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La GPA promet de satisfaire les adultes, mais ne demande jamais aux enfants s’ils acceptent le prix à payer.
L’histoire, rapportée notamment par ABC News et The Guardian, paraît avoir été écrite pour tester jusqu’où le droit de la GPA peut résister à la réalité biologique.
La femme, âgée de 27 ans et déjà mère de cinq enfants, avait accepté une GPA dite « altruiste » pour un couple rencontré par l’intermédiaire de connaissances. La femme du couple était née sans utérus et ne pouvait donc mener elle-même une grossesse. En avril 2025, un embryon du couple est transféré dans l’utérus de la mère porteuse. Quelques semaines plus tard, l’échographie réserve une surprise : deux bébés sont en développement.
Les analyses génétiques finissent par expliquer le mystère. La petite fille est bien l’enfant génétique du couple ayant eu recours à la GPA. Le garçon, lui, a été conçu naturellement par la mère porteuse et son mari au même moment. Autrement dit, deux enfants se sont développés simultanément dans le même utérus sans avoir les mêmes parents biologiques.
En novembre 2025, la femme accouche des deux enfants par césarienne. Depuis leur naissance, chacun vit avec ses propres parents biologiques. Les deux couples sont d’accord sur cette organisation et souhaitent que les enfants continuent à se connaître.
I genuinely don’t know how anyone can read this and not be horrified.
Two babies shared the same womb, grew together, were born on the same day… and were then separated at birth for two different sets of parents.
And now a court says they are not even “birth siblings”.
This…
— Olivia Maurel (@maurel_olivia) August 27, 2026
Quand la biologie fait dérailler le contrat
Le problème aurait pu s’arrêter à une histoire familiale improbable. La GPA y a ajouté sa couche juridique.
L’article 24 du Surrogacy Act 2010 du Queensland prévoit en effet qu’en cas de naissances multiples, une ordonnance de filiation ne peut normalement transférer un enfant aux parents d’intention sans appliquer la même décision à ses « birth siblings », les frères ou sœurs issus de la même grossesse. Sur le papier, les deux bébés étaient donc nés ensemble. Dans la réalité, ils provenaient de deux conceptions distinctes et de deux couples différents.
La juge Jodie Wooldridge a finalement considéré que les enfants pouvaient être qualifiés de « gestational twins », des jumeaux gestationnels, mais qu’ils n’étaient pas des « birth siblings » au sens de cette disposition. Cette interprétation a permis de formaliser séparément leur filiation.
Une conseillère indépendante sollicitée dans le cadre de la procédure a par ailleurs estimé que les recherches disponibles ne permettaient pas d’affirmer que leur séparation depuis la naissance provoquerait, à elle seule, un préjudice psychologique. Elle a davantage insisté sur la stabilité familiale, la qualité des soins et la transparence future concernant leurs origines.
Quand la GPA fabrique des situations que la loi n’avait même pas imaginées
L’affaire a quelque chose de vertigineux. Non parce que deux familles se disputeraient les enfants, ce qui n’est précisément pas le cas, mais parce qu’elle illustre jusqu’à l’absurde ce qui se produit lorsque grossesse, génétique, filiation et projet parental deviennent quatre notions juridiquement séparables. Le droit doit ensuite ramasser les morceaux et décider qui est le parent de qui.
En France, la GPA demeure interdite par l’article 16-7 du Code civil. Mais la frontière juridique s’est encore déplacée récemment. Le 3 juillet 2026, la Cour de cassation a facilité la reconnaissance en France de filiations établies à l’étranger après une GPA, tout en rappelant que la pratique reste prohibée sur le territoire français.
L’interdiction demeure donc officiellement. Ses conséquences juridiques, elles, sont progressivement reconnues.


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