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Après les revenus et le cadastre, les pirates ont désormais accès aux affaires de famille.
Cette troisième brèche arrive moins d’une semaine après la confirmation du vol des données fiscales de 678 000 particuliers et professionnels. Revenus fiscaux de référence, quotients familiaux, taux de prélèvement à la source, raisons sociales et numéros SIREN ont notamment pu être récupérés.
Le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, a présenté les excuses du gouvernement : « Ce qui s’est passé est insupportable pour les Français. » Une appréciation difficile à contester, même si les Français auraient probablement préféré des systèmes protégés à des excuses bien rangées dans un dossier de presse.
Les sportifs victimes de cyberattaques
En février 2026, le ministère des Sports a constaté une exfiltration de données provenant du système d’information Forômes.
En juin, une fuite de données a frappé la Fédération Sportive de la Police Nationale.
Début août, plus de 5 millions d’abonnés de salles de sport en Europe ont été exposés à une cyberattaque visant la plateforme Xplor Resamania.
Impôts, cadastre et successions : trois fuites en quelques semaines
La première intrusion remonte à la fin juin 2026. Des identifiants usurpés ont permis de consulter puis d’extraire les informations fiscales de 678 000 personnes et entreprises. Les comptes personnels sur impots.gouv.fr et leurs mots de passe n’auraient pas été compromis, selon la DGFiP.
La deuxième attaque a visé, le 29 juillet, le serveur professionnel des données cadastrales. Au maximum, 433 485 particuliers et 1 082 professionnels seraient concernés. Noms, dates et lieux de naissance, adresses, références cadastrales et renseignements sur les propriétés ont pu être consultés.
La troisième fuite touche le registre des successions vacantes. Une partie de ce portail aurait été accessible sans authentification. On peut y trouver des identités, des coordonnées, des dates de décès, des situations matrimoniales et des informations patrimoniales. Pour les escrocs spécialisés dans les faux notaires ou les faux conseillers fiscaux, c’est un fichier de prospection presque livré avec le mode d’emploi.
Ces incidents suivent le piratage de FICOBA découvert début 2026. Environ 1,2 million de comptes bancaires avaient alors été touchés, avec des IBAN, des identités et des adresses. L’ANTS, devenue France Titres, a également subi une attaque susceptible d’avoir compromis jusqu’à 19 millions de données d’identité. L’Éducation nationale a, elle aussi, reconnu une intrusion durant l’été, tandis qu’un pirate affirme détenir des informations concernant 1,22 million d’élèves, chiffre qui n’a pas été confirmé par le ministère.
L’État perd les fichiers, mais veut vérifier l’âge de tous
La succession des piratages n’empêche pas la macronie de vouloir collecter davantage de preuves numériques. Pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, le texte adopté par le Parlement obligeait nécessairement chaque utilisateur, mineur comme adulte, à prouver son âge.
Le Conseil constitutionnel a censuré le dispositif le 14 août. Les Sages ont jugé l’interdiction disproportionnée et constaté que « toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge », sans garanties suffisantes pour la vie privée. Emmanuel Macron souhaite pourtant faire réécrire la mesure avant 2027.
Le tableau devient limpide : l’État veut contrôler l’âge de toute la population au nom de la protection des enfants, tout en accumulant les preuves de son incapacité à sécuriser les fichiers existants. La prochaine fois que Bercy demandera une pièce d’identité, un justificatif et une preuve numérique, il faudra peut-être demander qui garde les clés.


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