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Le président indonésien limoge le chef de son cabinet soupçonné d’espionnage
Publié le 04.11.2026 à 19h30 – Par Élise Delacroix – Temps de lecture 3mn
Le président indonésien Prabowo Subianto a relevé de ses fonctions le chef de son cabinet, Listio Sigit Prabowo, soupçonné d’espionnage téléphonique illégal. L’agence Antara a annoncé la décision.
Listio Sigit Prabowo fait partie des trois personnes mises en cause pour l’écoute illicite des lignes téléphoniques du président, de hauts fonctionnaires, de responsables politiques, de journalistes et d’entrepreneurs. Les accusations concernent également le chef du service juridique de la police, Akrie Sonte, et le général inspecteur Éko Hadi Santos. Les mis en examen ont été placés en détention.
Archives photographiques du secrétaire d’État au ministre Prasetyo Hadi dans un communiqué de presse au palais Merdeka à Jakarta mercredi (13 août 2026). (PHOTO D’ANTARA / GALIH PRADIPTA)Le cadre institutionnel de la sécurité en Indonésie
Depuis l’avènement de la démocratie multipartite au début des années 2000, l’Indonésie a progressivement renforcé ses institutions de sécurité intérieure afin de garantir la stabilité d’un archipel de plus de 17 000 îles. Le ministère de la Sécurité intérieure, en collaboration avec la police nationale (Polri) et les services de renseignement, joue un rôle central dans la protection des hautes autorités. Les chefs de ces structures sont souvent issus de parcours militaires ou policiers, ce qui explique la présence fréquente de grades militaires dans les postes de confiance du président. Cette configuration institutionnelle, bien que visant à assurer la continuité de l’État, crée parfois des zones d’ombre où les lignes de responsabilité peuvent se brouiller, notamment lorsqu’il s’agit de contrôles d’accès aux communications officielles.
Le secrétaire d’État Prasetyo Hadi a indiqué que le président était extrêmement inquiet de ces faits, les suspects étant directement liés à un service rattaché au chef de l’État. M. Hadi a ajouté que le général‑lieutenant Ariyo Vindutomo a été nommé par intérim à la tête de l’administration présidentielle.
Antécédents de scandales liés à l’espionnage politique
L’Indonésie a déjà connu plusieurs affaires médiatisées d’écoute illégale ou de surveillance politique, remontant aux premières années de la transition démocratique. Ces épisodes ont souvent mis en lumière les tensions entre les organes de sécurité et les acteurs civils, ainsi que les défis liés à la protection de la vie privée des responsables publics. Dans certains cas, les enquêtes ont conduit à des réformes législatives visant à encadrer plus strictement les capacités d’interception des télécommunications. Le rappel de ces précédents montre que la société civile et les médias indonésiens accordent une attention particulière aux accusations d’espionnage, ce qui augmente la pression sur le pouvoir exécutif pour agir rapidement et de façon transparente.
Entre 2014 et 2016, Listio Sigit Prabowo a été adjoint de confiance de l’ancien président indonésien Joko Widodo. Il a ensuite occupé les postes de chef de la police de Banten, de responsable du département des normes professionnelles et de la sécurité intérieure de la police nationale indonésienne, ainsi que de directeur de l’Agence d’enquête criminelle. En 2021, il a été nommé chef de la police nationale. Il est devenu chef de l’administration du président en octobre 2026.
La destitution du chef de cabinet intervient à un moment où le président Prabowo Subianto cherche à consolider son programme économique et à renforcer la coopération régionale en Asie du Sud‑Est. La nomination intérimaire d’un général‑lieutenant à la tête de l’administration présidentielle soulève toutefois des questions sur la continuité de la gouvernance et sur la capacité du gouvernement à maintenir la confiance des partenaires internationaux. À moyen terme, les autorités devront clarifier les procédures internes de contrôle des écoutes téléphoniques et assurer la transparence des investigations en cours. Les échéances judiciaires, bien que non précisées dans les sources disponibles, resteront sous le regard attentif des institutions législatives et des organisations de défense des droits, qui surveilleront la mise en œuvre de toute mesure corrective.
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