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Ce documentaire très émouvant sur l’ancien patron des sports emblématique de la chaîne, aujourd’hui atteint de la maladie de Charcot, est disponible sur l’App Canal+. À regarder absolument.
Tous les amateurs de sport à la télévision conservent avec une certaine nostalgie l’image de son sourire et le son de sa voix. L’œil malin et la mèche rebelle, Charles Biétry a marqué les esprits par ses commentaires depuis les tribunes et le bord des terrains. Ceux qui veillaient des nuits entières à la fin des années 1980 pour suivre les combats de boxe de Mike Tyson sur le ring du Caesar’s Palace en direct sur Canal+, ne l’ont pas oublié. L’ancien journaliste de l’AFP devenu directeur des sports de la chaîne cryptée entre 1984 et 1998, est resté une figure incontournable du sport français.
« Il a tout inventé par rapport au sport à la télévision », lance George Eddy, le plus français des basketteurs américains. « Un amoureux des sportifs », note la championne olympique Marie-José Pérec. « C’est lui qui avait les clés du pouvoir financier du sport français. Et il faisait ce qu’il voulait », confirme Michel Platini, l’un des premiers consultants recruté par l’intéressé, avec Serge Blanco. Un temps que les moins de 20 ans, toutefois, ne peuvent pas connaître…
Breton le plus fameux de Carnac
Génération Biétry est aussi un documentaire pour eux. En un peu plus d’une heure vingt d’un film qui défile à toute vitesse, l’occasion est offerte de replonger dans la carrière et l’existence de Charles Biétry, Breton le plus fameux de Carnac. Atteint de la maladie de Charcot, ainsi qu’il l’a révélé en 2023, et muet désormais, Charles Biétry a écrit les textes de ce documentaire. Sa voix a été recréée par intelligence artificielle. Le reste de ses propos est tiré de son livre La Dernière Vague, paru aux Éditions Flammarion. « Ma femme, mes enfants et mes petits-enfants me prouvent chaque seconde que l’amour est plus fort que la mort… »
Fidèle à un caractère qui l’a conduit à ne jamais laisser aux autres le soin de tracer son propre destin, Charles Biétry apparaît une fois encore tel qu’en lui-même : rigoureux, exigeant et en quête de perfection. Tant dans les images d’archives que dans les propos tenus par les innombrables intervenants du film, dont Pierre Lescure et Nasser al-Khelaïfi, le bonhomme se pose en patron. « Encore aujourd’hui, explique sa fille Juliette, il me paraît insubmersible. C’est un roc, quelqu’un de très solide. » L’obsession professionnelle de Biétry revient tel un leitmotiv : contenter l’abonné de Canal+. «Si on veut se rapprocher de l’idéal, c’est-à-dire être aussi bien chez soi qu’au stade, il faut apporter, apporter… », souligne-t-il, aux côtés de Michel Denisot et de feu Thierry Gilardi, ses premiers acolytes au micro.
Celui qui fut le premier à révéler au monde la mort des otages israéliens lors des Jeux olympiques 1972 à Munich, lâche aujourd’hui - et arrache au téléspectateur - des larmes lorsqu’il revoit l’immense Ray Charles chanter face à lui Georgia, lors des Jeux d’Atlanta 1996. Et c’est Nathalie Iannetta, profondément émue par celui qui l’a cornaquée au début de sa carrière de journaliste, comme beaucoup d’autres, dans la rédaction de Canal+ ou ailleurs, qui lance : « Putain quelle vie, Charles ! Il ne mesure pas ce qu’il représente vraiment pour certains d’entre nous… » Le mot de la fin à David Barouh, actuel directeur adjoint de la rédaction des sports de Canal+, qui n’a jamais travaillé directement avec Biétry, mais qui en assume l’héritage : « C’est toujours sa méthode que nous appliquons, que nous questionnons, que nous faisons évoluer, en quête permanente d’amélioration et d’innovation (…) Génération Biétry, c’est le meilleur d’avant raconté par les meilleurs d’aujourd’hui. »


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