Israël a affirmé ce mardi avoir tué Ali Larijani, le puissant chef de la sécurité en Iran, ainsi que Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj. Il s'agit de deux figures importantes du régime des mollahs.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 14:32 | mis à jour aujourd'hui à 15:05 - Temps de lecture :

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Le régime iranien décapité ? Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé ce mardi « l'élimination » d'Ali Larijani, l'un des principaux dirigeants de la République islamique, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran. Téhéran n'a pas encore confirmé la mort de ces deux figures du régime.

Ali Larijani, puissant chef de la sécurité en Iran, est considéré comme l'un des dirigeants les plus influents de la République islamique. Cet homme de 68 ans a passé des années dans l'ombre du pouvoir iranien avant d'être propulsé comme l'une des figures de proue du pays à l'occasion de la guerre contre Israël et les États-Unis. Depuis l'élimination du guide suprême Ali Khamenei, il était « le dirigeant de facto du régime iranien, surtout depuis deux semaines, mais même avant cela, il était considéré comme celui qui prenait les décisions et tirait les ficelles », a commenté ce mardi un responsable militaire israélien, sous couvert d'anonymat. C'est Larijani qui « a orienté les attaques vers la région » et a ordonné des frappes contre Israël et les pays du Golfe, a affirmé ce même responsable.

« Un rôle plus important que ses prédécesseurs »

Il jouait « un rôle plus important que la plupart de ses prédécesseurs », avançait en février Ali Vaez, du centre de résolution des conflits International Crisis Group (ICG), décrivant un « véritable homme du sérail, fin tacticien, familier du fonctionnement du système et des inclinations du guide suprême ». Il était réputé jouir de la confiance du guide suprême Ali Khamenei, récompensant une longue carrière au sein de l'armée, des médias et du Parlement.

Ancien combattant des Gardiens de la Révolution, Ali Larijani a dirigé l'audiovisuel d'État pendant une décennie, où il s'est illustré par son engagement contre les réformateurs. Entre 2005 et 2007, il était le principal négociateur sur le nucléaire face à Londres, Paris, Berlin et Moscou et en 2015, il avait soutenu l'accord, qui s'est évanoui trois ans plus tard avec le retrait des États-Unis de Donald Trump. Quelques semaines après la guerre Iran-Israël de juin 2025, il est nommé à la tête du principal organe de sécurité, qu'il avait déjà présidé 20 ans plus tôt. Un retour interprété comme un tournant pragmatique dans la gestion sécuritaire du pays. 

Gholamréza Soleimani (gauche) et Ali Larijani (droite). Photos Sipa/Icana

Gholamréza Soleimani (gauche) et Ali Larijani (droite). Photos Sipa/Icana

Gholamréza Soleimani, chef d'une milice dévouée au régime

Quant au général Soleimani, il dirigeait le Bassidj, une milice qui recrute essentiellement dans la jeunesse et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société iranienne. Elle « fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien » et a « mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils », a commenté l'armée israélienne. Il aurait été « éliminé lors d'une frappe [...] visant le quartier général de fortune sous tente qu'ils utilisaient, par crainte d'utiliser leurs bases habituelles », selon le responsable militaire.

Ce dernier a par ailleurs fait état d'une frappe contre l'un des principaux chefs du Djihad islamique palestinien, Akram Al-Ajouri. Le chef des brigades al-Qods, la branche militaire de ce mouvement – active surtout dans la bande de Gaza – « séjournait en Iran, où il résidait habituellement », a ajouté cette même source, avant de préciser : « Nous ne disposons pas encore de données » sur les résultats de la frappe.

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