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La hausse du prix du diésel pousse les mines vers l'électricité. Face à la flambée du pétrole, l'industrie minière de l'Ontario accélère sa transition vers des technologies électriques et par batterie pour réduire ses coûts d'exploitation et de ventilation.
Une entreprise de fabrication d'équipements miniers basée à Sudbury affirme que la flambée du pétrole stimule ses ventes. Les exploitants cherchent désormais des alternatives viables aux machines diesel. Railveyor, qui conçoit des systèmes ferroviaires électriques pour le transport du minerai, constate un fort regain d'intérêt.
Les entreprises minières nous demandent de repenser l'aménagement de leurs sites pour y intégrer notre technologie, explique Tas Mohamed, PDG de l'entreprise.
Selon Mme Mohamed, le transport représente 40 à 50 % des coûts d'exploitation d'une mine.

Tas Mohamed est la PDG de Railveyor, une entreprise de technologies minières dont le siège international et les installations d'essai sont basés à Sudbury.
Photo : Avec l'autorisation de Hayley Pearton
Si la majorité des sites utilisent encore du diesel, la guerre en cours en Iran et la volatilité des prix rendent cette option très chère.
L'instabilité du cours du carburant n'est plus un choc temporaire. C'est une réalité structurelle qui pèse lourdement sur l'industrie.
Pour remplacer les camions traditionnels, les mines se tournent vers les convoyeurs électriques, les voies ferrées automatisées ou les véhicules électriques à batterie (VEB).
Un investissement rentable à long terme
Gertjan Bekkers, conseiller principal chez Poplar and Shield Advisory et ancien dirigeant de Torex Gold Resources, confirme ce virage progressif en Ontario.
Les mines consomment énormément de diesel. La hausse des prix frappe de plein fouet les exploitations à ciel ouvert et souterraines. En revanche, celles qui ont anticipé la transition électrique ne subissent aucun impact , souligne le consultant basé à Timmins.
M. Bekkers précise qu'un équipement électrique peut coûter jusqu'à trois fois plus cher à l'achat qu'un modèle diesel.
Toutefois, la stabilité des tarifs de l'hydroélectricité garantit des économies majeures sur la durée de vie du véhicule.
De plus, l'électricité élimine les émanations toxiques en milieu souterrain.
Les entreprises économisent ainsi des sommes colossales sur la ventilation, qui n'a plus besoin de tourner à plein régime pour purifier l'air.
À Sudbury, le projet Onaping Depth de Glencore utilise déjà une flotte 100 % électrique.
Cela a complètement changé la donne pour eux, affirme M. Bekkers.
Le défi de la reconversion des sites existants
La transition reste cependant complexe pour les infrastructures plus anciennes.
Marla Tremblay, directrice générale de MineConnect à Sudbury, explique qu'il est plus simple d'équiper un nouveau site ou une extension qu'un site existant.
Les mines en activité ont été construites pour le diesel. Installer des infrastructures de recharge y est souvent prohibitif, indique-t-elle, d'autant que ces sites possèdent déjà de lourds systèmes de ventilation amortis.

La directrice générale de MineConnect à Sudbury, Marla Tremblay, affirme que la transition du diesel vers l'équipement électrique représente un coût majeur pour les mines en exploitation.
Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault
Un virage irréversible d'ici 2040
Les constructeurs s'adaptent rapidement à cette demande. Chez MacLean Engineering, les véhicules électriques représentent actuellement 10 à 20 % des ventes annuelles.
L'objectif est d'atteindre le 100 % électrique d'ici 2040.
Alex Lenz, chef de produit pour l'électrification chez MacLean, observe que le succès des premiers utilisateurs rassure le marché.
De nombreux clients planifient sérieusement leur transition, conclut-il.
Avec les informations de Jonathan Migneault


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