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Un modèle dérivé, le « Grok Gov Model », est utilisé dans un programme de ciblage assisté par intelligence artificielle de l’armée américaine, selon le Pentagone.
Le logo Grok, en février 2026. Le gouvernement des Etats-Unis affirme que l’intelligence artificielle (IA) Grok, développée par la société xAI d’Elon Musk, a servi dans le cadre de frappes contre l’Iran, selon un document judiciaire consulté par l’Agence France-Presse.
Dans ce mémoire, déposé lundi 15 juin, le ministère de la justice américain estime qu’une plainte environnementale visant un centre de données géant de xAI, et plus particulièrement les turbines à gaz qu’il utilise, fait peser un risque sur des infrastructures d’IA désormais utilisées par l’armée. L’action en justice « menace la sécurité nationale, économique et énergétique », écrit le ministère.
Pour étayer cet argument, il fait témoigner Cameron Stanley, responsable de l’IA au Pentagone. Celui-ci affirme sous serment qu’un outil dérivé de Grok, le « Grok Gov Model », est déjà déployé au sein du programme de ciblage assisté par IA de l’armée, baptisé Project Maven, initialement appuyé sur le modèle Claude d’Anthropic.
D’après cette déclaration, les processus de Maven « ont permis aux forces américaines de déployer plus de 2 000 munitions sur 2 000 cibles distinctes en 96 heures », lors de la guerre contre l’Iran. Le haut fonctionnaire voit dans ces chiffres « le témoignage d’une très grande augmentation de l’efficacité opérationnelle rendue possible par le Grok Gov Model », sans préciser s’il s’agit du seul modèle utilisé par ce programme.
M. Stanley affirme que les utilisateurs de Maven consomment « près de deux milliards de tokens » (unités de calcul) « par jour », soit « jusqu’à six millions de pages » traitées, un volume qui rend selon lui l’infrastructure de calcul de xAI indispensable. Les turbines visées par la plainte alimentent Colossus 2, un supercalculateur de xAI qui entraîne Grok, en périphérie de Memphis, dans le Tennessee.
Contestation environnementale et enjeux sociaux
La NAACP, association de défense des droits des Noirs, poursuit xAI, l’accusant d’exploiter sans permis des dizaines de turbines, en violation de la loi sur la qualité de l’air. Elles polluent des quartiers majoritairement noirs, affirme l’association ; xAI soutient que ses turbines sont temporaires et mobiles, et qu’elles ne sont donc pas soumises à cette réglementation.
Fin février, le gouvernement a rompu ses contrats avec Anthropic, qui refusait que ses outils servent à des frappes entièrement automatisées ou à la surveillance de masse des Américains. Le Pentagone s’est alors tourné vers Google, OpenAI et xAI, les trois autres entreprises américaines de l’IA de pointe. Mais cette transition prend du temps et le gouvernement a dû admettre, en mars, que le modèle Claude d’Anthropic continuait d’être utilisé pour la guerre en Iran.
L’usage militaire de l’IA suscite la controverse. Chez Google, plus de 600 salariés ont réclamé en avril de ne pas fournir d’IA à l’armée pour des opérations classifiées. Le groupe avait déjà renoncé à Maven en 2018, sous la pression de ses ingénieurs. Proche de Donald Trump, qu’il a soutenu et conseillé, Elon Musk a intégré xAI à son groupe spatial SpaceX en février. Groupe qui a réalisé, le 12 juin, la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire.
Le Monde avec AFP


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