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Henri Dubost est mort : adieu l’ami…

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Source : ripostelaique.com – 10 juillet 2026 – Charles Demassieux

https://ripostelaique.com/henri-dubost-est-mort-adieu-lami-ici-bas/

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Il y a des jours, comme ça, où les souvenirs vous frappent assez fort pour vous faire couler des larmes intimes mêlées de regrets acides ; des larmes qui tombent à l’abri des regards qui ne comprendraient pas. Des jours où, par exemple, on apprend qu’une personne à laquelle on tenait vraiment – même si le temps et les aléas de l’existence nous avaient séparés – vient de rejoindre Son Créateur, qui l’acceptera sans aucun doute et malgré ses querelles secrètes avec Lui.

Car Dieu recueille les âmes fragiles et douloureuses, comme celle de Georges Bernanos, qu’Henri Dubost me fit découvrir et qu’il aimait tant. Bernanos, sur la tombe duquel est écrit ceci, qui va si bien à mon ami parti vers ce Ciel que nous redoutons et souhaitons à la fois… lorsque nous avons la foi : « Quand je serai mort, dites au doux royaume de la terre que je l’aimais plus que je n’ai jamais osé le dire. »

Henri, car c’est de toi qu’il s’agit, te voilà hors les murs du monde, et je n’aurai plus l’occasion de lire ta prose ciselée, ainsi que tes nombreux lecteurs, toi qui m’as permis de rencontrer des personnalités telles que Jean-Marie Le Pen, Alain Dubos, Michel Chamard, Les Brigandes, Lorrain de Saint-Affrique, Jean-Yves Le Gallou, Reynald Secher, etc., sans oublier l’ami Pierre. Toi avec qui je pouvais avoir de longs échanges toujours riches, étant donné ton immense culture. Une culture qui n’empêchait pas ton humilité et ta rigueur de s’exprimer lorsque tu recevais tes invités à l’antenne, ébahis par ta connaissance de leur travail. Et quel bonheur de se retrouver après chaque émission au restaurant à écouter ce monde-là ! Les vivants s’en souviennent…

Je rencontrais aussi, dans un charmant petit restaurant de Versailles, ton épouse, Catherine, une femme apaisante et élégante à la fois, qui fut ton compagnon de route dans la vie comme à Radio Courtoisie, que je salue ici, avec toute ma triste affection.

Que dire de toi, sinon que ta sensibilité extrême a eu raison de ta raison. Qui pourrait te juger, sinon les idiots et les insensibles, qui sont souvent le mêmes ?

Je retiendrai surtout ton talent et particulièrement cette leçon que tu me prodiguas jadis, alors que j’étais ton assistant à Radio Courtoisie : « Laisse toujours parler ton invité, tu n’es pas là pour te mettre en valeur mais le mettre en valeur lui. » Petite anecdote, Henri appelait Radio Courtoisie le « navire amiral de la réinformation ».

Un jour, je l’espère, le camp patriote se rendra compte de ce que tu lui as apporté et qui est si dense.

Récemment encore, tu m’écrivais : « Ma seule bouée est d’en finir bientôt. L’idée que Ҫa puise durer des années me désespère profondément. » J’essayais, avec des mots dérisoires et forcément maladroits, de te dissuader de ces pensées, rien n’y a fait. Car combien tu souffrais dans les tréfonds de ton corps et ton esprit, combien il te devenait insupportable de perdre cette acuité qui te caractérisait jusqu’alors. Aussi, que les juges du clavier se taisent s’ils n’ont rien d’autre à opposer que des invectives faciles et confortables, eux qui ne savent souvent rien de la douleur psychique. Moi, comme toi, Henri, j’en sais quelque chose…

Une fois, tu me confias t’être entretenu de tes souffrances avec l’abbé Pagès, cette force de Dieu, lequel conclut en te disant : « Sois béni mon fils. » Cet abbé, solide comme chêne, avait su lire en toi, je veux le croire. Ai-je le pouvoir de bénir ton âme, je l’ignore, mais je le fais tout de même, tout en me moquant des dogmatismes qui accuseront ton geste et se prenant à l’occasion pour Dieu le Père. Je n’ai pas cette vanité vaine et je préfère te savoir dans la Paix éternelle.

Nous l’avions évoqué ensemble ton geste et moi-même j’en ai eu maintes fois la tentation, sauvé à chaque fois in extremis. Sauvé ? Lorsque je regarde le monde, que tu savais si bien percer et analyser, je me demande si nous sommes vraiment sauvés sur Terre. Dieu me le dira me moment venu, ce moment que tu as choisi, épuisé. On ne condamne pas un épuisement, quand est un homme ou une femme véritable.

Alors il me reste désormais des souvenirs, le lot du temps qui passe et le plus authentique trésor des hommes, ces hommes dont le destin se résume si bien dans cette phrase de Marcel Pagnol : « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ». Et tu n’étais plus un enfant, juste un homme perdu dans l’immensité souvent injuste de la destinée, cherchant le silence, toi qui appréciais par ailleurs les apaisants chants grégoriens, me confiais-tu…

Adieu l’ami, ici-bas au moins, avec l’Espérance de retrouvailles ailleurs.

Je dédie ce texte à Catherine…

Charles

(Photos : Charles Demassieux)

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