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Arthur veut transformer la haine en arbres, avec un KKL dont les forêts recouvrent les ruines de villages palestiniens.
Lutter contre l’antisémitisme, qui est un délit, n’est évidemment pas le problème. C’est ce qui se trouve derrière cette opération de communication qui mérite quelques lignes. Le média hongrois Szombat Online affirme que le projet doit se développer avec le KKL, le Keren Kayemeth LeIsrael, également appelé Fonds national juif.
“Je transforme la haine en photosynthèse” : derrière cette phrase d’Arthur se cache une organisation qui plante des arbres depuis 1948 pour réécrire l’Histoire. pic.twitter.com/J39r3f0j4k
— AJ+ français (@ajplusfrancais) September 8, 2026
Le KKL n’est pas né en 1948
Première correction indispensable : le KKL n’a pas été créé avec Israël en 1948. Il est fondé en 1901 lors du cinquième congrès sioniste de Bâle. Son propre site français explique que sa vocation initiale consistait à « racheter, défricher et mettre en valeur des terres » afin de favoriser l’installation juive en Palestine. Les premières grandes opérations de boisement commencent avant la création d’Israël.
Depuis, la machine a sacrément poussé. Le Fonds national juif revendique plus de 240 millions d’arbres plantés. Mais le KKL ne s’occupe pas seulement de pins et de pique-niques. Son activité comprend également l’aménagement de terres, de routes, de localités et d’infrastructures.
Quand la forêt pousse sur les villages palestiniens
C’est ici que la jolie histoire verte devient nettement moins bucolique. Le Monde diplomatique documentait en octobre 2024 l’utilisation du boisement pour recouvrir ou rendre moins visibles les vestiges de villages palestiniens dépeuplés lors de la Nakba de 1948.
L’ONG israélienne Zochrot recense plusieurs forêts et sites du JNF installés sur les terres de ces anciens villages. Dans certains cas, les ruines, terrasses, oliviers et maisons détruites sont toujours là, sous les arbres ou au milieu des espaces touristiques.
Dans le Néguev, l’histoire continue. National Geographic a notamment raconté le cas de la forêt de Yatir et les conflits fonciers avec des communautés bédouines d’Atir et Umm al-Hiran. L’arbre peut donc être vert, tout en poussant dans un dossier foncier particulièrement gris.
La photosynthèse aime aussi les reçus fiscaux
Dernier détail savoureux : le KKL de France accepte les dons et indique délivrer un reçu CERFA. En France, les dons versés à des organismes éligibles peuvent, sous conditions, ouvrir droit à une réduction d’impôt généralement égale à 66 %, dans la limite prévue par la loi. La haine transformée en photosynthèse peut donc également croiser le fisc.
Pendant ce temps, Gaza continue de compter ses morts, ses blessés et ses hôpitaux détruits. Arthur voulait recycler la haine en arbres. Il vient surtout de rappeler qu’en Israël, une forêt n’est pas toujours seulement une forêt. Avant de regarder les branches, il peut être utile de regarder ce qu’il y a sous les racines.


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