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Mardi, le gouvernement du Québec a publié la pièce maîtresse de sa stratégie énergétique pour les 25 prochaines années. Ce plan, attendu depuis des mois, trace la voie d’une certaine transition, mais « repose sur des hypothèses opaques », selon ses critiques. Explications.
Qu’est-ce que le PGIRE ?
Le Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec (PGIRE) vise à planifier l’offre et la demande en énergie pour les 25 prochaines années, dans un contexte de transition. Ce nouvel instrument est au cœur de la loi sur l’énergie adoptée en juin 2025 par Christine Fréchette.
Le PGIRE doit déterminer des orientations, des objectifs et des cibles en matière de production, d’efficacité et de sobriété énergétiques. Les acteurs du milieu de l’énergie l’attendaient impatiemment. La loi prévoit que le plan sera mis à jour tous les six ans, au minimum.
Pour l’élaborer, Québec a consulté des centaines d’intervenants en 2025 lors d’une tournée qui a visité 14 régions. L’hiver dernier, le public était invité à donner ses commentaires. La Régie de l’énergie a aussi rendu un avis à ce sujet, en mars.
Que prévoit le plan pour 2050 ?
Dans le PGIRE, le gouvernement « identifie » une trajectoire énergétique pour le Québec jusqu’en 2050. Le document indique que cette trajectoire permettra à la province « de soutenir ses ambitions de développement économique, d’autonomie énergétique et de transition énergétique ».
Selon cette trajectoire, à mi-siècle, le Québec consommera environ autant d’énergie qu’aujourd’hui (-5 %). La part des énergies fossiles — qui réchauffent dangereusement la planète — diminuera beaucoup, passant de 48 % à 23 %. À l’inverse, celle de l’électricité augmentera considérablement.
La répartition de la consommation d’énergie se transformera : la part des transports reculera de 31 % à 20 % grâce à l’électrification, et celle de l’industrie augmentera de 37 % à 47 %, « stimulée » par les centres de données, la filière batterie et la transformation des ressources naturelles.
Le plan relève que les technologies électriques, comme les thermopompes et les véhicules électriques, sont de deux à quatre fois plus efficaces que les options traditionnelles. Cela permettra de dégager de l’énergie pour d’autres usages.
Le PGIRE prévoit que la demande en bioénergie, notamment forestière, doublera d’ici 2050. Il prédit, sans surprise, un bond de la production éolienne, et un petit rôle pour l’énergie solaire. Le plan dit que la construction de nouveaux complexes hydroélectriques s’annonce « nécessaire ».
Quelles sont ses répercussions financières ?
Le PGIRE estime que les investissements additionnels requis pour mettre en œuvre sa trajectoire seront de 87 milliards de dollars actuels cumulés d’ici 2050. Cet argent s’ajoute à celui déjà prévu par Hydro-Québec et l’État pour atteindre leurs objectifs de 2035.
Les fonctionnaires s’attendent à ce que les investissements liés au PGIRE contribuent à rehausser de 48 % la productivité énergétique du Québec. Ils soulignent aussi l’effet positif de la transition énergétique sur la balance commerciale de la province, qui perd des milliards par année à importer du pétrole et du gaz.
Puisque les équipements électriques sont plus efficaces, les ménages seront gagnants. « Il est ainsi estimé que les Québécois pourraient bénéficier, en moyenne, d’une hausse d’environ 1089 $ de leur revenu disponible en 2050 », lit-on dans le PGIRE.
Sur quelles hypothèses repose-t-il ?
Les hypothèses sur lesquelles repose la trajectoire du PGIRE ne sont pas très détaillées dans le document. Sans les connaître précisément, il est difficile de juger si les solutions annoncées sont les seules options envisageables.
« Loin de démontrer de manière “rigoureuse” et “transparente” la faisabilité de la transition proposée, le Plan repose sur des hypothèses opaques », a affirmé par communiqué l’organisme Vivre en ville, qui déplore aussi l’absence d’objectifs clairs en matière de sobriété énergétique.
Pour le Front commun pour la transition énergétique, qui regroupe des écologistes, le PGIRE repose sur « des hypothèses incomplètes ». « Le plan est si peu appuyé par des données chiffrées qu’on a l’impression, après de si longs travaux, que la montagne accouche d’une souris », a déclaré sa responsable, Mélanie Busby.


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