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Le marché immobilier au Canada continue de faire du surplace, refroidi par l'incertitude économique persistante et par la récente flambée des taux hypothécaires. Malgré ce ralentissement pancanadien, le marché québécois se démarque par une vigueur et une résilience exceptionnelles.
Selon les données de mars 2026 de l’Association canadienne de l’immobilier (ACI), les ventes de propriétés au pays ont reculé de 2,3 % sur un an, tandis que le prix moyen national est demeuré pratiquement inchangé, s’établissant à 673 084 $. Face à cet essoufflement, l’ACI a d’ailleurs dû réviser à la baisse ses prévisions de ventes pour l’année 2026, n’anticipant plus qu’une croissance très modeste de 1 %.
Ce ralentissement généralisé s’explique d’abord par un manque d’inventaire et par un fort attentisme. Pierre Leduc, porte-parole de l’ACI, souligne que les propriétaires sont hésitants à vendre. Les nouvelles inscriptions sont à leur plus bas depuis le milieu de l’année. Ça démontre que les vendeurs ne ressentent aucune pression, dit-il.
À ce manque d’offre s’ajoute l’impact des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Tranquillement, on s'aperçoit que le pétrole affecte essentiellement tous les aspects de notre vie. Les marchés obligataires ont déjà commencé à penser que les taux d’intérêt vont probablement monter cet automne, explique M. Leduc.
Conséquemment, les taux hypothécaires fixes ont grimpé au cours des dernières semaines, forçant plusieurs acheteurs à repousser leur projet en attendant une véritable accalmie. Cela dit, la demande refoulée demeure toutefois bien présente, selon M. Leduc.
Les gens veulent être propriétaires de leur demeure. C’est un rêve canadien. C’est quelque chose qui ne s’effondre pas.
Une dynamique régionale à deux vitesses
Au premier trimestre de 2026, le prix global des propriétés a reculé de 4,7 % dans la région du Grand Toronto et de 4,5 % dans le Grand Vancouver par rapport à la même période l’an dernier, selon les données de l’étude sur le prix des maisons de Royal LePage.
Marc Lefrançois, courtier immobilier chez Royal LePage, explique que ces métropoles subissent une correction après avoir connu un fort engouement spéculatif et des prix étirés à leur maximum. Ce repli s’explique également par une baisse de l’immigration asiatique en Colombie-Britannique et par l’incertitude économique qui pèse lourdement sur l’industrie automobile en Ontario.

À Québec, la demande surpasse largement l’offre disponible. (Photo d’archives)
Photo : getty images/istockphoto / R.M. Nunes
À l’inverse, le marché du Québec fait bande à part et affiche une étonnante vigueur. Protégée par son abordabilité relative et par une économie beaucoup plus diversifiée, cette province échappe en grande partie à ces soubresauts. Les chiffres de Royal LePage montrent que la valeur des propriétés y poursuit sa progression de façon marquée, affichant des gains annuels de 3,3 % dans le Grand Montréal et un bond fulgurant de 10,7 % dans la région de Québec.
La capitale nationale enregistre d’ailleurs la plus forte hausse de l’agrégat au pays, et ce, pour un huitième trimestre d'affilée. La demande y surpasse largement l’offre disponible. À Québec, oubliez ça. Vous avez trois acheteurs par vendeur. […] C’est à qui va le plus vite qui va gagner, explique M. Lefrançois. Royal LePage y prévoit même une flambée des prix de 12 % pour le quatrième trimestre de 2026.
Dans ce climat économique incertain, le comportement des acheteurs s’est également transformé. Les propriétés qui nécessitent de grosses rénovations sont boudées au profit des habitations clés en main. Face au coût très élevé des matériaux et de la main-d’œuvre pour les rénovations, combiné à l’incertitude économique actuelle, les propriétaires préfèrent s’épargner le stress, les délais et les dépassements de coûts d’un chantier. On minimise le risque du point de vue des vendeurs, conclut M. Lefrançois.
Avec les informations de Philippe de Montigny


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