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Arunachal-Pradesh : manifestations contre le barrage chinois Siang Upper
Publié le 28.10.2026 à 09h29 – Par Ryan Clarke – Temps de lecture 3mn
Dans l’État indien d’Arunachal-Pradesh, à la frontière avec le Tibet chinois, des manifestations contre un projet de barrage sur le territoire frontalier se déroulent. Les affrontements entre manifestants et police ont poussé les autorités indiennes à envoyer, en plus, des centaines de agents de sécurité dans la vallée du fleuve, indique Reuters.
Image d’illustrationContexte historique de la frontière
Arunachal-Pradesh, situé dans l’extrême nord-est de l’Inde, a longtemps été le théâtre de différends territoriaux. Depuis la guerre sino-indienne de 1962, la Chine revendique la région sous le nom de Zangnan, tandis que l’Inde la considère comme une partie intégrante de son territoire. Les deux pays ont signé plusieurs accords de frontière, mais les différends subsistent, notamment sur la gestion des ressources hydrauliques.
Selon la police de l’État, au moins 21 personnes ont été arrêtées après des combats acharnés la semaine dernière. La police a utilisé du gaz lacrymogène. Les manifestants ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre et ont incendié la caserne et le bureau de la société nationale d’hydroélectricité.
Vue de la rivière Siang dans le district de Siang, Arunachal Pradesh, Inde, le 1er août 2025. REUTERS/Francis Mascarenhas/Photo d’archives.Enjeux pour les communautés locales
Les villages d’Adi, qui ont une histoire culturelle et linguistique distincte, dépendent de la rivière Siang pour l’agriculture, la pêche et le transport. Le projet de barrage pourrait modifier le débit, affecter la fertilité des sols et entraîner la perte de terres agricoles. De plus, la construction d’une infrastructure de grande ampleur risque de perturber les pratiques traditionnelles et les réseaux sociaux locaux, créant un sentiment d’injustice parmi les populations rurales.
Vue de la rivière Siang dans le district de Siang, Arunachal Pradesh, Inde, le 1er août 2025. REUTERS/Francis Mascarenhas/Photo d’archives.Le projet hydroélectrique chinois Siang Upper, dont l’existence a été révélée en 2024, prévoit une puissance de 11 200 MW. Les habitants ruraux des territoires indiens limitrophes craignent que la construction du barrage n’engloutisse 27 villages du peuple Adi.
Le barrage Siang Upper n’est pas seulement un projet d’énergie ; il représente également une stratégie de la Chine pour renforcer son influence dans la région. En contrôlant le flux d’eau, la Chine pourrait exercer une pression sur l’Inde, notamment en cas de tensions politiques. Les autorités indiennes craignent que la Chine n’utilise la gestion de la rivière comme levier économique ou militaire, ce qui expliquerait la réaction rapide de New Delhi.
New Delhi craint que la Chine n’utilise le contrôle de la rivière comme arme. Le ministre en chef de l’État d’Arunachal-Pradesh, membre du parti Bharatiya Janata du Premier ministre Narendra Modi, a qualifié le méga-projet chinois d’une menace pour l’existence même. Il a déclaré que le gouvernement défendrait les intérêts nationaux tout en respectant les droits et les aspirations des habitants de la vallée du Siang.
Les négociations entre les deux pays restent fragiles. La Chine a annoncé qu’elle poursuivrait le développement du barrage, tandis que l’Inde a appelé à une solution pacifique et à la protection des droits des populations locales. Les prochaines étapes pourraient inclure des discussions bilatérales, des évaluations d’impact environnemental et la mise en place de mécanismes de coopération hydrique. Les habitants d’Arunachal-Pradesh attendent des garanties concrètes pour préserver leur patrimoine et leur mode de vie.
Pékin considère Arunachal-Pradesh, qu’il appelle Zangnan, comme faisant partie du sud du Tibet. L’Inde a déclaré que cet État est une partie intégrante de son territoire.
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