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Le dossier du casino de Bruxelles est revenu sur la table du conseil communal de Bruxelles ce lundi soir. Et derrière les questions de procédure sur l'attribution à l'un des candidats, de transparence et de millions d'euros de contrat, celle des 286 employés qui ne savent toujours pas ce que l'avenir leur réserve était l'une des plus fortes, quelques jours après la manifestation qui a eu lieu devant Brucity mercredi dernier.
Benoît Hellings, conseiller communal écolo, a ouvert les hostilités en interpellant directement le bourgmestre et le collège. Pour lui, la situation actuelle n'est pas un accident de parcours : elle est la conséquence d'une mauvaise décision dans l'attribution de la concession pour 15 ans à Napoleon Games, au détriment de l'exploitant actuel Viage. Mais rappelons que cette décision a été cassée par le Conseil d'État, d'où le flou aujourd'hui, alors que le casino doit trouver repreneur avant le 1er janvier 2027.
"Aujourd'hui, nous avons 286 personnes angoissées, ne sachant pas où travailler, ne sachant pas si elles vont pouvoir travailler. Allez-vous assumer la responsabilité de ces 286 emplois ?", a pour sa part lancé le conseiller communal TFA-BXL+ Mourad Maimouni.
Il a également rappelé une nouvelle fois le risque financier pour la ville si aucune solution n'est trouvée à temps. Selon lui, Bruxelles pourrait devoir supporter plusieurs millions d'euros de loyer (auprès d'AG Real Estate, le propriétaire des lieux) si le casino se retrouve sans exploitant au 1er janvier. "Dans l'affirmative, comment cette dépense est-elle compatible avec la situation budgétaire actuelle de la commune, alors que celle-ci est sous la menace d'une mise sous tutelle en raison du déséquilibre entre ses recettes et ses dépenses ?", demande-t-il.
La colère monte à Bruxelles après les déboires dans l'affaire du casino : une manifestation aura lieu ce mardiBenoît Hellings en a quant à lui profité pour revenir sur la question du rôle du Philippe Close, bourgmestre de la ville et administrateur du Sporting d'Anderlecht, sponsorisé par Napoleon Games, et pourquoi ce dernier n'a pas fait de pas de côté.
L'élu écologiste pointe les nombreuses références au Sporting d'Anderlecht dans l'offre de Napoleon et estime que le bourgmestre, administrateur du club de football, aurait dû se déporter "naturellement".
"À votre place, dès que je vois la mention du Sporting d'Anderlecht dans l'offre de Napoleon, je me déporte de cette décision", a-t-il insisté.
Philippe Close participera-t-il encore à la prochaine décision sur la concession ? Sur ce point, aucune réponse nette n'est encore venue pendant le débat.
Nawal Ben Hamou à la rescousse
C'est l'échevine Nawal Ben Hamou (PS) qui a répondu pour le Collège aux questions du conseil.
Elle rappelle d'abord que la suspension décidée par le Conseil d'État ne signifie pas que toute la procédure est annulée. La Ville examine encore plusieurs pistes : soit poursuivre la procédure et prendre une nouvelle décision, soit repartir vers un nouvel appel. "À ce stade, aucune de ces options n'est définitivement arrêtée", a-t-elle signifié.
Elle insiste aussi sur le fait qu'une nouvelle attribution ne peut pas être décidée du jour au lendemain. Des documents doivent encore être demandés aux candidats et analysés dans le respect du cadre juridique.
"Nous devons également regarder les conséquences concrètes de nos décisions sur les travailleurs"
"Notre responsabilité n'est pas uniquement de regarder la procédure juridique. Nous devons également regarder les conséquences concrètes de nos décisions sur les travailleurs", a-t-elle pris le soin de préciser.
La ville évoque notamment la possibilité de discuter avec Viage d'une prolongation temporaire de la concession. "Mais il ne s'agit pas aujourd'hui d'annoncer qu'une prolongation est décidée."
"Si vous aviez pris la bonne décision le 17 juillet dernier, aujourd'hui les 286 travailleurs sauraient pour qui ils vont travailler à partir du 1er janvier 2027", a rétorqué durement Benoît Hellings.
"C'est vous, ce Collège, composé de socialistes et de libéraux, qui êtes responsables de cette incertitude", a-t-il asséné.
Benoît Hellings affirme avoir consulté les offres et estime que les critères devront être revus. Il a de nouveau contesté la place accordée à certains éléments liés au jeu en ligne ou aux partenariats avec Anderlecht, alors que la concession porte sur l'exploitation physique du casino. Notons que cela ne veut pas dire que ces éléments aient bien pesé ou non dans l'évaluation et que la question se pose toujours. La confidentialité du dossier ne permettant pas de trancher totalement la question.
"Qui a signé ? Qui a envoyé ces lettres de recommandation ? Qui soutient qui ? Qui était dans le jury ? Qui a voté là-dessus ? Sur base de quels critères ? […] Est-ce que vous allez présider la prochaine réunion qui va décider, ou est-ce que c'est vous, Madame Ben Hamou ? Ce n'est pas clair", a pour sa part renchérit le conseiller PTB Bruno Bauwens.
Affaire du casino de Bruxelles : un montant interpelle, et un risque financier majeur se présente pour la Ville"J'ai lu certains soumissionnaires déclarer qu'ils maintenaient les emplois, qu'ils le garantissaient et qu'ils comptaient même en engager d'autres", a pour sa part enchaîné Mourad Maimouni, laissant entendre que Napoleon Games, qui avait pourtant été retenu par la ville avant l'arrêt du Conseil d'État cassant cette décision, n'était pas le mieux classé à ce niveau.
À l'inverse, dit-il, certaines offres prévoyaient davantage de machines à sous et moins de jeux de table, donc potentiellement moins de personnel.
Sa question : si certains candidats promettaient davantage en matière d'emploi, pourquoi cela n'a-t-il pas pesé plus lourd dans la décision ? "Et comment se fait-il que l'échevin compétent pour l'économie et l'emploi soit absent de ce dossier ?", a-t-il encore demandé.
Au terme du débat, Nawal Ben Hamou a surtout résumé la position de la Ville, avec l'objectif de sécuriser juridiquement la procédure, éviter une rupture d'activité et "protéger au maximum les emplois pendant cette période".
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