Un film asiatique hissé en compétition à Cannes, c’est forcément l’avènement d’un auteur majeur. Ou plutôt, c’était. Que Hope, quatrième opus de Na Hong-jin, ait pu accéder à cet honneur restera un des plus grands mystères de l’histoire de ce festival. Comme «film de minuit», à la rigueur, et qui plus est salué par une partie de la critique enthousiaste, voilà qui laisse pour le moins perplexe. Après tout, personne n’aurait songé à sélectionner en leur temps Alien, Predator, Avatar ou leurs suites. Alors, pourquoi ce succédané coréen, produit par une major locale avec le plus gros budget de ce pays à ce jour et ne visant qu’à battre Hollywood sur son propre terrain – ce qui, commercialement parlant, pourrait bien arriver?
Le piège est de considérer ce film au même niveau que le travail de Bong Joon-ho, qui avait révolutionné le cinéma de genre coréen avec Memories of Murder (polar, 2003) et The Host (film de monstres, 2006) en lui conférant un sous-texte sociopolitique et en y intégrant la maladresse humaine, pour finir par remporter une Palme d’or méritée avec Parasite (thriller social, 2019). Or, malgré son accession au statut de cinéaste «culte» en trois films, déjà tous présentés à Cannes (The Chaser, 2008, The Murderer, 2011, et The Strangers, 2016), Na Hong-jin se contente quant à lui d’être un virtuose du cinéma le plus spectaculaire dénué de propos comme de vraie personnalité. On le constate plus que jamais dans Hope, qui commence d’ailleurs comme une imitation de Memories of Murder.


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