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Un meilleur encadrement de la vente des feux d’artifice et un programme d’aide à la réparation d’objets : voilà quelques initiatives présentées lors du premier Sommet des Laurentides, qui se veut une COP régionale sur l'environnement. La clé pour accélérer la transition environnementale? Partager ses bonnes pratiques.
On doit apprendre à mutualiser nos ressources, à partager nos savoirs, soutient le maire de Saint-Jérôme et membre du comité directeur de ce nouveau Sommet, Rémi Barbeau.
Ça n’a pas de sens qu’on paye des études chacun de notre côté en simultané.
C’est la philosophie derrière l’Accord des Laurentides, que 53 municipalités de la région ont adopté lundi dans le but d’accélérer la transition environnementale. Le document encourage les municipalités à prendre des engagements à l’échelle locale, tout en restant connectées à ce qui se fait ailleurs dans la région.
Et, surtout, d’arrêter de travailler en silo.

Quatre cents élus, citoyens et acteurs du milieu environnemental étaient réunis à Sainte-Agathe pour le Sommet des Laurentides.
Photo : Clara Matthey-Jonais
Les bons coups à partager
Saint-Jérôme, par exemple, vient tout juste d’adopter un nouveau règlement qui limite la vente de feux d’artifice aux magasins spécialisés, pour dissuader les citoyens de s’en procurer.
Si quelqu’un veut son feu d’artifice, il a juste à aller dans une ville voisine en chercher, raisonne M. Barbeau. On a tout intérêt, en tant que région, à l'adopter en bloc. D’autres villes des alentours, comme Prévost et Saint-Eustache, ont déjà adopté ce règlement.

Le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, est membre du comité directeur du Sommet des Laurentides
Photo : Clara Matthey-Jonais
À Prévost justement, la municipalité rembourse maintenant la moitié des frais des citoyens pour la réparation d’objets qui fonctionnent encore ou dont la durée de vie pourrait être prolongée.
Un électroménager encore fonctionnel, un manteau d’hiver avec une fermeture éclair défectueuse, ou encore un téléphone cellulaire dont l’écran est fissuré sont des exemples d'objets dont la remise en état pourrait être en partie payée par la municipalité.
Cette initiative est financée par l’écocontribution, une redevance que payent les Prévostois sur les objets à usage unique depuis maintenant trois ans. Ce type de redevance a éveillé l’intérêt de plusieurs municipalités, puisque la ville de Prévost était la première au Canada à la mettre en place.
Mais aucune autre administration ne s’est mouillée jusqu’à présent. Selon le maire de Prévost, Paul Germain, des initiatives comme le Sommet des Laurentides peuvent favoriser l'inspiration entre Villes.
Celui qui arrive en deuxième est plus important que celui qui arrive en premier, parce qu’il amène le troisième. Donc j’ai hâte que le deuxième arrive.
Une initiative pour motiver le reste de la province
En plus de s’inspirer entre Villes d’une même région, les Laurentides espèrent pouvoir donner des idées à d’autres à travers le Québec avec leur accord.
Le scientifique en chef du Québec et coprésident du Sommet, Jérôme Dupras, salue cette initiative, une première dans la province. C’est une force fédératrice qui est absolument unique, affirme-t-il. On est gagnants quand on multiplie les actions à différentes échelles.

Jérôme Dupras, scientifique en chef du Québec, est coprésident d'honneur du Sommet des Laurentides
Photo : Clara Matthey-Jonais
Comme l’ensemble du Québec, les Laurentides ont également vécu leur lot de problèmes environnementaux causés par les changements climatiques dans les dernières années : inondations, pluies diluviennes, feux de forêt, épisodes de vents violents et glissements de terrain.
Il faut faire confiance aux décideurs locaux pour faire face aux changements climatiques, a lancé le maire de L'Ascension, Jacques Allard, dans le discours d’ouverture du Sommet. M. Allard se bat pour recevoir l’aide gouvernementale nécessaire depuis le glissement de terrain qui a scindé sa municipalité en deux cet été.

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Le village de L’Ascension dans les Laurentides est coupé en deux par un gouffre causé par un glissement de terrain en août dernier. La municipalité est prête à commencer les travaux de reconstruction, mais attend toujours l’aval du gouvernement.
Photo : Radio-Canada
La voix des jeunes
Une délégation d’élèves de plusieurs écoles de la région étaient présents lors du Sommet pour faire connaître les résultats d'un sondage qu’ils avaient mené auprès de 355 jeunes Laurentiens. Selon ces résultats, 68 % des répondants souffrent d’écoanxiété, et 78 % d’entre eux jugent que leur municipalité n’en fait pas assez sur le plan environnemental.

Plus de deux tiers (68 %) des jeunes répondants à un sondage menés par des élèves d'écoles des Laurentides disent vivre de l'écoanxiété.
Photo : Clara Matthey-Jonais
Frédéric Prud’homme, élève à l’École polyvalente des Monts, voyait d’un bon œil l'adoption de l’Accord des Laurentides par une cinquantaine de municipalités. Je suis impressionné, c’est intéressant que ce soit le premier accord de ce genre au Québec, s'est-il réjoui. C’est vraiment inspirant.
Il espère toutefois que ce nouvel engagement ne sera pas seulement des promesses en l'air, mais qu'il entraînera des actions concrètes. Des fois, on parle beaucoup, mais c’est plus compliqué d’agir, spécialement en environnement, a-t-il déclaré.
Un deuxième sommet est déjà prévu pour l'année prochaine, durant lequel les municipalités devront rendre compte de leurs engagements et des actions posées pour favoriser la protection de l'environnement sur leur territoire.


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