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Grève des paramédicaux : la supervision de stages n’est pas essentielle, conclut le TAT

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Des entreprises ambulancières ont échoué dans leur tentative de faire reconnaître la supervision de stages comme un service essentiel. Les ambulanciers paramédicaux représentés par la CSN dans la région peuvent donc maintenir leurs moyens de pression.

En grève depuis le 6 juillet 2025, les techniciens paramédicaux représentés par la CSN refusent de superviser les stages des finissants du programme de soins préhospitaliers d’urgence du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

Selon des entreprises ambulancières, dont Dessercom présente dans plusieurs villes de la région, si ce moyen de pression est maintenu jusqu’au 15 avril, il les privera d’une partie des finissants qui doivent terminer leurs études en juin.

Deux cercueils ont été transportés jusque devant les bureaux de la députée Suzanne Blais, dont un relatant l'exode de 46 ambulanciers paramédicaux depuis 2021.

Sans convention collective depuis mars 2023 et en grève depuis juillet dernier, des ambulanciers paramédicaux de la CSN en Abitibi-Témiscamingue ont manifesté en janvier dernier à Amos. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Elles affirment que, dans le contexte de pénurie actuelle, cela pourrait mettre en danger la santé ou la sécurité de la population. Elles ont donc demandé au Tribunal administratif du travail d’ajouter la supervision des stages aux listes de services essentiels devant être maintenus pendant la grève.

Peu de moyens de pression

Demande qui a été rejetée mercredi par la juge administrative Myriam Bédard. Dans sa décision, elle rappelle que les techniciens paramédicaux disposent de peu de moyens de pression, en raison des services essentiels qu’ils doivent fournir.

Les deux étudiants manipulent un bébé mannequin.

La grève des ambulanciers paramédicaux qui perdure pourrait avoir un impact sur la diplomation des finissants des cégeps.

Photo : Éric Carbonneau

Elle rappelle que leur rapport de force n’est pas à la hauteur de leurs fonctions pour la société et que leurs outils de négociation sont peu nombreux.

Le Tribunal, spécialisé en relations de travail et en rapports collectifs de travail, est à même de le constater, ne serait-ce que par la durée des grèves qui surviennent à chaque échéance de convention collective. Ces inefficaces et donc interminables grèves sont de nature à plomber les relations du travail dans les entreprises ambulancières et ne favorisent ni l’attraction ni la rétention des paramédics, écrit-elle.

Les ambulanciers paramédicaux représentés par la CSN sont sans contrat de travail depuis trois ans. Ils dénoncent notamment un recul salarial proposé par Québec dans les négociations en cours.

Pas de dangers

La juge administrative Myriam Bédard estime que les craintes des entreprises ambulancières sont plutôt des appréhensions à ce stade-ci. Près du quart des quelque 400 finissants au Québec sont en mesure de faire leurs stages et les autres pourraient voir leur entrée sur le marché du travail seulement retardée.

Une ambulance et des ambulanciers en grève.

Les ambulanciers paramédicaux ont manifesté leur mécontentement au début du mois de février. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Il faut donc distinguer le désagrément occasionné par la grève du danger pour la santé ou la sécurité publique. Ce danger doit être réel. Les simples craintes ou appréhensions ne peuvent suffire à neutraliser ou amoindrir le droit de grève, insiste-t-elle.

Elle ajoute que si les parties négocient de bonne foi et avec diligence, comme l’impose l’article 53 du Code du travail, le conflit pourrait se régler dans des délais permettant la reprise des stages et l'embauche des finissants à l'été.

La juge administrative Bédard conclut donc que le maintien de ces moyens de pression ne met pas en danger la santé et la sécurité de la population.

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