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Des entreprises manufacturières du Saguenay-Lac-Saint-Jean reviennent à la charge concernant leurs besoins de main-d'œuvre et l’importance de pouvoir compter sur des travailleurs immigrants. Voilà qu'elles s’invitent dans la campagne électorale et interpellent directement les candidats, moins d’un mois avant les élections provinciales au Québec.
Le Comité de l’immigration économique (CIE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean lance cette nouvelle campagne de sensibilisation au coût de 60 000 dollars.
Nous avons besoin d’une approche qui reconnaît les réalités régionales et qui nous permet de conserver cette main-d’œuvre déjà présente.
Une quinzaine de manufacturiers membres du CIE rappellent que l’immigration est essentielle pour maintenir leur capacité de production et planifier le futur. Plusieurs de ces entreprises ont investi beaucoup d’argent pour amener ces travailleurs étrangers en sol québécois et pour les former. De plus, un nombre important d’entre eux sont pleinement enracinés dans leur nouvelle terre d’accueil.
Le Comité demande aux candidats de s’engager formellement à défendre une approche régionalisée de l’immigration, peut-on lire dans le communiqué transmis aux médias.

Les entrepreneurs estiment que les gouvernements font la sourde oreille en matière d’immigration.
Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil
Le maire de Saguenay et porte-parole du Comité, Luc Boivin, était présent à la conférence de presse mercredi. Il soutient que c'est l'un des dossiers sur lequel il a le plus travaillé depuis qu'il a accédé à la mairie.
Les travailleurs étrangers sont une variable absolument essentielle si on veut assurer la pérennité des entreprises dans la région.
On parle beaucoup de développement économique, de métropole nordique, mais si on n’a pas les travailleurs pour opérer ces entreprises, notre développement ne tiendra pas, mentionne le maire.
Il avoue être frustré que les démarches réalisées au cours des deux dernières années n'aient donné aucun résultat, une opinion partagée par les entrepreneurs présents à ses côtés.

Un soudeur au travail entre les murs de l'entreprise Proco à Saint-Nazaire.
Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis
Martin Ouellet, le propriétaire de STC Manufacturier, est l’un d’eux. Son entreprise possède une usine à Arvida et une autre à Longueuil. Le quart de travail du soir à Saguenay a dû être aboli, faute de personnel qualifié. Une partie de la production a également été déplacée vers la Montérégie, où les problèmes de main-d’œuvre sont moins criants.
On ne fait pas ça de gaieté de cœur, on n’a pas le choix. Il faut servir nos clients, indique-t-il à regret.
Et ce n’est pas parce que l’entreprise demeure les bras croisés pour recruter. On essaie tout! dit Martin Ouellet.

Nicolas Pelletier, contrôleur corporatif chez Coupe Sag, a exposé la situation de l'entreprise lors de la conférence de presse.
Photo : Radio-Canada
Nicolas Pelletier, contrôleur corporatif chez Coupe Sag, est du même avis.
Actuellement, on a assez d'incertitudes, les entreprises. On a besoin de certitudes.
Il confie que recruter un travailleur étranger et le former nécessite des investissements oscillant entre 8000 et 10 000 dollars pour son entreprise. Il n’y a aucune subvention, aucune aide du gouvernement, ajoute-t-il.
Coupe Sag compte actuellement une quinzaine de travailleurs immigrants. L’entreprise souhaite à tout le moins avoir la certitude de pouvoir les garder dans ses rangs.
Proco et Fabmec, entre autres, traversent la même période de turbulences. Ils espèrent tous que leur situation pourra trouver écho auprès des candidats pour que le dossier soit l’objet d’engagements clairs de leur part.


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