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Alors qu'Hydro-Québec planifie l'ajout d'un troisième groupe turbine-alternateur à la centrale Sainte-Marguerite-3 (SM-3), les utilisateurs du territoire s'inquiètent des impacts sur l'environnement et la villégiature.
La ZEC Matimek, qui gère le territoire, demande des garanties et une compensation financière. Pour le président du conseil d'administration, Jean-Philippe Gauvin, l'ampleur du chantier soulève de vives inquiétudes, soulignant que plus de 50 chalets sont installés au bord de la rivière Sainte-Marguerite.
On vend de la tranquillité, des paysages [...] et on se fait dire qu'il y a un mégaprojet qui s'en vient [...] avec plus de 400 travailleurs sur plusieurs années, explique-t-il au micro de Bonjour la Côte, craignant que le lieu de repos des Nord-Côtiers ne se transforme en « parc industriel » durant les travaux.
Cette expansion ferait passer la puissance de la centrale de 882 MW à 1482 MW. L'objectif de cet ajout n'est pas de produire un plus grand volume d'énergie et donc de turbiner plus d’eau à l’année, mais d'augmenter la puissance disponible sur une courte durée en période de pointe hivernale.
Au-delà des perturbations liées au chantier, c'est le flux de la rivière Sainte-Marguerite qui préoccupe les villégiateurs. L'ajout de cette turbine augmenterait le débit maximum de la centrale à 500 m3/s contre 300 m3/s actuellement, ce qui pourrait avoir des conséquences sur le cours de la rivière en aval.
Beaucoup de villégiateurs ont peur que le couvert de glace disparaisse et qu'ils ne soient plus capables d'accéder à leur chalet.

Jean-Philippe Gauvin exprime les inquiétudes des villégiateurs de la rivière Sainte-Marguerite. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine
Les consultations commencent
Bien que les études d'impact ne soient pas encore faites, Hydro-Québec a déjà entamé des consultations publiques. Une séance d’information a eu lieu pour le grand public mercredi, des représentants de la ZEC Matimek et des villégiateurs étaient présents pour faire part de leurs préoccupations à la société d'État.
La ZEC Matimek ne s'oppose pas au projet, mais exige que les gens de la Côte-Nord et les villégiateurs ne soient pas lésés. Elle souhaite notamment un modèle de redevance financière, inspirée de l’éolien, pour compenser les répercussions du projet.
Parmi les demandes figure l'entretien des chemins d'accès si le couvert de glace venait à disparaître. La ZEC avait déjà obtenu la nomination d'une employée payée par Hydro-Québec pour assurer la communication avec les villégiateurs.
Pour l'instant, la ZEC Matimek reste en mode observation, attendant de voir les propositions concrètes d'Hydro-Québec. La balle est vraiment dans le camp d'Hydro-Québec, conclut Jean-Philippe Gauvin.
D’après l'entrevue de Bis Petitpas à l’émission Bonjour la Côte


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