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Cliffwater : le premier domino ?
Il y a parfois des signaux faibles qui annoncent les grandes crises.
Et puis il y a les canaris dans la mine.
Le fonds de crĂ©dit privĂ© Cliffwater, qui gĂšre environ 33 milliards de dollars, fait face aujourdâhui Ă une vague inhabituelle de retraits dâinvestisseurs dĂ©passant 7 % du fonds.
Dans un vĂ©hicule semi-liquide oĂč la rĂšgle est 5 % de rachats trimestriels, ce niveau constitue dĂ©jĂ un stress test.
Pourquoi ?
Parce que les investisseurs commencent Ă comprendre quelque chose que Wall Street sâefforce encore de minimiser :
le crédit privé est devenu la nouvelle bombe financiÚre du systÚme.

Un marchĂ© de 1 800 milliards bĂąti sur lâillusion
Depuis dix ans, le crédit privé a explosé.
Le principe était simple :
- les banques ne peuvent plus prĂȘter facilement aprĂšs la crise de 2008
- les fonds privés prennent le relais
- ils prĂȘtent Ă des entreprises trop risquĂ©es pour les banques
Résultat :
- explosion des BDC et fonds semi-liquides
- levier massif
- transparence quasi inexistante
- valorisations artificiellement stables
Selon Rubric Capital :
- levier moyen : 8,5Ă lâEBITDA
- 43 % des entreprises financées ont un flux de trésorerie négatif
Autrement dit :
un marchĂ© entier financĂ© par des entreprises qui ne gagnent pas dâargent.
La faille : les prĂȘts SaaS
La particularité de cette bulle est sectorielle.
Une Ă©norme partie des prĂȘts privĂ©s finance :
les entreprises de logiciels et SaaS.
Or ces entreprises sont prĂ©cisĂ©ment celles qui risquent dâĂȘtre massivement perturbĂ©es par lâintelligence artificielle.
Certaines estimations indiquent :
40 % des prĂȘts sponsorisĂ©s sont liĂ©s au secteur logiciel.
Si lâIA dĂ©truit les marges de ces entreprises :
le collatĂ©ral de milliers de prĂȘts disparaĂźt.
JPMorgan commence Ă paniquer
Un signal important est venu de Jamie Dimon.
La banque JPMorgan a commencé à :
- dĂ©valuer certains prĂȘts software
- réduire leur valeur comme collatéral
- limiter le financement aux fonds de crédit privé
Traduction :
la plus grande banque américaine commence à dire :
« ces prĂȘts ne valent peut-ĂȘtre pas ce que les fonds prĂ©tendent ».
La vraie bombe : le shadow banking
Le problÚme est que ces fonds ne vivent pas dans un univers isolé.
Les banques leur prĂȘtent massivement.
Chiffres FDIC :
- 1 400 milliards de prĂȘts bancaires aux institutions financiĂšres non bancaires
- 2 800 milliards de lignes de crédit non utilisées
Exposition potentielle totale :
4 200 milliards de dollars.
En clair :
si le crédit privé craque,
les banques sautent avec lui.

Le parallĂšle interdit : 2008
Le mécanisme ressemble étrangement à la crise des subprimes.
Ă lâĂ©poque :
les banques disaient :
« les subprimes sont contenus »
Aujourdâhui elles disent :
« le crédit privé est contenu »
En 2008 :
les prĂȘts Ă©taient empaquetĂ©s dans des CDO opaques.
Aujourdâhui :
ils sont empaquetés dans des fonds semi-liquides vendus aux particuliers.
En 2008 :
les agences de notation validaient tout.
Aujourdâhui encore :
S&P a donné A au fonds Cliffwater.
Quelques mois avant la crise subprime, les CDO avaient aussi des notes AAA.
Lâhistoire ne se rĂ©pĂšte jamais parfaitement.
Mais elle rime souvent trĂšs fort.
Si la dynamique sâaccĂ©lĂšre :
- investisseurs retirent leur argent
- les fonds limitent les rachats
- panique dans les fonds semi-liquides
- chute des valorisations
- défauts en cascade
- contagion aux banques
Et cette fois la dĂ©tonation pourrait venir dâun secteur inattendu :
les prĂȘts aux entreprises de logiciels menacĂ©es par lâIA.
Le crédit privé était présenté comme :
- la solution au systĂšme bancaire
- la nouvelle source de rendement
- lâinnovation financiĂšre du XXIe siĂšcle
Il pourrait bien devenir :
la prochaine crise systémique.
Et Cliffwater pourrait ĂȘtre :
le premier domino.

1ïžâŁ LâARGENT DES INVESTISSEURS
Origine du systĂšme :
Investisseurs
⹠particuliers fortunés
âą family offices
âą fonds de pension
âą assurances
âą investisseurs particuliers via fonds semi-liquides
â
Ils cherchent du rendement supérieur aux obligations.
2ïžâŁ LES GESTIONNAIRES DE CRĂDIT PRIVĂ
Lâargent est collectĂ© par :
⹠fonds de crédit privé
âą BDC (Business Development Companies)
âą fonds semi-liquides
Exemples dâacteurs :
- Blackstone
- BlackRock
- Apollo Global Management
- Cliffwater
â
Ces fonds promettent :
rendement élevé + volatilité faible
3ïžâŁ LES EMPRUNTEURS
Les fonds prĂȘtent Ă :
âą entreprises de software / SaaS
âą entreprises LBO
⹠sociétés non cotées
⹠entreprises trÚs endettées
Car les banques refusent souvent ces prĂȘts.
4ïžâŁ LE FINANCEMENT CACHĂ
Mais voici la réalité :
les fonds sont eux-mĂȘmes financĂ©s par les banques.
Banques impliquées :
- JPMorgan Chase
- Barclays
- Jefferies Financial Group
â
Le systÚme devient interconnecté.
5ïžâŁ LE POINT DE RUPTURE
Le systĂšme casse quand :
⹠les investisseurs veulent récupérer leur argent
âą les entreprises ne peuvent plus rembourser
âą les banques coupent le financement
â
Câest exactement ce qui commence Ă apparaĂźtre avec :
- demandes de retrait chez Cliffwater
- dĂ©valuation de prĂȘts logiciels par JPMorgan
Exposition estimée :
âą prĂȘts aux institutions non bancaires : 1 400 milliards $
⹠lignes de crédit disponibles : 2 800 milliards $
Exposition potentielle :
4 200 milliards de dollars
1ïžâŁ ralentissement Ă©conomique
2ïžâŁ dĂ©fauts dâentreprises
3ïžâŁ retraits des investisseurs
4ïžâŁ vente forcĂ©e dâactifs
5ïžâŁ pertes bancaires
6ïžâŁ contagion financiĂšre
Morceau dâaccompagnement :
Roadhouse Blues â The Doors
âKeep your eyes on the road, your hands upon the wheel.â
Parce que quand la liquidité disparaßt,
les bulles financiÚres éclatent trÚs vite.

đ” Roadhouse Blues â The Doors
âKeep your eyes on the road, your hands upon the wheel.â
Alors que la bulle du crédit privé commence à craquer, la vieille voix de Jim Morrison résonne comme un avertissement.
La fĂȘte financiĂšre dure depuis quinze ans.
Les prĂȘts ont coulĂ© comme le whisky dans un bar de bord de route.
Mais dans la nuit du systĂšme financier, les investisseurs commencent Ă sentir que quelque chose change.
La musique ralentit.
Les portes grincent.
Et quelque part dans la salle, quelquâun murmure :
âThe partyâs over.â
Le morceau incarne lâatmosphĂšre de bar Ă la fermeture, quand la fĂȘte touche Ă sa fin.
Câest exactement la mĂ©taphore du crĂ©dit privĂ© aujourdâhui :
- une dĂ©cennie dâargent facile
- des prĂȘts distribuĂ©s Ă tout-va
- des valorisations maquillées
Et maintenant :
les lumiĂšres se rallument.
La ligne mythique de Jim Morrison :
âKeep your eyes on the road, your hands upon the wheel.â
Câest exactement la posture dĂ©crite pour lâinvestisseur :
reste lucide, garde le contrĂŽle, la route devient dangereuse
Le morceau parle de :
- routes sombres
- bars enfumés
- nuits dangereuses
Ce climat correspond parfaitement à notre univers éditorial :
finance nocturne, bulles, manipulations, fin de cycle.

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