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Horne 5 pourrait accroître la pression sur les écoles à Rouyn-Noranda

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L’arrivée projetée d’une centaine de travailleurs de l’extérieur pour le projet Horne 5, de Ressources Falco, ne soulèverait pas d’enjeux majeurs de capacité pour la communauté de Rouyn-Noranda.

C’est ce que conclut un avis socioéconomique commandé par l’entreprise et réalisé par la firme Aviseo.

En tenant pour acquis que les travailleurs de l’extérieur requis lors de la phase d’exploitation du projet viendront s’installer avec leur famille, ce sont 217 nouvelles personnes, dont une cinquantaine d’enfants, qui pourraient s’ajouter à la population de Rouyn-Noranda.

La pression supplémentaire que cela pourrait exercer sur le réseau scolaire constitue, selon l’avis, le principal point de vigilance, sur le plan socioéconomique, du projet Horne 5.

L’arrivée estimée de 48 enfants supplémentaires s’inscrit dans un contexte déjà contraint, caractérisé par des taux d’occupation élevés, une rareté de personnel et un parc immobilier vieillissant. Bien que rien n’indique un déficit généralisé d’infrastructures, l’analyse suggère que des mesures de soutien ciblées pourraient être nécessaires afin de préserver la qualité des services éducatifs, peut-on lire dans l’avis.

Des piétons marchent sur la rue Principale de Rouyn-Noranda, décorée.

Un avis réalisé par la firme Aviseo indique que l’arrivée projetée de travailleurs de l’extérieur pour le projet minier ne soulèverait pas d’enjeux majeurs de capacité pour la communauté de Rouyn-Noranda. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

L’analyse suggère également que l’arrivée de nouveaux ménages pourrait prolonger la tension observée sur le marché du logement, sans en détériorer significativement les conditions, en raison notamment de récentes mises en chantier.

Vice-présidente environnement, développement durable et relations avec les communautés pour Ressources Falco, Hélène Cartier affirme avoir été rassurée par l’avis.

L’avis a regardé l’effet de l’afflux de travailleurs sur le logement et les services à la communauté. Dans les services, on parle des écoles, des services de garde, de la santé et des services municipaux, détaille-t-elle.

L’avis est rassurant, parce qu’il nous dit qu’il n’y aurait pas quelque chose de catastrophique ou de détérioration épouvantable qui allait se passer. Au contraire, les répercussions seraient plutôt neutres.

En ce qui concerne la saturation des écoles, Mme Cartier souligne qu’il s’agit d’une situation déjà existante, indépendante de l’arrivée de nouveaux travailleurs pour le projet Horne 5.

Hélène Cartier est debout près d'un panneau présentant le projet Falco Horne 5.

Hélène Cartier est vice-présidente environnement, développement durable et relation avec les communautés pour Ressources Falco. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Annabel Ouellet

Le taux d’occupation qui est élevé et la rareté du personnel, c’est une situation qui est actuelle. Donc nous, on va travailler sur un plan, mais à ce stade-ci, je ne peux pas dire exactement ce qu’on va faire, dit-elle, en rappelant que Ressources Falco a déjà investi plusieurs millions de dollars pour la construction d’un pavillon du centre Polymétier, annexé à l’école secondaire La Source.

Des travaux en cours depuis 2019

L’afflux potentiel de travailleurs externes dans la communauté est une préoccupation qui a été soulevée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) en 2024, qui avait recommandé au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) d’exiger un examen approfondi des effets d’un tel afflux.

Mme Cartier soutient que les démarches pour évaluer les effets étaient déjà amorcées avec le comité consultatif mis en place par l’entreprise en 2019. L’avis était là pour nous aider à voir où nous devions travailler, précise-t-elle.

Les bâtisses du projet sont situées près des installations de la Fonderie Horne.

Le site pour le projet Horne 5 se situe près des installations de la Fonderie Horne. Il pourrait avoir une durée de vie de 15 ans. (Photo d'archives)

Photo : Capture d'écran : falcores.com

En ce qui a trait au logement, Hélène Cartier a bon espoir de voir la situation s’améliorer d’ici à une hypothétique mise en exploitation de la mine.

On est à au moins six années d’une production commerciale. On sait que les conditions vont évoluer en six ans. Peut-être que ce qu’on a vu comme une vigilance en ce moment sur le logement, peut-être ne sera plus un élément de vigilance, fait-elle observer.

Ce qu’on ajoute, selon les hypothèses qu’on a faites, c’est 48 enfants dans le système scolaire. C’est surprenant de penser qu’on va créer le chaos avec 48 enfants de plus.

Le gouvernement doit faire sa part, estime Falco

Si des besoins se font sentir, Mme Cartier estime qu’il reviendrait au gouvernement du Québec d’investir pour augmenter la capacité d’accueil, notamment dans les écoles.

Je pense que le réseau scolaire va rester fragile, que ça va rester un élément de vigilance. Mais je pense qu’on doit aussi régionalement travailler à ce que nos gouvernements investissent dans notre réseau, affirme-t-elle, en rappelant l’étude d’Aviseo, commandée par la conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue, qui conclut à un écart de près de 800 millions entre la contribution de la région à l’économie du Québec et les investissements reçus en retour.

En janvier dernier, le président et chef de la direction de Ressources Falco, Luc Lessard, indiquait qu’aucune décision n’avait été prise par le conseil des ministres au sujet du projet Horne 5, un an après le rapport du BAPE.

Trois mois plus tard, Hélène Cartier ignore toujours quand son entreprise obtiendra un retour du gouvernement, mais espère que ce soit le cas avant l’été. Elle souligne l’importance de l’octroi du décret gouvernemental pour la suite des choses.

Le décret permettrait d’aller de l’avant, dans des conditions établies. [Il] est essentiel pour que les investisseurs soient intéressés à investir dans le projet. Une fois qu'on a le financement, il reste des dizaines, des centaines de permis et d'autorisations ministérielles à obtenir. Ce sont ces permis qui nous permettront de faire une première pelletée de terre, de commencer à construire et éventuellement à produire, conclut-elle.

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