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Ils volaient les touristes dans le métro à Paris et à Disneyland : derrière ces jeunes pickpockets, un système glaçant

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Six membres d'un clan familial sont jugés à Paris pour avoir exploité des dizaines de mineurs, contraints selon l'accusation à voler des touristes.

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isneyland Paris faisait partie des lieux où les jeunes pickpockets étaient conduits pour voler des touristes, selon l'accusation

isneyland Paris faisait partie des lieux où les jeunes pickpockets étaient conduits pour voler des touristes, selon l’accusation (©Le Pictorium/Maxppp)

Par Thomas Martin Publié le 15 sept. 2026 à 6h04

La parade de Disneyland bat son plein, des touristes agglutinés applaudissent tandis que des fillettes contraintes de voler leur font les poches… À partir de ce mardi, six membres d’un clan bosnien seront jugés à Paris pour avoir exploité des dizaines de mineurs dans le cadre d’un vaste système de traite d’êtres humains.

Soeurs ou cousines, elles partagent le même patronyme : Hamidovic, celui d’un réseau particulièrement connu de la police française depuis une vingtaine d’années. Comme d’autres enfants recrutés par le clan, ces fillettes étaient contraintes de voler, sous peine de coups, de brûlures ou encore de violences sexuelles, selon l’accusation.

Un clan spécialisé dans les vols et les escroqueries

Une information judiciaire a été ouverte fin 2022 pour traite d’êtres humains, vols organisés, corruption de mineurs, blanchiment et association de malfaiteurs.

Tout est parti d’un renseignement anonyme faisant état d’un réseau d’environ 50 voleurs d’origine bosnienne opérant principalement dans le métro parisien, à l’aéroport Charles de Gaulle et à Disneyland Paris.

A la tête du réseau : Roberto Hamidovic, 48 ans, sa femme Lejla, deux de leurs 13 enfants, et les belles-soeurs de Roberto. Avant lui, son oncle, Féhim Hamidovic, avait dirigé le réseau, jusqu’à sa condamnation en 2013 à douze ans de prison. La relève avait ensuite été assurée par Mehmet Hamidovic, condamné pour les mêmes faits l’an dernier.

Ce clan, actif en région parisienne, s’est spécialisé dans les vols et escroqueries, visant principalement des touristes étrangers et opérés par les enfants de la famille, tous âgés de moins de 13 ans – et donc pénalement irresponsables -, et par de jeunes adultes. 

Mode opératoire rodé 

Grâce à des témoignages et à la vidéosurveillance, les enquêteurs ont identifié les lieux de prédilection, les cibles et la façon d’agir des jeunes pickpockets. Les enfants étaient ainsi conduits par groupes de six à neuf, à l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Disneyland Paris – notamment en soirée pendant la parade – ou sur les quais de la gare du train de banlieue desservant le célèbre parc d’attraction de la banlieue parisienne.

L’une des filles désignait les victimes surnommées « Dubaï », « Chinois » ou « Japonais », puis une autre « se dissimulait avec un sac et fouillait » les affaires du touriste pendant que les autres montaient la garde. Les enfants rentraient ensuite à Paris où le fruit de leurs vols, en moyenne 25.000 euros par jour, était confisqué par les hommes du clan, selon l’ordonnance de renvoi que l’AFP a pu consulter.

L’enquête a démontré que les généraux du réseau fréquentaient assidûment des casinos, des hôtels et de grands restaurants. Ils étaient également propriétaires de nombreux véhicules de luxe et de bijoux. 

 « Petits soldats aux ordres » 

A côté de ce « train de vie dispendieux », selon les enquêteurs, les jeunes pickpockets « vivent dans des conditions difficiles », rappelle à l’AFP Olivier Peyroux, sociologue, spécialiste de la traite des êtres humains et de l’exploitation des mineurs.

« Elles passent d’hôtel en hôtel et il faut absolument qu’elles fassent une somme par jour, sous peine de recevoir des coups ou des brûlures de cigarettes », ajoute-t-il. 
Plusieurs d’entre elles ont aussi raconté des agressions sexuelles.

Au cours de leurs auditions, les prévenus – dont l’un est décédé avant l’ouverture du procès – ont nié les faits, indiquant vivre de la vente de voitures pour Roberto Hamidovic ou de vols, mais toujours pour leur propre compte.

« Ma cliente reconnaît certains faits qui lui sont reprochés, notamment une partie du vol et le blanchiment. Mais elle conteste totalement avoir forcé des enfants à voler et les faits de violences », a déclaré à l’AFP l’avocat de Lejla Hamidovic, Simon Clemenceau.

« Il va y avoir un procès mais les victimes, elles, ne seront pas vraiment reconnues comme telles », déplore Olivier Peyroux.

« Ces filles vont continuer à être traitées comme des voleuses. Pourtant, ce ne sont que des petits soldats qui sont aux ordres. Ce n’est pas de la délinquance, c’est vraiment de la traite d’êtres humains » poursuit le sociologue.

Le procès doit se tenir jusqu’au 23 septembre. 

AFP

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