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Les alliés des États-Unis n’ont pas répondu favorablement à l’appel de Donald Trump qui les presse de s’impliquer dans la sécurisation du détroit d’Ormuz car ils craignent d’être entraînés dans la guerre contre l’Iran.
Luc Chaillot - Aujourd'hui à 06:10 - Temps de lecture :
Les États-Unis et leurs alliés sont d’accord sur le diagnostic, mais pas sur les moyens de rétablir le trafic dans le détroit d’Ormuz. Le blocage de la voie maritime pétrolière la plus fréquentée au monde entraîne une flambée des prix de l’énergie et menace de déstabiliser les chaînes d’approvisionnement. L’Iran a réussi à porter un coup sévère à l’économie mondiale en paralysant le détroit par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde. La poursuite de la guerre fait craindre aussi une crise alimentaire car environ un tiers des engrais mondiaux sont acheminés par cette voie maritime de 33 kilomètres de large au point le plus étroit. Le blocage de cet axe majeur emprunté par 3 000 navires par mois risque de nourrir l’inflation aux États-Unis, un cauchemar pour Donald Trump qui a été élu en promettant d’améliorer le pouvoir d’achat des Américains et de ne pas entraîner leur pays dans une nouvelle guerre.
À moins de huit mois des élections de mi-mandat, le milliardaire a demandé à ses alliés un soutien militaire pour aider les États-Unis à rouvrir le détroit d’Ormuz. Son appel a été accueilli avec froideur, surtout venant d’un président qui s’est distingué par son mépris pour le multilatéralisme et les alliances internationales.
« Ce n’est pas notre guerre »
Les pays européens membres de l’Otan n’ont pas envie d’être entraînés dans une guerre déclenchée par les États-Unis et Israël sans leur demander leur avis. Le refus le plus catégorique est venu de l’Allemagne. « Ce n’est pas notre guerre », a déclaré le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius. Le Royaume-Uni a également fait part de ses réticences, malgré les menaces de Donald Trump qui a dit qu’une non-participation des alliés au déblocage du détroit d’Ormuz « serait très préjudiciable pour l’avenir de l’Otan ». Le Premier ministre britannique Keir Starmer a toutefois annoncé que le Royaume-Uni travaillait avec ses alliés à un plan viable pour rétablir le trafic maritime mais il a exclu tout recours à une mission de l’Otan.
De son côté, l’Union européenne (UE) avait envisagé la possibilité d’élargir le mandat de la mission Aspides actuellement déployée en mer Rouge pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houthis alliés de l’Iran. L’objectif était de lui permettre d’intervenir dans le détroit d’Ormuz mais plusieurs pays s’y sont opposés et l’UE renonce donc à son projet, au moins dans l’immédiat.
Menaces sur la visite de Trump en Chine
Le 3 mars dernier, Emmanuel Macron avait été le premier chef d’État à avancer l’idée d’une coalition internationale pour rétablir le trafic maritime mais la France n’a pas répondu à l’appel lancé par Donald Trump.
Le président américain a également demandé à la Chine d’envoyer des navires de guerre pour sécuriser le détroit d’Ormuz. Il a très peu de chances d’obtenir une réponse favorable, même si l’économie chinoise est impactée par le blocage car l’Asie achetait plus de 80 % du pétrole transitant par le détroit. La Chine a toutefois obtenu une faveur de son allié iranien qui a autorisé la circulation de plusieurs pétroliers chinois malgré la guerre.
Mécontent, Donald Trump menace de reporter son voyage officiel en Chine qui était prévu du 31 mars au 2 avril. Des émissaires américains et chinois sont arrivés à Paris pour préparer cette visite très importante pour les deux premières puissances économiques mondiales car la trêve dans leur guerre commerciale reste très fragile.


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