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Les agents de la faune impliqués dans l’intervention musclée survenue à Ekuanitshit, mardi, rapportent des voies de fait, des méfaits et des entraves de la part des membres de la communauté. Le syndicat dit avoir déposé des plaintes à la Sûreté du Québec.
Dans une déclaration écrite publiée le lendemain de l’opération en lien avec un cas de braconnage présumé d’un caribou forestier, le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec (SAPFQ) affirme que les huit agents présents ont agi dans le respect de leurs obligations légales.

Le chalet dans la communauté d'Ekuanitshit où l'intervention a eu lieu. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Le syndicat ajoute qu’un mandat de perquisition dûment autorisé par un juge a été lancé et que les agents étaient tenus de l’honorer. Par ailleurs, on peut aussi y lire que les agents sont en droit d’utiliser les moyens nécessaires pour compléter leur mission en cas de résistance.
Une réaction exagérée
Bien qu’il ne cautionne pas d’éventuels actes de violence de membres de sa communauté, le chef de la communauté innue, Jean-Charles Piétacho, estime que le climat tendu a mis la table pour de telles réactions.
La façon dont les agents ont agi était très irrespectueuse, dit-il. Il ajoute que certains agents ont pointé leurs armes sur des personnes présentes, rendant le contexte particulièrement hasardeux.

Le chef d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, réagit aux tensions avec les policiers dans sa communauté. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti
Je leur ai dit "si vous tirez, tirez sur moi. Pas sur les autres."
Loin de considérer les agents comme des victimes, il affirme plutôt que certains ont affiché une attitude arrogante et provocatrice.
Un appel à l’action
Le SAPFQ confirme d’ailleurs qu’une femme a été blessée à l’œil par un éclat de verre, et non par un coup administré par les agents.
Pour éviter que la situation ne dégénère, les agents auraient prélevé une oreille de l’animal pour prouver qu’il s’agissait bel et bien d’un caribou forestier avant de quitter les lieux.

Un cas de braconnage présumé de caribou forestier est à l'origine de l'intervention musclée à Ekuanitshit.
Photo : SEPAQ / Valentin Bonnefont
Le syndicat rapporte aussi que plusieurs personnes se sont dirigées vers les agents avant qu’ils ne rejoignent la route 138, où des confrontations auraient eu lieu. La Sûreté du Québec n’a pas souhaité confirmer avoir reçu des plaintes en raison de la nature confidentielle de l’information.
Le syndicat exige également que les autorités gouvernementales assurent la sécurité de toutes les personnes concernées par l'intervention.
Au moment d’écrire ces lignes, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs n’a pas indiqué comment il comptait répondre à cette demande.


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