre post-prophétique du Califat dérivé du concept islamique de Klilâfah voulant dire “représentation”, manipulé par le clergé comme contexte de formation d’un soi-disant “état islamique” gouverné par une règle autoritaire pyramidale du haut vers le bas. En utilisant le Coran, je réinterprète le Khilâfah et le fait correspondre avec une “identification des êtres humains de manière générale comme les co-gérants de Dieu [Khulifah, multiple, en forte opposition au singulier Khalifah sur Terre ayant une influence humaine sur les créations divines.”

Après avoir construit l’engagement anti-étatiste de l’Anarcha-Islam,  je me préoccupe de “l’autorité” du prophète Mahomet et argumente, utilisant le Coran, que le prophète Mahomet n’est rien allant au delà d’un messager (Rasul) et prophète (Nabï), dans le cadre d’un appel spirituel, né exclusivement pour assumer la tache de transmettre le message de l’Islam (da’wa) au monde. En regard de “l’autorité” de Dieu, j’affirme qu’en Anarcha-Islam, “il n’y a pas d’obligation dans la religion”, ceci étant en ligne avec le verset du Coran cité précédemment, les anarchistes et autres personnes ne sont aucunement obligés d’accepter Dieu, simplement de reconnaître le droit d’un musulman de croire en son créateur.

Puis, j’argumente à l’instar de Saul Newman, que les anarchistes n’ont pas “éliminé” Dieu, mais “n’ont fait que le réinventer [Dieu] sous la forme d’une essence.”

[…]

D’après cette analyse, les anarchistes doivent reconnaître qu’il y a une différence entre d’un côté, la résistance à Dieu et la Création, qui représentent une extension d’eux-mêmes et de l’autre côté, s’accorder contre toute manière de règle autoritaire, incluant la religion organisée et institutionnalisée. En ce sens, lorsque les anarchistes se positionnement de manière erronée dans la résistance à un Créateur, la vérité est que Dieu n’est pas l’objet de leur ressentiment et de leur résistance, mais plutôt qu’ils résistent à une religion, une foi et une spiritualité qui sont institutionnalisées.

[…]

Afin de catalyser musulmans et croyants dans une direction antiautoritaire, cette interprétation islamique adhère aux concepts et pratiques micro-antiautoritaires suivants comme contre-mesures aux pratiques micro-autoritaires : la croyance monothéïste (Tawhid), la consultation mutuelle (Choura), le consensus communautaire (Ijmä) et l’intérêt public (Maslaha).

La pratique / concept anti-autoritaire islamique du Tawhid est critique, car, comme noté dans l’introduction, les exégètes musulmans continuent de débattre sans relâche  sur la possibilité d’être un nationaliste musulman à la lumière du Tawhid, qui insiste sur le devoir important des musulmans de ne reconnaître que la seule autorité d’Allah et non pas de l’ego de quelqu’un ni d’une nation, d’un leader, d’une tribu ou d’un état. D’après bon nombre d’exégètes musulmans, adorer sa nation détourne de l’amour pour le Créateur.

[…]

Quoiqu’il en soit, Tawhid est un requis fondamental et un pilier de l’Anarcha-islam, dans la mesure où il condamne la fidélité à quiconque si ce n’est le Créateur, que ces personnes soient de soi-disants dirigeants référés comme Imams, Sheikhs, Khulafa, Mollahs, Muftis, théologiens scolastiques (mutakallimün), oulémas (érudits religieux), juristes (fuqaha), qädis (Juges déifiés comme “experts”), ou toute autre entité comme l’état-nation moderne. Tawhid est le tenet fondamental (‘aqidäh) au sein de l’islam qui repose sur la conceptualisation de Dieu comme le seul souverain et protecteur des droits de toute vie. Tawhid est la reconnaissance que la seule autorité à laquelle quelqu’un prête allégeance est envers Allah, avec toute déification de quoi que ce soit d’autre étiqueté comme polythéisme (sirk), incluant l’adoration rampante du matérialisme, du pouvoir, du prestige et de l’argent. D’une perspective islamique, Tawhid est un pilier fondamental de toutes les spiritualités monothéistes et un concept anti-autoritaire central qui informe l’Anarcha-Islam.

Depuis la fondation du Tawhid, Dieu permet aux musulmans d’embrasser toute structure de gouvernement macro-politique autant que cela ne soit pas en contradiction avec les pratiques politiques islamiques comme la consultation mutuelle (Choura), le consensus mutuel (Ijmä) et l’intérêt et bien-être publics (Maslaha). Dieu donne ceci aux musulmans dans sa miséricorde de façon à ce qu’ils puissent s’adapter à différents endroits géographiques, spatiaux, temporels et différents terrains historiques  socio-politico-économiques. Ceci est un requis critique dans l’argument islamique anarchiste prouvant qu’il n’y a rien de ressemblant à un “état islamique”, offrant ainsi des voies vers des conceptualisations décolonisées et de nouveau orientées vers l’indigénisation de l’Ouma, comme une communauté politique de coalition de musulmans et de non-musulmans, dont les frontières et l’identité ne sont seulement fondées que sur l’existence d’engagements justes et identifiables éthiquement, politiquement, spirituellement et socialement.. Ceci est un argument vital dans l’optique où le Coran parle dans la langue du peuple de la foi (mümineen) et non pas dans un contexte ne s’adressant qu’aux seuls musulmans.

Le message du Coran est UNIVERSEL !

[…]

Le second pilier antiautoritaire qui informe l’Anarcha-Islam est la consultation mutuelle (Choura). La Choura est le concept et la pratique cardinaux micro-antiautoritaires de l’Anarcha-Islam, qui signifie “consultation”, “concertation” ou “délibération”. La signification de la Choura est mise en évidence dans la Sourate 42 portant son nom et insistant sur sa pratique prescrite. […] Un des versets démontre l’esprit coranique qui envisage “… l’Oumma comme parfaitement égalitaire, une société ouverte fondée sur la bonne volonté et la coopération.” Tous les croyants sont encouragés à rechercher la Choura en relation les uns avec les autres.

[…]

Comme l’a déclaré le prophète Mahomet lui-même : “Si vous me voyez dans le juste, aidez-moi, si vous me voyez dans l’erreur, corrigez-moi. Si quiconque d’entre vous voit des mauvaises choses dans mes actions, corrigez-moi.” Demander de l’aide, demander des conseils est la manière islamique d’être humble, sans honte, de demander l’aide des autres. Cela contribue grandement à l’apprivoisement des egos, à la maturation des esprits, cela en opposition au fait de nourrir nos insécurités et nos vulnérabilités parasites.

En contraste avec la fierté et l’arrogance, qui sont fortement et régulièrement condamnées dans le Coran, comme dans les versets 39:60, 39:72 et 40:35, la Choura facilite l’accès aux autres, de fait renforce les capacités d’écoute active et de communication gentille et honnête à cause de l’immense sens d’auto-conscience et d’association avec l’Autre, qui demande une véritable compréhension des “droits” éthiques et des “fautes” du soi et le démarquage de sa propre hypocrisie en relation aux autres. La Choura vise à guérir de nos murs intérieurs qui nous isolent de l’existence, de cette solitude palpable qui annihile notre santé mentale, ainsi que de notre méfiance viscérale des autres. La Choura s’inscrit véhémentement contre la morale protestante weberienne, toile de fond du capitalisme euro-américain et qui adhère au “mythe du self-made man, de l’homme qui se construit lui-même”.

[…]

La Choura n’est pas fondée sur une quelconque culpabilité confessionnelle, mais elle permet plutôt aux individus et aux communautés d’être responsables de manière non-hiérarchique ainsi que d’être ethniquement responsables pour et par elles-mêmes, envers les autres dans la relation collective de nos luttes vers le renforcement de notre fabrique communale, se reposant sur la culture de la gentillesse (tarähum) et de la coopération. La Choura implique une dynamique individuelle et collective de lutte quotidienne fluide s’engageant dans les insurrections moléculaires contre nos micro-fascismes intérieurs. La Choura demande un respect et une distinction entre ce qui est mutuellement une obligation entre membres d’une même congrégation et ce qui a trait aux particularités de l’environnement privé d’une personne. En regard de ces insurrections internes, il est dit dans un Hadith (tradition orale prophétique) que :

“L’imam Ja’far al-Sadiq a dit : ‘… Bénis ceux qui ont fait le djihad mineur et doivent toujours accomplir le djihad majeur.’ Lorsqu’on lui demanda, “Qu’est-ce que le djihad majeur ?’ Le prophète répliqua : ‘Le djihad du moi, la lutte contre soi-même.’”

Le grand djihad contre les micro-fascismes de chacun crée l’espace pour un écosystème révolutionnaire dans lequel les musulmans et les croyants se confortent et prennent refuge les uns avec les autres. Le grand djihad que dicte la Choura facilite la germination d’un sanctuaire égalitaire dans lequel l’égalité (musäwät) et la justice (‘adalah) peuvent se développer en relation avec toute vie non-humaine. La véritable humilité et consistance développées par le Tawhid et la Choura mis en place et suivis par tous les musulmans possède des effets irradiants qui s’étendent à toutes les intentions, objectifs et actions relatives à tous les mondes de la vie.

[…]

De cette façon, la Choura n’est pas seulement prescrite à une assemblée d’individus, mais doit être appliquée dans toutes nos relations et notre appréciation de la création magnanime de notre Créateur. Cette relation s’étend à toute la création divine.

[…]

La position micro-antiautoritaire de l’Anarcha-Islam est construite sur “la compréhension coranique de la Choura comme processus de conseil mutuel au travers de la consultation mutuelle.” Cette capacité de faire confiance à d’autres musulmans, et aux non-musulmans, demande une conscience musulmane individuelle et collective envers nos engagements éthico-politiques individuels envers nous-mêmes et les autres. La pratique de la Choura à son niveau individuel et collectif devient un processus et une promesse de soi-même facilitant notre évolution constante, nos métamorphoses et devenirs minimisant la domination et les relations de pouvoir oppressives et micro-autoritaires se manifestant au niveau myopique.

[…]

Lorsqu’un croyant choisit de s’engager dans une Choura non-obligatoire, ceci renforce la confiance (thiqa) en soi-même et les autres tout en travaillant aussi à minimiser la bigoterie, le besoin suspicieux d’espionner et de relation invasive (tagassus) ainsi que la tentation de médisance et de calomnie, qui souvent déchirent les familles, les amitiés, les communautés et les nations.

[…]

En encourageant la Choura, l’Islam cible les micro-fascismes en reconnaissant le micro-pouvoir passant au travers des mains des apprentis tout autant que celui des maîtres/enseignants.

[…]

Ainsi donc, dans son application collective, la Choura profère un sens de l’engagement et de la cohésion commune, du renouveau et de la renaissance. Cela fait naître dans une communauté une éthique partagée de réciprocité et de responsabilité conjointe.

[…]

L’entraide collective inhérente à la Choura est le second concept et pratique micro-antiautoritaires de l’Anarcha-Islam : Ijmä, la recherche du consensus.

C’est la pratique requise par une communauté musulmane, dans la recherche du “consensus” dans les domaines relevant de la communauté. Ijmä insiste sur un débat compassionnel, émotionnellement intelligent, de bonne foi, fondé sur le savoir et ouvert sans aucun horizon ; ceci est la pierre angulaire même d’une saine communauté. […] Contrairement aux dogmatistes, le Qu’ran dit : “Pour chacun d’entre vous, NOUS avons nommé une loi et un chemin, et si Allah l’avait voulu, il vous aurait fait peuple unique ; mais il vous teste dans ce qu’Il vous a donné, ainsi donc épanouissez-vous les uns avec les autres, afin de dépêcher vos actes vertueux.” (5:48)

[…]

Le troisième micro-concept anti-autoritaire de l’Anarcha-islam est le principe d’intérêt public ou Maslaha de l’Oumma.

En l’absence de consensus (Ijmä) sur des affaires ayant trait à l’intérêt public (Maslaha) de l’Oumma, l’Islam établit également une éthique des désaccords (Usül al-Ikhtiläf) et une éthique de l’hospitalité (Usül al-Diyäfa) pour créer une passerelle entre des membres d’un groupe et une communauté dans le cas de désaccords sur des tactiques ou approches éthico-politiques.

[…]

Maslaha insiste de nouveau sur la poursuite islamique importante de l’égalitarisme, particulièrement si la communauté offre déjà le soutien de chacun de concert avec une éthique de l’hospitalité (Usül al-Diyäfa) et si un consensus existe sur les engagements stratégiques éthico-politiques en déploiement et partagés par tous.

En tant que pratique micro-antiautoritaire, Maslaha est “au cœur même, est l’essence des commandements islamiques” et des principes communaux. Ijmä est une pratique établie requise, représente un comportement social liant en lumière de la poursuite collective de la communauté et la lutte non seulement pour une simple existence, mais pour un développement complet en tant que communauté vigoureuse, éthique et égalitaire. Cet engagement à exceller est né de la reconnaissance du fait que l’égalitarisme et la justice sociale décolonisés sont des aspirations de toujours dont on recherche toujours l’achèvement sans jamais jusqu’ici y parvenir et ce sans égard à la quantité, qualité et intensité d’interactions de Choura, Ijmä et Maslaha mises en œuvre pour des pratiques micro-antiautoritaires.

[…]

La lecture anarchiste ci-dessus des concepts et pratiques de Choura, Ijmä et de Maslaha constitue collectivement une poussée vers des principes micro-antiautoritaires de l’Anarcha-Islam, découverts, dévoilés par l’Ijtihäd anarchiste. Sur ces principes, il ne saurait y avoir de compromis.

De manière générale, il y a très peu de guidage concret en Islam en ce qui concerne la macro-politique. Le commentaire coranique n’est offert qu’en respect des principes abstraits importants, le plus important de tous étant celui de l’Oumma. Cependant, il n’y a pas de débat sur le fait que tout “système hiérarchique, dictatorial a été condamné comme étant non-islamique.” Tout système autoritaire ou tyrannique est interdit par le Qu’ran. Dans un grand nombre de versets, le Qu’ran déclare “Et tous les visages seront humbles devant l’existence de l’Immortel, du Juste. Et tous ceux qui portent l’injustice auront échoué.”

[…]

A l’encontre de l’état-capitaliste et de ses institutions hiérarchiques euro-américaines et século-chrétiennes, des mécanismes disciplinaires et de contrôle, par lesquels le pouvoir assume des formes plus cristallisées et hégémoniques, l’Islam pré-moderne a reconnu le droit pour tout musulman de s’engager dans l’Ijtihäd comme méthode continue de facilitation de la dissidence face à l’injustice. Mais, après la mort du Prophète et particulièrement après “l’âge d’or de l’Islam” initial, avec chaque génération se succédant, il y eut une accélération de la dilution de l’Ijtihäd, de la Choura, de l’Ijmä et de Maslaha en tant que pratiques publiques remplacées par la montée progressive de l’autoritarisme.

[…]

Ainsi donc, l’Anarcha-Islam rejette les vieux débats épuisés et sectaires au sujet du “successeur” du Prophète, ce pour un bon nombre de raisons. D’abord, comme le Qu’ran et l’Anarcha-Islam le disent, désigner un “successeur”, particulièrement un membre de la famille, fut et demeure un signe de népotisme quasi identique à la royauté, tandis que le Prophète a validé de manière consistante les pratiques de l’Ijtihäd, de la Choura, de l’Ijmä et de Maslaha en tant qu’affaires communes étant donnée l’attente islamique de leur internalisation et de leur mise en pratique par tous les musulmans. Ce point est le plus souvent négligé par la plupart des musulmans, particulièrement les sectes majeurs, soient-elles sunnites ou chiites, si pas même au travers de tous les islams contemporains.

[…]

L’engagement anti-étatiste et anti-institutionnel de l’Anarcha-islam propose une zone et une trajectoire éthico-politique différentes. L’Anarcha-Islam abandonne le désir de ne rechercher qu’un singulier représentant de l’Oumma, qui a une autorité religieuse suprême institutionnalisée, étant donné également qu’un tel concept “d’état islamique”, n’existe pas en Islam et ne saurait exister. En résistant et en combattant les perceptions singulières classiques du Califat, je défends la thèse que les musulmans sont collectivement les guides et les gardiens les uns les autres et de leurs affaires et que le concept même de “gardien” ou “d’agent social” est de fait pluraliste.

[…]

Cette conceptualisation pluraliste est ironiquement confirmée dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’Islam de 1996, qui insiste sur le fait que “l’ultime objectif de l’Oumma… est d’atteindre le niveau de l’auto-gouvernance.” Ainsi, l’engagement anti-étatique de l’Anarcha-Islam est enraciné dans la réintégration, réinterprétation du Califat d’une fondation simple, à une “fondation multiple pour des concepts de responsabilité humaine et d’opposition aux systèmes de domination.” De plus, l’engagement anti-étatiste de l’Anarcha-Islam est informé par deux positions. D’abord une reconnaissance de la responsabilité humaine, où les individus sont responsables d’eux-mêmes, des uns des autres et de cette planète ; secundo, d’une opposition aux systèmes eurocentriques et ordres de la domination personnifié, dans les cadres contemporains de l’état moderne alors qu’ils facilitent grandement la contradiction de l’obligation de Tawhïd (Allah est seul digne de vénération).

[…]

Ainsi, l’Anarcha-Islam adopte également la vision, que politique et spiritualité sont inséparables et mêmes identiques.

[…]

Pour cette raison, l’Anarcha-Islam affirme que l’Ijtihäd, la Choura, l’Ijmä et Maslaha se doivent d’être des pratiques collectives et communales, particulièrement en l’absence d’un islam monolithique. L’Anarcha-Islam argumente aussi que le sécularisme est non-existant dans le temps contemporain, étant donnée l’inséparabilité de la foi et de la spiritualité.

[…]

De l’autorité du Prophète Mahomet et du Créateur

Les musulmans doivent apprécier les enseignements de Mahomet. Mais un prophète signifie prophétie et rien d’autre. Ainsi, le prophète Mahomet (paix soit sur lui) n’est pas un sultan ni un Sheikh, ni Dieu. Il est un prophète (Nabï) et un messager (Rasül), dont le devoir est de faire passer des prophéties religieuses et des enseignements, purement pour le bénéfice de l’appel, comme guidé par Allah et pour l’Islam. Mahomet ne doit en rien être déifié ni même vénéré, adoré et il fut, certes bien moins que nous, faillible, tout comme le furent Moïse et tous les autres prophètes et messagers. Ceci est rendu évident dans au moins trois versets coraniques. (18:110 ; 41:6 ; 42:6)

Ainsi, Dieu est l’autorité absolue et Mahomet est même interdit de devenir ou même d’agir dans le rôle d’un gardien (Wakîl) et de s’occuper d’affaires de non-musulmans. En conséquence, “l’autorité” de notre Mahomet bien aimé doit être mise en sourdine.

En ce qui concerne “l’autorité” d’Allah, il est d’une extrême importance de bien d’abord comprendre qu’en Anarcha-Islam tout comme dans le Qu’ran l’édictant lui-même : “Lä Ikhra fi’al-din” (2:256). Pour le dire plus explicitement : “Il n’y a aucune compulsion à la religion.” L’Anarcha-Islam n’est pas concerné par quelque “avant-gardisme”, “conquête” ou “conversion” que ce soient, des anarchistes ou de quiconque envers l’Islam ou l’Anarcha-Islam.

[…]

Il y a d’innombrables chemins vers le même créateur, avec des centaines de milliers de prophètes qui ne sont pas nommés dans le Qu’ran et vus comme “étant sur le chemin d’Abraham” (ala millat Ibrahim). Pour cette raison, l’Anarcha-Islam n’est pas intéressé de savoir si des anarchistes ou quiconque d’autres choisissent de croire en Dieu, au prophète Mahomet ou à l’Islam, sans parler même de la pratique obligatoire des rituels dogmatiques institutionnalisés.

[…]

Comme l’a si bien dit Saul Newman “L’anarchisme n’a pas viré Dieu…” […] Ainsi les anarchistes anti-religieux qui clament haut et fort que “Dieu est mort !”, devraient reconnaître le droit des anarchistes spirituels de défendre la possibilité et l’utilité d’une présence divine dans leurs vies et que nous ne devrions pas demeurer sanglés dans des débats au sujet d’une preuve empirique invérifiable de son existence ou de sa mort. De telles discussions ne font que faciliter des tendances micro-fascistes intériorisées au sein des anarchistes  “religieux/spirituels” et anti-religieux, ceci ne faisant qu’amplifier notre démagogie en tant qu’espèce politique. En lieu et place, nous pouvons choisir de chérir les sensibilités envers la justice sociale et résister mutuellement les ennemis communs en ligne sur une éthique de désaccord et d’hospitalité notée plus tôt. En accord avec cette analyse, un individu totalement politiquement et moralement engagé est le porteur de droit de la “confiance” portée sur lui-même et la communauté. Que nous croyions en Dieu ou pas n’a absolument aucune importance. La question serait plutôt de savoir ce que croire ou ne pas croire implique dans nos responsabilités collectives envers nous-mêmes, envers les uns les autres et toute vie non-humaine. Cette affaire “d’autorité de Dieu” doit être mise en sourdine et ne plus être de conséquence.

[…]

“Nous avons créé et vous avons fait en grandes et petites tribus avec cette intention que chacune soit amenée à connaître l’autre et réciproquement.” (49:13)

[…] Ainsi donc le nationalisme moderne renforce le zèle de la division raciale/ethnique qui va contre et contredit l’esprit même des idéaux musulmans.

[…]

Ainsi donc, contrairement au nationalisme pan-arabe, à la fois Dieu et les témoignages antécédents de Mahomet et les visions égalitaires démontrent non seulement que les musulmans doivent croire en des peuples différents, mais aussi qu’ils doivent souscrire aux droits respectueux et aux responsabilités envers les peuples qu’ils soient musulmans ou non, arabes ou non. En ce sens, de respecter l’auto-détermination d’une collectivité, quelque soit sa taille, ce au moyen de qualificatifs quantitatifs tels que “grande ou petite tribu”.

[…]

De la perspective musulmane, tous les peuples, quelque soit leur communauté tribale (Qawn) ou qu’ils constituent une majorité ou une minorité, doivent avoir connaissance les uns des autres, sans agir de manière hégémonique ou autoritaire dans leur relation les uns avec les autres et donc par une série de principes spirituels et éthico-politiques déterminés et partagés ainsi que d’affinités les uns et les autres, ce sans aucune obligation, exactement comme le prescrit le Qu’ran et donc dans la dignité et le respect.

Wael Hallaq argumente dans son “L’Impossible état”, que le prophète Mahomet lui-même créa une méga-tribu de musulmans et de non-musulmans, connue comme une Oumma à Médine, qui incluait le “peuple du livre” (Ahl al-Kitäb). La Charte de Médine créa une communauté tribale multi-confessionnelle basé sur l’interaction entre les principes spirituels de la justice sociale, l’unité politique et l’équité des croyants non-musulmans (Mümineen) et ces musulmans de Quraysh et Yathrib (aujourd’hui Médine). Insistant sur la croyance en la foi (imän) comme point d’ancrage, la Charte promulguait la co-existence mutuelle, la cohabitation, le co-métissage et la liberté de tous à coexister et à exercer le droit de propriété, les rites, les lois et les croyances sous la protection collective et la souveraineté d’un créateur unique. La Charte insistait sur le fait que les croyants non-musulmans et aussi par exemple de nombreuses tribus juives, parmi lesquelles les juifs de Bani ‘awf, Bani al-‘Aws, Bani ‘Amr, etc… étaient une Oumma avec les croyants (Umma Wähidah). La Charte peut aussi être iinterprétée comme un moyen pour les croyants non-musulmans  de former une Oumma indépendante égale à l’Oumma musulmane et qui doit donc être traitée “comme une communauté parmi les croyants”.

[…]

Le second traité, le Pacte d’Al-Hudaybihah, insistait sur la nécessité de rechercher la paix et de maintenir les contrats sociaux et les liens, ce même avec les païens, même si ceux-ci étaient injustes envers les musulmans, comme le prescrit le Qu’ran dans de nombreux versets comme : 4:90 ; 9:4 ; 9:7.

Comme il n’y a absolument aucun concept de “peuple élu” en Islam, le Qu’ran déclare que les personnes sont créées égales de manière inhérente et ne diffèrent que par leur piété (taqwä).

[…]

En ce sens, j’argumente qu’il est inutile de déterminer du point de vue du Qu’ran si des individus ou des communautés s’identifient spécifiquement comme musulmanes ou pas. En plus du fait qu’ “il n’y a aucune compulsion à a religion”, stipulé dans bon nombre de versets du Qu’ran comme dans 2:251. 7:56, 7:74. 8:73, 11:116, 12:73, 13:25, 26:152, 27:48, 47:22, etc…, le Qu’ran décrit explicitement les non-croyants, parmi eux, ceux qui entre autres facettes se prélassent dans “l’excès”, n’ont pas de considération envers “les femmes, les orphelins, les voyageurs et les pauvres”, ceux qui maintiennent “l’injustice”, répandent “les mauvaises actions” et “corrompent la terre”.

[…]

Le fait est que l’Oumma originelle du prophète Mahomet était constitué de musulmans et de non-musulmans, liés par des principe spirituels et éthico-politiques et par un engagement les uns envers les autres.

[…]

Il doit être compris que “L’Oumma peut aussi être d’une personne si cette personne a une croyance par laquelle elle se définit et exprimée par ses actions, ce même si personne ne la suit dans cette quête particulière.” (Al-Barghouti).

[…]

Ainsi l’esprit révolutionnaire de l’Oumma originelle peut aussi se lire comme un moyen par lequel des communautés spirituelles se rappellent les unes aux autres ce qui est éthiquement et politiquement “bon”, sans aucun sens d’exceptionnalisme entre elles en rapport avec leur identité et / ou leur morale, ainsi que leur système de croyance rituelle.

[…]

Le Quran insiste sur la liberté complète de choix quant à choisir de croire explicitement en l’islam ou non, lorsqu’Allah dit dans au moins deux versets : “Vous avez votre religion et moi (musulman), j’ai la mienne.” Et “ Proclamez, O musulmans, ceci est la vérité de Dieu, laissez quiconque croire ou ne pas croire.” (Qu’ran 109:6 et 18:29)

[…]

J’argumente de plus que la décolonisation et la résistance à l’eurocentrisme demandent le démantèlement des fondations mêmes et du cadre sur lesquels le nationalisme repose, c’est à dire : l’état moderne, étant donné en particulier les biais et injustices collectives qui accompagnent ses formulations capitalistes raciales et ethniques, Malheureusement, les sociétés musulmanes d’aujourd’hui “ne sont que l’extension et les reflets issus socio-politiquement et économiquement d’une Euro-Amérique et son modèle.” Une partie de ce démantèlement inclut celui du narratif orientaliste d’influence européenne issue des croisades qui veut que l’islam ait été essentiellement propagé par l’épée, ce que de nombreux universitaires d’Albert Hourani à Thomas Arnold en passant parKaren Armstrong et Youssef Aboul-Enein ont largement démonté.

[…]

Pour l’Anarcha-Islam et étant donné l’esprit adopté ici, cet idéal égalitaire se doit de culminer et de se configurer comme une Oumma constituée de musulmans et de non-musulmans et qui se voient les uns les autres comme des croyants spirituels éthico-politiques ayant la foi, ce quelque soit leur appartenance à une différente Qawn. Après tout, comme le dit le Qu’ran et que Joseph Massad identifie de fort juste manière, le Qu’ran se réfère bien plus souvent aux croyants (Müminin) que plus explicitement aux musulmans (Muslimin). L’inclusion au sein de cette Oumma étant contingente à l’existence d’orientations éthico-politiques non-autoritaires et des piliers éthiques et politiques non-capitalistes, devant être établis par chaque constituant.

C’est en réorientant les contours de l’islam, l’identité musulmane et ce qu’une Oumma musulmane et non-musulmane épousant des engagements éthiques et politiques anarchistes voudrait dire pour et par elle-même ainsi qu’en relation aux nouveaux mouvements sociaux et à toute vie, que les possibilité de décolonisation pour la libération et la transcendance du binaire se produit.

[…]

C’est ce en quoi l’on critique, suivi par des principes éthico-politiques et pratiques inhérentes, qui affirme, de fait identifie et donne son sens à la relation entre l’Oumma, l’Islam et l’Anarchisme.

[…]

A suivre…

This entry was posted on 5 octobre 2026 at 9:06 and is filed under actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway