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Incendie à Pakua Shipi : bien qu’ébranlée, la communauté se mobilise

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L’heure est à la mobilisation à Pakua Shipi, deux jours après un incendie criminel provoqué par des enfants qui a détruit les bureaux des services de la protection de la jeunesse. L'événement rappelle le manque d’équipement pour combattre les flammes dans la communauté innue.

Les décombres des bureaux de la DPJ fument toujours à Pakua Shipi. Il est encore trop tôt pour comprendre les conséquences de cet incendie sur le service de protection de l’enfance, estime la directrice générale du Regroupement Mamit Innuat, Sylvie Basile.

Mais une chose est certaine, selon elle, certains dossiers d’enfants pris en charge par la DPJ ont été certainement brûlés, bien qu’on ignore leur nombre précis, affirme-t-elle. D’autres documents ont probablement été numérisés avant l’incendie. Un service complet est à reconstruire.

Un homme équipé d'un boyau d'arrosage tente d'éteindre un incendie.

Plusieurs dossiers d'enfants suivis par la DPJ ont été détruits par les flammes, selon la directrice générale du Regroupement Mamit Inuat.

Photo : Gracieuseté / Police de Pakua Shipi

Au-delà des dossiers, les deux employés de la DPJ locale seront relocalisés dans les bureaux du centre de santé de Pakua Shipi, au moins jusqu’au mois de septembre, ajoute Sylvie Basile.

Les jeunes délinquants ne seront pas poursuivis

Les enfants impliqués dans l'incendie ont moins de 12 ans. Au Canada, sous ce seuil, les jeunes ne peuvent pas être tenus criminellement responsables de leurs actes. N’empêche, le dossier des enfants en cause a été confié à la DPJ, explique l'enquêteur du service de police de Pakua Shipi, Kuapniesh Jourdain.

Kupaniesh Jourdain.

L'enquêteur Kupaniesh Jourdain n'a pas voulu préciser quelle méthode avaient utilisé les jeunes enfants pour déclencher l'incendie.

Photo : Gracieuseté / Police de Pakua Shipi

En ce qui concerne les étapes suivantes, les jeunes seront rencontrés et les parents seront avertis, selon lui.

À l’école Pakuashipu, la directrice Lucie Laliberté se dit prête à répondre aux questions et aux préoccupations de jeunes élèves.

L'enseignante Alice Lalo et la directrice Lucie Laliberté discutent dans un couloir de l'école Pakuaushipu.

Depuis des années, l'enseignante Alice Lalo et la directrice Lucie Laliberté collaborent à l'école Pakuaushipu.

Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie

Elle se dit aussi prête à intervenir auprès des jeunes concernés par l’enquête, qui pourraient revenir à l’école d’ici la fin des cours, vendredi. Ils vont avoir besoin de soutien, ajoute-t-elle.

Son mot d’ordre : On n’est pas dans le jugement et on laisse les policiers faire leur travail.

Un service de sécurité incendie déficient

En raison de l’absence de pompiers volontaires et d’un camion de pompier hors service, les citoyens ont dû combattre lundi soir l’incendie avec des lances à eau et des pelles mécaniques.

C’est dangereux, mais c’était le seul moyen pour éteindre le feu, souligne le directeur général par intérim de Pakua Shipi, Serge Picard.

Un homme tient une hausse et tente d'éteindre un grand bâtiment de bois ravagé par les flammes.

Les ressources en eau de Pakua Shipi ont été très sollicitées dans le combat de l'incendie qui a détruit le Bureau de la Protection de la jeunesse.

Photo : Gracieuseté

Il rappelle qu'il y a quelques semaines, des citoyens étaient aussi intervenus pour éteindre un incendie dans un duplex résidentiel.

La communauté prévoit tenir une nouvelle rencontre pour discuter du dossier de la sécurité incendie et renouveler ses démarches afin de mieux s’équiper. On a besoin de plus de services, reconnaît-il.

Ces discussions importantes à venir surviennent à un moment particulier pour la communauté, qui s’apprête à élire un nouveau chef le 1er juillet. Le chef actuel, Marcel Lalou, affronte son prédécesseur Denis Mestenapeo, élu chef à plusieurs reprises.

Le ministère de la Sécurité intérieure, anciennement le ministère de la Sécurité publique, n'a pas encore répondu à nos questions sur ses responsabilités et ses obligations dans ce genre de situation.

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