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Le monde des collectionneurs s’agite alors qu’un saphir de 6,72 carats conservé depuis plus d’un siècle dans la même famille va être proposé sous le marteau à Brest. Une pierre digne d’un musée.
Passer la publicité Passer la publicitéSa valeur est estimée entre 200 000 et 250 000 € mais son prix final pourrait bien s’envoler tant la pierre est rare et que certains spécimens comparables ont déjà franchi la barre du million. Découvert récemment lors de l’inventaire d’une succession à Brest, le joyau a immédiatement attiré l’attention du commissaire-priseur de la maison de ventes Adjug’Art, séduit par la profondeur singulière de sa teinte.
Et pour cause, l’expertise menée par le laboratoire suisse SSEF, l’un des plus réputés au monde, a confirmé ce que pressentaient les spécialistes : il s’agit d’un saphir du Cachemire. Une provenance mythique dans l’univers des gemmes. Ces pierres furent découvertes fortuitement à la fin du XIXe siècle dans les montagnes du Zaskar, au nord de l’Inde, lorsqu’un glissement de terrain révéla un gisement inattendu.
«Leur couleur, non traitée, non chauffée, un bleu profond velouté légèrement violacé dite “bleu fleur de bleuet” ou “Cornflower Blue” a rapidement séduit les joailliers européens et demeure à ce jour, l’une des nuances les plus recherchées d’autant que les mines se sont épuisées» explique Maître Yves Cosqueric, le commissaire-priseur en charge de cette vente qui apparaît régulièrement dans l’émission de France 2 «Affaire conclue». Résultat : une pierre plus rare encore qu’un diamant. Sur le marché, un saphir du Cachemire présentant cette qualité Cornflower est immédiatement considéré comme une pièce quasi muséale.
Mais la rareté de la gemme ne tient pas seulement à sa couleur ou à son origine. «Son histoire familiale ajoute encore à sa singularité, ajoute Yves Cosqueric. Il vient d’une paire de boucles d’oreilles, des dormeuses en saphirs taillés en coussin et diamants qui ont été commandées dans la première moitié du XIXe siècle par une grande famille aristocratique bretonne, riche d’un patrimoine joaillier. Le bijou s’est transmis de génération en génération. À la fin du XIXe siècle, la lignée ne compte plus d’héritier masculin mais deux sœurs.» Chacune reçoit alors l’un des saphirs. L’une transforme le sien en broche; l’autre le fait monter en bague par la maison parisienne Blanchet, aujourd’hui disparue.
Il s’en sépare car n’a pas eu de fille et ne souhaite pas la transmettre à un descendant lointain car elle est pour lui, chargée d’émotions. »
Me Yves Cosqueric (Adjug’Art)En 2011, le descendant des deux sœurs se présente chez Adjug’Art avec la broche héritée de sa tante, adjugée à l’époque 230 000€. Quinze ans plus tard, c’est la bague de sa mère qui refait surface. «Il s’en sépare car n’a pas eu de fille et ne souhaite pas la transmettre à un parent éloigné car elle est pour lui chargée d’émotions, reprend Me Yves Cosqueric. Il préfère se servir du fruit de sa vente pour entretenir le château familial.» Avec le temps, la rareté d’une telle pierre n’a fait que s’accentuer. Tout porte à croire que les enchères pourraient s’emballer.
Par mesures de sécurité, le saphir, vendu desserti de la bague, est actuellement conservé au chaud dans un coffre-fort et ne sera pas exposé au public lors de la vente prévue les 16 et 17 mars prochains. Les acheteurs potentiels devront donc montrer patte blanche (et garanties financières) pour pouvoir l’admirer lors d’un rendez-vous privé. Dans le monde très fermé des pierres précieuses, un tel saphir apparaît rarement sur le marché. Les collectionneurs sont alors prêts à tout pour l’acquérir. «De grands joailliers se sont déjà manifestés pour des commandes spéciales. Et l’acquéreur du saphir de la première broche s’est également renseigné. Nous avons de bons espoirs.»


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