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Après les deux fusillades meurtrières qui ont eu lieu en l’espace de 24 heures à Timmins, dans le Nord de l'Ontario, durant la longue fin de semaine, la communauté est sous le choc.
La maire de Timmins, Michelle Boileau, qualifie la situation d’inhabituelle.
Oui, absolument c’est inhabituel, mais disons que ça devient de plus en plus la norme , dit-elle.
Elle rappelle que, déjà l’an dernier, il y avait eu deux fusillades en l’écart d’une semaine.
Maintenant, en seulement 24 heures entre les deux, c’est sûr que c’est un choc , souligne-t-elle.
Malheureusement, ça semble devenir une tendance.

La maire Michelle Boileau explique que la violence armée prend du terrain dans sa ville. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Charles Delisle
Une culture de la drogue qui s’intensifie
La première fusillade est survenue dans le secteur de la rue Balsam Nord et de l’avenue Fifth. Elle a été signalée aux autorités municipales peu après 1 h vendredi dernier.
La mort de la victime, un homme de 31 ans de la région de Toronto, a été constatée une fois rendue à l’hôpital.
Le deuxième incident mortel a eu lieu peu après minuit samedi dans le secteur de la rue Rea Sud et de l’avenue Wilson. Les policiers envoyés sur scène ont retrouvé trois individus blessés par balles.
L’une des victimes, un homme de 32 ans, a perdu la vie à la suite de ses blessures.
Comme le service policier a mentionné dans leur communiqué, ces deux incidents sont reliés quand même à la culture reliée à la drogue ou à la traite de la drogue , précise Mme Boileau.
On sait que, normalement, il y a toujours des personnes impliquées qui proviennent du sud de la province. C’est très commun qu’on voie des noms de gens provenant du Sud , poursuit-elle.
Elle estime que les investissements qui sont faits pour lutter contre la criminalité dans le sud de la province sont en train de pousser la criminalité vers le Nord .
Ce genre d’armes illégales et cette culture de la drogue s’intensifient énormément.
Mme Boileau explique qu’il est difficile d’identifier les auteurs des violences, puisqu’il s’agit d’entrepreneurs de rue et non des membres de groupes criminels plus organisés.
Ce qui fait que c’est difficile pour nos services policiers de vraiment suivre les activités de ceux impliqués , souligne-t-elle.
La police municipale a indiqué que les deux incidents n’étaient pas liés. Elle a ajouté qu’il s’agit de conflits isolés entre individus qui se connaissent.

La police de Timmins explique que les deux fusillades impliquaient des personnes qui se connaissaient. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Impact sur la population
L’une des fusillades a eu lieu à un coin de rue de l’hôtel de ville de Timmins.
Je peux voir l’édifice en question de mon bureau à la mairie. On a vu l’effet ou l’impact le vendredi. On a vu vraiment la présence des services policiers, des équipes d’urgence. C’était quand même très marquant , se souvient Michelle Boileau.
On a peur, on est préoccupé quand on voit ce niveau de violence dans notre communauté. C’est quand même une petite ville, on se connaît presque tous.
Ce n’est pas évident. On essaye de rassurer les gens que ces incidents sont reliés à cette culture de drogue et donc il n’y a pas de questions d’insécurité pour le public , déclare la maire.
Besoin de plus de financement
Mme Boileau explique que les coûts associés à la sécurité publique sont en hausse dans les villes du Nord de l’Ontario.
Je travaille de très près avec mes homologues dans les autres grandes villes dans le Nord de l’Ontario. On a comparé nos données et puis on voit que ça coûte presque 20 pour cent de plus pour financer les services policiers comparé à des services policiers comparables dans le sud de la province , précise-t-elle.
On veut revendiquer à la province un financement spécialisé pour nos cinq villes qui pourrait aller vers la sécurité publique et les pressions actuelles , poursuit-elle.
On leur demande de reconnaître de façon équitable que nos grandes villes et nos services policiers font face à des pressions encore plus importantes.
Michelle Boileau souligne que la densité de population plus faible dans des villes comme Timmins vient limiter le financement des services policiers, qui set basé sur les impôts fonciers.
« Ça coûte cher. On a moins de gens dans nos communautés, on a des zones de service plus grandes. […] On a une capacité plus faible à absorber les hausses de coût », déclare-t-elle.
Avec les informations de Martine Laberge


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