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Histoire, objectifs et réflexions sur la tactique anarchiste de lutte urbaine : le Black Bloc (Collectif anarchiste Green Mountain et Résistance 71)

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“Dans un livre que j’ai publié ‘Désobéissance et démocratie’, j’avais discuté du fait de savoir si une personne commettant des actes de désobéissance civile avait une obligation de se laisser interpeler et d’accepter sa punition. Ma position est qu’il n’y a aucune obligation et que le fait d’échapper à la prison est un acte continu de désobéissance civile, un acte de continuation de la résistance.”

“La désobéissance civile n’est pas le problème en fait, le véritable problème est l’obéissance civile, la soumission de la conscience individuelle à l’autorité de l’état. Une telle obéissance a produit les horreurs des états totalitaires et dans les états dits libéraux, cela a mené à l’acquiescement public à la guerre à chaque fois qu’un gouvernement soi-disant démocratique en a décidé ainsi.”

“De fait, la règle de la loi maintient les choses telles qu’elles sont. Pour avoir du succès à changer vraiment les choses, enfreindre la loi est souvent nécessaire.”

~ Howard Zinn, 1994 ~

“La propriété privée, spécifiquement la propriété privée corporatrice, entrepreneuriale, est en elle-même bien plus violente que toute action qui puisse être prise contre elle.” ~ Black Bloc N30, communiqué 1999 ~

On raconte beaucoup de conneries sur le Black Bloc, les extraits de deux textes différents ci-dessous, traduits par nos soins en expliquent un peu plus. Savoir avant tout que le Black Bloc n’est pas un mouvement politique ou le représentant d’une idéologie, le Black Bloc est une tactique militante d’action directe de terrain. On entend souvent dire que le Black Bloc est “en fait la police” ou “des agents du système”, ceci n’est que connerie à l’état pur. Qu’un Black Bloc puisse être infiltré par des flics, sans aucun doute, il y a de multiples preuves visuelles archivées montrant que cela fut parfois le cas. Mais de là à dire qu’un Black Bloc constitué par les militants, “c’est les flics”, faut pas chier dans la colle non plus… Tant est fait par le système pour discréditer tout ce qui est anarchiste que rien n’est vraiment étonnant.  Il y a eu quelques Black Blocs en action au début du mouvement des Gilets Jaunes, ceux-ci ont une mission parmi d’autres, celle de protéger les manifestants des violences policières et une chose est sûre, quand un véritable Black Bloc est formé et actif, la police ne s’y frotte pas et on l’a vu fin 2018 et début 2019, en France et ailleurs, ce qui fait souvent dire que “la police laisse faire”, cela peut-être une contre-tactique certes, mais aussi la flicaille sait qu’un Black Bloc ne va pas s’éparpiller aux premières lacrymogènes ou charges. Un cordon de CRS contre un Black Bloc, c’est pas gagné pour les flics et ils le savent. Pourquoi ? Parce qu’un Black Bloc sur le terrain, en confrontation directe, ne recule pas. Pourquoi 50 CRS peuvent-ils disperser 5000 manifestants ? Parce qu’ils sont organisés et décidés à se tenir à une mission, tandis que les manifestants, sans but réel autre que celui d’être là, ne sont qu’une volée de moineaux qui s’éparpille dès que ça chauffe à la première lacrymo… pas un Black Bloc… et les flics le savent, un clash direct enverrait (a envoyé du reste) un paquet de pandores à l’hosto pour un moment.

Après, qu’on soit d’accord avec cette tactique en tant que militants, c’est une autre histoire. A Résistance 71, nous pensons qu’ils sont utiles à montrer la voie dans la confrontation de terrain, car malheureusement il n’y a pas autre chose que l’État sache faire si ce n’est réprimer l’opposition et si un “sit-in” peut avoir parfois des résultats, ce n’est pas la solution face à la violence avérée de la répression systémique de toute opposition sortant du moule autorisé par illusion démocratique.

Quand il y a ou va y avoir confrontation physique, suivez le guide Black Bloc : rassemblement, évaluation, action, protection, dispersion, entraide et solidarité, le tout de manière décentralisée et acéphale. Les textes ci-dessous vous emmènent au sein du Black Bloc depuis l’origine moderne de la tactique et aident à la reconnaître pour ce qu’elle est, simplement et sans fioriture.

~ Résistance 71 ~

de l’intérieur…

Emergence du Black Bloc et sa poussée vers l’anarchisme

Extraits

Green Mountain Anarchist Collective

Vermont, March, 2001

Traduction Résistance 71

Octobre 2026

Section I -L’émergence du Black Bloc : histoire, tactique et constitution générale

“Je porte le noir pour les pauvres et les battus, Vivant du côté pauvre et affamé de la ville, Je le porte pour le prisonnier qui a payé ses crimes depuis longtemps, Mais qui est toujours là parce qu’il est une victime de l’époque.” —Johnny Cash, Man In Black (chanson iconique, 1971)

On peut retracer l’historique du Black Bloc à quand et où que ce soit des gens constituant une classe ou un groupe opprimés se sont soulevés de manière militante contre leurs oppresseurs. Des éléments particuliers des tactiques du Black Bloc furent auparavant utilisé par la faction Weather de l’association Students for a Democratic Society (SDS ou Étudiants pour une société Démocratique) en Amérique du Nord durant les célèbres “jours de rage” de 1969.

Plus spécifiquement, l’esthétique tactique du Bloc et des méthodes plus raffinées de confrontation avec l’état ont commencé à émerger dans les années 1980 au sein des mouvements autonomes en Allemagne. Là, le sérieux du mouvement anti-nucléaire ainsi que les demandes du mouvement continu anarchiste, anti-fasciste demandèrent que les manifestations de masse soient élevées à un plus haut niveau de militantisme mais aussi d’anonymat. Ainsi donc, les collectifs radicaux, souvent issus de la scène anarcho-punk et typiquement de souche des classes laborieuses, commencèrent à inciter leurs membres et les militants sociaux à s’assembler dans les manifestations vêtus de noir, avec des masques et de marcher en tant qu’un contingent manifestant unique (parmi beaucoup d’autres). Avec leurs identités effectivement masquées dans une uniformité temporaire, ils eurent plus de succès à pousser des actions directes dans une direction plus militante tout en se protégeant d’être identifiés et ciblés par la répression d’état ou être plus tard mis en accusation ou les deux.

Ce processus est arrivé à maturation au point où les Black Blocs émergeant commencèrent à développer une bien meilleure auto-défense et tactiques militantes. Il est important de bien comprendre que cette formation [des Black Blocs] n’était en rien la formation d’une organisation formelle ou plutôt continuelle. Ceci n’est qu’une tactique de groupe temporaire cohésive ayant un objectif immédiat de créer une force de combat de rue, qui en pratique se dissout à la fin de chaque manifestation où le Bloc est formé ou quand l’action collective programmée est terminée. Ceci ne veut pas dire que les personnes impliquées dans le Black Bloc ont pour seul but l’action collective menée ; bien au contraire, les participants aux Black Blocs sont très souvent impliqués dans des organisation et des projets socio-politiques, spécifiques à leurs communautés locales. Ils ont leurs racines. De plus, le militantisme et les actions subséquentes du Black Bloc doivent aussi être compris comme la personnalisation de certains moyens de lutte parmi tant d’autres, moyens qui sont à la fois légitimes et efficaces.

En tant que Black Bloc, ce collectif fut une alliance de personnes indépendantes et/ou de groupes d’affinité. Collectivement, le Bloc agit de manière démocratique directe chaque fois que c’est possible et par consensus interne des groupes d’affinité quand les situations le demandent. Autrement, le groupe n’a pas de structure formelle de manière tout à fait consciente et voulue, il n’a aucune hiérarchie autoritaire.

Dans les premiers temps du Black Bloc, celui-ci se positionnait soit à l’avant de la manifestation, soit à l’arrière, soit sur ses flancs, afin de fournir une forte présence défensive sur des points normalement vulnérables. De cette manière, la police était empêchée de perturber le mouvement de la manifestation sans avoir à d’abord à affronter et à vaincre une section de la manifestation hautement militante, motivée et préparée à la confrontation. Afin de renforcer ses capacités à remplir ses objectifs tactiques, le Bloc commença à transporter des tuyaux, des barres de fer, des matraques et à revêtir des protections de corps et des casques. De plus, d’autres développements tactiques impliquèrent l’utilisation de grandes bannières, longues barres ou cordes alignant le collectif dans un périmètre. Cette tactique était faite pour rendre bien plus difficile à la police de remarquer des individus et de tenter de les arrêter. Les flics devaient alors passer au travers d’une barrière maintenue collectivement tout en simultanément devant éviter les coups qui pleuvaient sur eux, tout cela afin de permettre quelques arrestations aléatoires.

Bien plus que le fait d’agir comme des troupes de choc ou des unités de défense au sein d’un contingent plus vaste de manifestation, le Bloc a commencé à prendre pas à pas un rôle plus offensif en ce qui concerne la destruction de la propriété privée capitaliste. Ici, des groupes d’affinité au sein du Bloc, devenaient des facilitateurs de la casse de vitrines et du tag de messages révolutionnaires, de l’attaque et de la destruction de véhicules de police et militaire. Bien entendu, toute cette activité était clairement dirigée contre des cibles capitalistes. Malgré les fausses assertions des médias de masse, le vandalisme arbitraire ne fut jamais, ni n’est aujourd’hui, le but ou pratique du Black Bloc .

(NdT : en clair, le Black Bloc n’est pas constitué de pillards, le pillage n’est pas l’objectif et ne l’a jamais été…)

Une autre fonction du Black Bloc est de pousser une manifestation en cours dans une direction plus militante et plus socialement compréhensive. Ceci fut fait en positionnant le Bloc à l’avant des manifestations et de forcer une escalade entre les forces de l’ordre et les manifestants. En simplement résistant à l’arrestation, en refusant de rester sur les parcours tracés, ces parcours de parades organisés, en défiant les barrages de police et en dirigeant activement sa colère vers des cibles corporatives, le Bloc s’assurait qu’une telle escalade allait se produire.

Le but d’une telle escalade repose en partie sur la croyance qu’un tel rapport conflictuel a nécessairement pour résultat de démasquer la nature brutale de l’état. La brutalité de la force de police/militaire en opposition est alors révélée. L’Idée est de montrer à la population au sens large les moyens violents par lesquels le statut quo oligarchique est maintenu et ainsi toujours plus de personnes deviendront plus extrémistes dans leurs actions en voyant de leurs yeux la véritable nature de l’État. L’escalade a aussi un effet désiré de forcer une action afin de transcender la sous-jacence libérale des manif’ et de devenir un exemple réel de révolte contextuellement conditionnée. L’action directe s’étend au-delà des confinements du simple symbolisme et la fait creuser dans le territoire réel de l’insurrection révolutionnaire subjective et objective.

Black Bloc, Paris, 1er mai 2018

La manifestation ici commence à assumer sa propre identité libérée du spectacle social (marchand) de la culture comodifiée de consommation et elle commence alors à bouger d’une manière bien plus fluide et auto-définissante. Le rôle de la manifestation en tant que soupape de pression sociale, à la fois inepte et non-révolutionnaire, commence à s’inverser dans sa juste expression de trouble social. A cet égard, la spontanéité au travers de la violence et du militantisme, devient un acte d’expression de l’action de masse. Ainsi donc, l’action devient un moyen libre par lequel l’identité naturelle humaine est démontrée au travers du rejet de base de la subjugation, de l’autorité, du capitalisme, des institutions et du statu quo (oligarchique).

Cet élément de clash social est de fait nécessaire parce qu’il permet à la personne opprimée et aliénée de faire la véritable expérience du comment se pulvérise la mentalité de mouton de Panurge et l’ennui en situation de révolte. Ici, la personne commence à comprendre la réalité future de ce que la rue et la ville, en tant que création de base du travailleur, appartiennent aux travailleurs. Ici, les possibilités de pleine révolte et de victoire sont cristallisées par l’adrénaline du conflit. En bref, ce conflit est bon en ce qu’il permet l’esprit de comprendre la véritable lutte physique, tout en permettant de faire ressentir, même si seulement un peu, la possibilité réelle d’autogestion sans l’abstraction trouble de la police ou d’un gouvernement. La ville, dans le voisinage du conflit, devient véritablement une entité qui doit être gagnée par le peuple, ou perdue, ou conservée ou écartée.

Pour paraphraser Jean-Paul Sartre : “La raison pour laquelle le travailleur ne se révolte pas… c’est parce qu’il n’imagine pas ce qu’une société vraiment libérée serait.”

De plus, de l’anarchiste Michel Bakounine : “Rappelons-nous qu’aucun grand pas en avant dans l’histoire n’est jamais survenu sans avoir d’abord été baptisé de sang.”

Ainsi donc, nonobstant le succès particulier de l’action en cours, l’activité de ceux formant le Black Bloc doit être comprise et encouragée comme à la fois positive et nécessaire en relation aux requis subjectifs nécessaires de l’avancée continue de la lutte anarchiste révolutionnaire.

La pratique de tels Blocs est socialement et psychologiquement saine dans la mesure où elle est réelle. En cette capacité, des personnes affirmant être “de gauche” ou même anarchistes et qui argumentent contre le besoin d’avoir des Black Blocs ou que le Bloc est tactiquement ou socialement inefficace, doivent être comprises comme des personnes qui soit ne comprennent pas la dynamique subjective de la révolte ou des personnes lourdes de leur indécision et de leur acceptation tacite du statu quo et qui doivent être considérées au mieux, comme ignorantes, comme ennemies au pire. Ces gens perpétueraient une nouvelle génération perdue dans le débat, les réunions stériles et l’ennui total, substituant tout ça à la véritable action directe.

Malgré leurs objectifs avoués, ils deviennent les soutiens de la défaite et de l’aliénation au travers leur incapacité à comprendre le risque, l’action, le mouvement, la dynamique et la liberté expérimentale. Le révolutionnaire ferait bien de discréditer leurs paroles par l’action et, comme nous ne sommes pas des sauvages assoiffés de sang, de continuer le développement de a théorie anarchiste légitime.

NdR71 : en cela, la tactique du Black Bloc rejoint la tactique de la “propagande par le fait” pratiquée par les anarchistes à la fin du XIXème et début du XXème siècles.

Suivant l’exemple allemand, bientôt la formation de Black Blocs s’étendit à l’Europe où la tactique est toujours pratiquée avec une certaine férocité et efficacité aujourd’hui. Au début des années 1990, la tactique commença à prendre racine en Amérique du Nord. Des Black Blocs furent organisés durant les manifestations contre la guerre du Golfe en 1991 et durant la Convention du parti Démocrate en 1996, ainsi que dans de nombreuses manifestations des années 90.

Quoi qu’il en soit, l’efficacité des Black Blocs en Amérique du Nord semble atteindre un niveau de maturité au cours de cette nouvelle décennie ; une maturité qui va en parallèle avec un mouvement de protestation sociale qui a pris de l’ampleur dans son ensemble.

Pendant la fameuse “bataille de Seattle”, le Black Bloc, constitué d’environ 200 membres, focalisa essentiellement son attention sur la destruction de la propriété entrepreneuriale. Durant l’action A16 (16 avril 2000), le Bloc gonfla jusqu’à plus de 1000 membres et focalisa l’essentiel de son énergie à combattre la police engagée dans de violents affrontements avec les manifestants non-violents et le Bloc, ce de la même manière. (NdT : le Bloc a alors agi en protection des manifestants non-violents et en répression anti-flics et anti-système) Des Black Blocs furent aussi présents au cours des deux conventions nationales des partis démocrate et républicain cette même année. Là, les Blocs firent de nouveau la démonstration de la tactique d’auto-défense physique des manifestants et de destruction de la propriété privée entrepreneuriale ou de l’état, bâtiments et véhicules de police (NdT : qu’on a également vu en 2019 avec les Gilets Jaunes, chaque fois qu’un black Bloc était formé, la violence policière était considérablement limitée…). Les Blocs furent aussi présent à bon nombre de manif’ du 1er Mai en 2000, au premier débat présidentiel de Boston et à l’intronisation du président Deubeuliou Bush. Les particularités de chacune de ces actions furent une grande variété des tactiques de terrain des Black Blocs montrant leur efficacité.

[…]

= = =

Le Black Bloc : une tactique jetable

Extraits

Zabalaza

Mars 2002

Traduction Résistance 71

Octobre 2026

Le Black Bloc est le message anarchiste de l’action directe de la classe laborieuse rejetant avec dédain les groupes activistes professionnels (NdT : comme les syndicats, ces traîtres foie jaune bouffant au râtelier marchand…) et les politiciens de tout poil et qui a forcé les parasites les plus riches du monde à se débiner dans les montagnes rocheuses canadiennes et le désert du Qatar pour comploter et ourdir leur plan contre nous. Les principes anarchistes de pouvoir et de démocratie directe de masse, global en provenance d’une base populaire à multi-facettes sont sur l’agenda comme jamais ils ne le furent dans un passé récent. Mais notre “printemps de Prague” est fini. L’assassinat de Giuliani par la police lors des manifestations de Gêne et la reconsolidation des forces de la droite en ont décidé ainsi. Après les évènements de Gêne, bien des anarchistes ont remis en question la tactique de terrain du Black Bloc.

Contrairement aux tentatives des états italien et allemand de prétendre que le Black Bloc est une sorte “d’organisation terroriste”, celui-ci n’est ni terroriste, ni même une organisation (NdT : alors que l’État, lui, est l’organisation terroriste par excellence, il ne règne et ne se maintient que par la peur, la coercition, la guerre et une violence qu’il veut (pseudo)légitime…). Il est simplement une tactique de terrain qui suit les objectifs suivants : fournir à l’anarchisme une présence visible (à la fois pour des raisons de propagande publique, mais aussi par souci de sécurité pour les manifestants et de coopération, coordination dans des manifestations chaotiques.) ; de maintenir le niveau de dynamisme militant lors des manifestations et les empêcher d’être récupérées dans des détournements de blablatage, d’assemblées et de pétitions futiles, voire politiquement récupérées par les partis politiques et syndicats ; de diriger une attaque directe sur notre ennemi de classe et ses institutions et finalement de défendre les manifestants ordinaires de la violence policière omniprésente et des actions coercitives de la police.

La tactique du Black Bloc a eu un remarquable succès quand on analyse les résultats à l’aune de ses objectifs et parmi les manifestants, les anarchistes ont gagné un grand respect, spécifiquement lors de la défense non sectaire des manifestants pacifistes ou autres qui étaient ciblés par la répression policière.

Dans le cas des manifestations de Gêne, tandis que la plupart des manifestants anarchistes n’étaient pas impliqués dans le Black Bloc, préférant marcher dans le cortège, comme il se doit avec les autres dizaines de milliers de manifestants et de travailleurs en grève, la tactique des Black Blocs a été de plus en plus utilisée par d’autres groupes anarchistes comme les “autonomes”, ou par des groupes non-anarchistes comme les trouffions communistes autoritaires d’état.

Gêne a montré que la pratique de se masquer et de s’habiller de noir fut aussi la pratique des agents provocateurs, des flics, ce qui a terni la réputation du Bloc, ces agents du système attaquant des cibles illégitimes (non-étatiques, non-policières et non-corporatrices) tout en se bagarrant avec les manifestants du cortège.

Black Bloc, Milan, Italie

La stratégie de l’ennemi est claire :

  1. Criminaliser les anarchistes et autres manifestants militants révolutionnaires en tant que “terroristes”.
  2. Détruire les liens de bonne volonté construits au fil du mouvement de masse anti-mondialisation afin d’empêcher la radicalisation du mouvement en criminalisant le Black Bloc.
  3. Gérer les forums sociaux “non-gouvernementaux” parallèles aux grands sommets du monde capitaliste de façon à clouer les activistes dans un élan lobbyiste et ainsi créer l’illusion d’une “consultation”.
  4. Réprimer les médias indépendants et alternatifs pour assurer que les versions corporatistes oligarchiques demeurent intouchables et
  5. Utiliser la couverture des attaques terroristes du 11 septembre sur les Etats-Unis pour introduire toute une série de pouvoirs de police et de renseignement qui seront utilisés contre tous les activistes radicaux, qu’ils soient anarchistes ou non.

Les photos de Mussolini qui furent montrés aux activistes torturés à Gêne alors qu’ils étaient en détention dans des locaux de police montrent que la main de fer du fascisme réside sous le gant de velours des “démocraties” bourgeoises occidentales. Dans ce siècle écoulé, les “élites” ont plongé le monde dans 70 ans de fascisme, de bolchévisme et de guerre génocidaire (NdT : tout cela financé par la City de Londres et Wall street, cf les recherches de l’historien Antony C. Sutton, entre autres…), tout cela afin d’empêcher une véritable révolution des travailleurs qui, entre 1916 et 1923, leur a presque coûté tous les biens et richesse qu’ils ont volés. Cette fois, nous savons de quoi ils sont capables et nous devons demeurer sur le qui vive.

Alors, devons-nous continuer à manifester, nous agiter, nous éduquer, nous organiser ? Devons-nous toujours participer aux manifestations de masse ? Nom de dieu que oui ! Les idées anarchistes occupent une place prépondérante dans le nouveau mouvement anti-capitaliste et jamais nous ne devons abandonner ce terrain si ardemment et difficilement gagné.

[…]

“La propriété privée et par extension le capitalisme, est intrinsèquement violente et répressive  et ne peut être réformée ni ne peut-on même discuter avec [ses représentants]…” ~ Black Bloc N30, communiqué 1999 ~

“La propriété, c’est le vol.” (Pierre Joseph Proudhon) – voir ci-dessous le texte complet…

= = =

Black Bloc, Suisse

Le texte en PDF :

Lectures anarchistes choisies pour mieux comprendre et agir :

Résistance 71 “Manifeste pour la société des sociétés”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2018/05/manifeste-pour-la-societe-des-societes.pdf

Errico Malatesta “Écrits choisis” :

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2017/06/pdferricomalatesta.pdf

Proudhon “Qu’est-ce que la propriété ?”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2018/07/proudhon_quest_ce_que_la_propriete.pdf

James C Scott : “L’art de ne pas être gouverné”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2018/08/james_c_scott_lart_de_ne_pas_etre_gouverne.pdf

Zomia :

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2023/03/zomia.pdf

Kropotkine “L’anarchie dans l’évolution socialiste”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2019/04/lanarchie-dans-levolution-socialiste-pierre-kropotkine-2eme-edition-1892.pdf

Charles MacDonald “Anthropologie de l’anarchie”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2019/07/charles-macdonald_anthropologie_de_lanarchie.pdf

Voline “La synthèse anarchiste” :

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2019/11/voline_la_synthese_anarchiste.pdf

Ricardo Florès Magon “Écrits choisis” :

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2018/10/ricardo_flores_magon_textes_choisis_1910-1916.pdf

Commune de Paris : 150 ans

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2021/03/150-ans-de-la-commune-de-paris-recherche-esprit-communard-desesperement.pdf

Dr Bones : “Insurrection et utopie”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2022/05/drbones_insurrection-et-utopie.pdf

Daniel Guérin “L’anarchisme”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2018/02/daniel_guerin_lanarchisme.pdf

Résistance 71 “L’anarchie pour la jeunesse”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2017/09/lanarchie-pour-la-jeunesse.pdf

Gustav Landauer “Appel au socialisme”

https://resistance71.wordpress.com/wp-content/uploads/2016/12/appelausocialismeglandauer1911-2.pdf

SOYONS INGOUVERNABLES !!

This entry was posted on 2 novembre 2026 at 10:28 and is filed under actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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