L’une des rares ONG qui intervient encore en Afghanistan a été créée par une Alsacienne, Ariane Hiriart. Malgré le retour des talibans au pouvoir depuis 2021, Le Pélican encadre plusieurs écoles pour filles et garçons, qui emploient localement 56 personnes. De passage en France, cette femme engagée nous raconte ses actions, à l’heure où les droits des femmes afghanes sont plus que jamais réduits.

Propos recueillis par Estelle Sanchez - Aujourd'hui à 09:00 - Temps de lecture :

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Vous êtes allée pour la première fois en Afghanistan dans le cadre d’une mission de l’organisation humanitaire chrétienne Medair en 2000. Le lancement de votre propre organisation, Le Pélican, pour créer des écoles sur place en a découlé. Que fait-elle aujourd’hui ?

« Le Pélican gère six écoles dont deux pour enfants sourds, deux pour enfants trisomiques et mentalement déficients, une école d’éducation classique et un atelier pour apprendre la couture, qui emploient 56 Afghans. On suit le programme afghan en partie, mais on rajoute beaucoup de choses. Ils font de l’informatique, de l’anglais, et je garde un espace de jeux, de sport, de rigolade, parce que ce sont des enfants qui doivent travailler en dehors de l’école. Pour ce qui est de l’éducation religieuse, on arrive à passer entre les gouttes, principalement parce que l’on propose un repas chaud à tout le monde. On fait 400 repas par jour, soit 25 kilos de riz. Je pense qu’ils nous acceptent aussi parce que notre budget annuel de 400 000 dollars est uniquement destiné à ce projet à Kaboul et c’est une grande aide pour l’économie du pays. »

  • Ariane Hiriart a fondé l’ONG Le Pélican, qui agit en Afghanistan depuis 2002. Six écoles ont été créées et sont toujours actives malgré le retour au pouvoir des talibans en 2021. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

    Ariane Hiriart a fondé l’ONG Le Pélican, qui agit en Afghanistan depuis 2002. Six écoles ont été créées et sont toujours actives malgré le retour au pouvoir des talibans en 2021. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

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  • Ariane Hiriart est d’abord venue en Afghanistan dans le cadre d’une mission Medair avec son mari Jacques.   Photo Fourni Par L’ONG Le Pélican

    Ariane Hiriart est d’abord venue en Afghanistan dans le cadre d’une mission Medair avec son mari Jacques.   Photo Fourni Par L’ONG Le Pélican

  • Ce qui la marque le plus, c’est le froid intense qui frappe le pays en hiver, et le contraste de ces températures avec les vêtements que portent les enfants afghans dans les rues de Kaboul. Photo fournie Par L’ONG Le Pélican

    Ce qui la marque le plus, c’est le froid intense qui frappe le pays en hiver, et le contraste de ces températures avec les vêtements que portent les enfants afghans dans les rues de Kaboul. Photo fournie Par L’ONG Le Pélican

  • L’un des projets qui tiendra le plus à cœur à Ariane, ce sont les écoles pour enfants en situation de handicap qu’elle parviendra à ouvrir. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

    L’un des projets qui tiendra le plus à cœur à Ariane, ce sont les écoles pour enfants en situation de handicap qu’elle parviendra à ouvrir. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

  • Au-delà de donner une éducation aux filles, le Pélican pourra aussi employer des femmes, dont la possibilité de travailler est largement remise en cause depuis la reprise du pouvoir des Talibans. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

    Au-delà de donner une éducation aux filles, le Pélican pourra aussi employer des femmes, dont la possibilité de travailler est largement remise en cause depuis la reprise du pouvoir des Talibans. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

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  • Ariane Hiriart a fondé l’ONG le Pélican, qui agit en Afghanistan depuis 2003. Six écoles ont été créées et sont toujours actives malgré la prise de pouvoir des Talibans en 2021. Photo Fourni Par L’ONG Le Pélican

    Ariane Hiriart a fondé l’ONG le Pélican, qui agit en Afghanistan depuis 2003. Six écoles ont été créées et sont toujours actives malgré la prise de pouvoir des Talibans en 2021. Photo Fourni Par L’ONG Le Pélican

  • Pour ses actions en faveur des Afghans, Ariane Hiriart a été faite chevalière de la Légion d’honneur en 2021. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

    Pour ses actions en faveur des Afghans, Ariane Hiriart a été faite chevalière de la Légion d’honneur en 2021. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

  •  le fait de donner un repas aux élèves et de leur accorder aussi des temps de récréation. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

    Dns les écoles du Pélican, deux choses sont fondamentales : le fait de donner un repas aux élèves et de leur accorder aussi des temps de récréation. Photo fournie par L’ONG Le Pélican

Depuis le retour des talibans au pouvoir, des lois draconiennes ont été mises en place et défient le droit international et principalement à l’encontre des femmes. Comment cela a-t-il impacté vos écoles ?

« Quand le pouvoir a basculé, j’ai dû être évacuée, et je n’ai pas pu retourner dans le pays avant le début de l’année 2022. À mon retour sur place, il a fallu négocier avec le nouveau ministère de l’Économie et celui des Affaires sociales pour rouvrir nos écoles. Ça a été long et fastidieux, au début ils ne voulaient pas que les écoles pour filles rouvrent, mais on a réussi à obtenir la signature d’un agrément, qui doit être renouvelé tous les ans. Pour l’éducation des filles, on triche abondamment. On a des grandes filles de 14, 15, 16 ans qui n’ont plus le droit d’être là, alors on les cache. On a des caméras de sécurité et des gardes qui nous avertissent si la milice des mœurs patrouille dans les rues. On a aussi mis en place un système précis pour pouvoir rentrer dans nos écoles : on vient vérifier l’identité des personnes auprès de la police locale avant de les laisser rentrer. Pendant ce temps, les filles qui sont trop grandes mettent leurs masques, hijabs, et gants et s’assoient, pour que si jamais un taliban ouvre la porte de la classe, il ne voit que des têtes baissées, avec leurs foulards. »

Au-delà des élèves, ce sont aussi en partie des femmes que vous continuez d’employer ?

« On a aussi des institutrices. Et ce sont des femmes qui travaillent au côté du cuisinier, ce qui est complètement interdit. Nous avons créé une sortie pour qu’elles puissent s’échapper si un taliban arrive. » 

Pour soutenir Le Pélican : [email protected] ou 06.23.80.65.66 ou consulter leur site internet lepelicanong.fr

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