Manger dans l’espace a longtemps été une punition culinaire. Entre le tube de pâté de foie de Youri Gagarine et les poudres lyophilisées insipides des missions Mercury, les pionniers de l’orbite ne voyageaient pas pour le goût. Mais pour la mission Artemis II, qui doit propulser quatre astronautes autour de la Lune en avril 2026, la NASA a décidé de monter en gamme. L’agence vient de révéler un menu étonnamment sophistiqué, conçu pour pallier l’absence de cuisine et de réfrigérateur à bord du vaisseau Orion.
Le cauchemar des miettes et de l’apesanteur
En microgravité, le plus grand ennemi du chef n’est pas la cuisson, mais la miette. Un simple morceau de pain flottant peut encrasser des instruments électroniques ultra-sensibles ou, pire, finir dans les poumons d’un membre d’équipage. C’est pour cette raison que les sandwichs classiques sont strictement proscrits.
Pour Artemis II, les ingénieurs nutritionnistes ont dû ruser. Les aliments doivent être « stables à température ambiante », faciles à préparer avec un simple réchauffeur de la taille d’une mallette, et surtout, ne pas s’émietter.
Le menu fait donc la part belle aux tortillas et au pain plat de blé, beaucoup plus sûrs que la baguette traditionnelle. Mais le véritable saut qualitatif se trouve dans les plats de résistance : l’équipage pourra déguster du brisket de bœuf grillé, des macaronis au fromage, du brocoli gratiné et même une quiche aux légumes.
Un bar à boissons à 380 000 kilomètres de la Terre
L’hydratation est également au cœur des préoccupations. Les astronautes auront le droit de choisir jusqu’à deux boissons aromatisées par jour parmi une liste digne d’un coffee-shop : smoothie mangue-pêche, thé vert, cidre de pomme, ou encore boisson à la fraise.
Fait notable : la NASA emporte cinq types de sauces piquantes différentes. En apesanteur, les fluides corporels remontent vers la tête, provoquant une sensation de congestion similaire à un rhume, ce qui atténue le sens du goût. Les épices deviennent alors essentielles pour que les astronautes apprécient leur repas.
Crédit : NASAUne logistique millimétrée avant le grand saut
Toutefois, la fête n’est pas permanente. Pendant les phases critiques de lancement et d’atterrissage, le système de distribution d’eau potable d’Orion est désactivé. Durant ces périodes, les astronautes devront se contenter de rations « prêtes à consommer » ne nécessitant aucune réhydratation.
Pendant que les menus sont finalisés, les ingénieurs au sol règlent les derniers détails techniques du lanceur SLS. Après un problème de joint d’hélium désormais résolu, la fusée devrait regagner son pas de tir en Floride d’ici la fin du mois.
Si tout se passe comme prévu, le décollage aura lieu en avril, avec des fenêtres de tir identifiées le 1er avril, puis entre le 3 et le 6 avril. Ce voyage de 10 jours marquera le retour des humains dans le voisinage lunaire après plus de 50 ans d’absence. Un exploit qui se fêtera, cette fois, avec un bon plat de bœuf grillé plutôt qu’un tube de gelée brune.


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