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CHRONIQUE - Deux décennies après son « prix de Flore du lycéen », Boris Bergmann signe un récit autobiographique puissant en lice pour les prix Goncourt et Renaudot.
Le problème des enfants, c’est qu’ils grandissent. Ils se mettent alors à poser des questions embarrassantes, comme « qu’est-ce que je fous là ? » ou « il est où mon père ? ». La première fois que j’ai rencontré Boris Bergmann, c’était il y a vingt ans, il en avait 15. On lui décerna le « prix de Flore du lycéen », créé spécialement pour lui. Son premier livre, Viens là que je te tue ma belle, impressionnait par sa rage, sa force brute, malgré des maladresses de jeunesse. L’adolescent arrogant cultivait une attitude de punk rimbaldien, fréquentait des groupes à guitares bruyantes, se battait, buvait trop : exactement ce qu’on attendait, en ce temps-là, d’un nouvel écrivain maudit. Le Flore du lycéen était une plaisanterie de vieux blasés mais aussi un hommage à la prose poétique de cet adolescent fracassé.
Deux décennies ont passé (elles sont passées où, au fait ?) et voici que je reçois Minotaure comme une gifle. Ce récit autobiographique trône (ordre…


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