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Jacques Moretti a été placé pour trois mois en détention provisoire après l’incendie de son bar, qui a fait une quarantaine de morts dans la station suisse.
Par Vincent Gibert avec AFP

FABRICE COFFRINI / AFP
Jacques Moretti, copropriétaire français du bar Le Constellation, arrivant pour une audience au bureau du procureur du canton du Valais, à Sion en Suisse, le 9 janvier 2026.
Jacques Moretti sortira-t-il bientôt de prison ? Placé pour trois mois en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de son bar à Crans-Montana dans la nuit du Nouvel An, qui a fait 40 morts et 116 blessés, celui-ci sera libérable en cas de versement d’une caution élevée.
Le ministère public suisse demande en effet la somme de 200 000 francs suisses (près de 215 000 euros) au gérant du bar, selon une information du média helvète RTS ce vendredi 16 janvier.
Le ministère demande également que ses documents d’identité soient saisis, qu’on lui pose un bracelet électronique et l’obligation de pointer tous les trois jours dans un commissariat.
Son épouse Jessica Moretti, autre copropriétaire du bar Le Constellation, est actuellement libre, déjà sous le coup de ces « mesures de substitution à la détention provisoire en raison de l’existence d’un risque de fuite », selon le Tribunal des mesures de contrainte.
Dans une décision en date du 12 janvier, celui-ci a décidé que Jessica Moretti avait l’interdiction de quitter le territoire suisse, l’obligation de se présenter tous les jours dans un commissariat et de voir la saisie de tous ses documents d’identité, mais aussi de ceux de ses enfants. Pour ce qui est de la caution, et bien que la copropriétaire soit déjà libre, le tribunal a estimé qu’elle sera fixée à l’issue d’une instruction appropriée.
Après l’incendie du Nouvel An, une enquête a été ouverte pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, à l’encontre du couple de Français propriétaires du bar.
Les 40 victimes n’ont pas toutes été autopsiées
Le drame a été provoqué par des étincelles de bougies « fontaine » entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l’établissement, selon les premiers éléments de l’enquête.
Des interrogations portent sur la nature de cette mousse, mais aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs, ainsi que sur la conformité des voies de sortie de ce bar.
Selon un rapport de la police italienne, écrit sur la base de la visite à Crans-Montana le 4 janvier de deux médecins légistes de la police scientifique italienne, « 34 corps ont été retrouvés entassés au pied de l’escalier » reliant le sous-sol et le rez-de-chaussée du bar, « juste à côté du début de la rampe en bois, qui a été arrachée par le poids des corps ».
Par ailleurs, les 40 victimes de l’incendie n’ont pas toutes été autopsiées alors que certaines ont déjà été enterrées, ont regretté plusieurs avocats des familles ce vendredi.
« Ce n’est pas normal car face à des morts violentes, cela devrait être une opération standard. Cela aurait dû être fait », a déclaré à l’AFP Me Jean-Luc Addor, qui représente les proches d’un adolescent dont le corps n’a été autopsié que très tardivement, après plusieurs demandes de sa famille.
Dès le 4 janvier, trois jours après la tragédie, Me Ador a demandé au ministère public du canton du Valais d’ordonner une autopsie. L’inhumation étant prévue le 14 janvier, l’avocat a relancé le parquet le 12 alors que le corps du jeune garçon avait déjà été rendu à la famille. Le ministère public a finalement ordonné l’autopsie, obligeant les proches à rendre le corps et à reporter les obsèques. L’adolescent a été inhumé ce vendredi.


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