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Financement politique : « Je n’ai rien fait d’illégal », se défend Danny Williams

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L’ex-premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, défend les 56 000 $ qu’il a versés au Parti progressiste-conservateur en 2025, alors que le Parti libéral, délogé lors du scrutin d’octobre dernier, soutient qu’il faut resserrer les règles encadrant le financement politique.

Je suis les règles, je n’ai rien fait d’illégal, soutient l’homme d’affaires, qui a démissionné en tant que premier ministre en 2010 et qui admet ouvertement que ses dons visaient à nuire au nouveau partenariat énergétique désastreux entre sa province et le Québec.

L’entente provisoire, annoncée par l’ex-gouvernement libéral en décembre 2024, remplace le contrat existant concernant la centrale de Churchill Falls, qui est très favorable au Québec. En échange, elle autorise la construction par Hydro-Québec de deux nouvelles centrales hydroélectriques au Labrador.

Si les libéraux promettent que l’entente sur 50 ans va rapporter des centaines de milliards de dollars à la province la plus endettée du pays, Danny Williams estime que l’accord de principe ne permet toujours pas à Terre-Neuve-et-Labrador de profiter pleinement de sa richesse hydroélectrique. Selon lui, une entente équitable avec le Québec est possible, mais il faut recommencer au début.

C’était important pour moi que l’entente provisoire soit arrêtée, souligne Danny Williams, qui a convoqué les médias devant son bureau à Saint-Jean jeudi. Je suis fier de ce que j’ai fait, ajoute celui qui a aussi financé une campagne publicitaire contre l’entente provisoire pendant les élections, l’automne dernier.

Silence radio de Wakeham

Les progressistes-conservateurs, qui ont remporté le scrutin du 14 octobre dernier, ont promis pendant les élections de réviser l’entente provisoire et de tenir un référendum sur l’accord final.

En acceptant l’argent, est-ce qu’il a fallu s’engager, en contrepartie, à tuer l’entente? se demande John Hogan, le chef du Parti libéral. Nous aimerions que le premier ministre réponde à la question.

Le cabinet du premier ministre, Tony Wakeham, a refusé une demande d’entrevue jeudi. Danny Williams indique qu’il a rencontré Tony Wakeham à deux reprises depuis les élections pour discuter de l’entente provisoire avec le Québec.

Tony Wakeham.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, participe à une mêlée de presse après le discours du Trône le 2 mars 2026. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Un comité indépendant établi par le nouveau gouvernement doit se prononcer sur l’accord de principe d’ici le 30 avril.

Tous les partis ont profité de dons importants

Si les libéraux déplorent les sommes importantes versées par Danny Williams à leurs principaux adversaires, tous les partis politiques de la province ont profité de la souplesse des règles encadrant le financement politique en 2025.

Des données publiées par Élections Terre-Neuve-et-Labrador indiquent que les progressistes-conservateurs ont reçu 45 000 $ du transformateur de poissons St. Mary’s Bay Fisheries et 35 000 $ du syndicat United Brotherhood of Carpenters and Joiners of America.

Les libéraux ont reçu 72 753 $ de l’entrepreneur Marco, 65 000 $ du cabinet d’avocats Roebothan, McKay, Marshall et 55 000 $ de la papetière Corner Brook Pulp and Paper.

John Hogan.

Le chef du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, John Hogan, répond à une question devant la Chambre d'assemblée à Saint-Jean le 11 mars 2026. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

C’est plus que la plupart des gens gagnent par année, affirme Kelly Blidook, politologue à l’Université Memorial. Dans la plupart des cas, ce sont des entreprises qui veulent des contrats du gouvernement. [...] C’est un flagrant conflit d’intérêts.

Ça n’a aucun sens que cela soit légal en 2026, soutient-il.

Terre-Neuve-et-Labrador et la Saskatchewan sont les seules provinces à ne pas plafonner les dons politiques. Contrairement à ce qu'on observe au fédéral, les dons provenant d’entreprises et de syndicats sont aussi permis dans la province.

John Hogan affirme que, si son parti avait été élu, il aurait changé la loi et plafonné les dons politiques à 1000 $ ou 1500 $. Il affirme toutefois que la démocratie coûte de l’argent et ne s’engage pas à interdire les dons provenant de syndicats et d’entreprises.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a reçu 76 500 $ des syndicats en 2025, avait toutefois promis pendant la campagne électorale de plafonner les contributions à 1 750 $, soit la limite établie par le fédéral, et de ne plus permettre les dons de syndicats et des compagnies.

Je ne vais pas me taire

Lorsqu’il dirigeait la province, Danny Williams avait suggéré que les anciens premiers ministres devraient se taire et nous laisser en paix. Il ne suit pas ses propres conseils, mais soutient qu’il a l’obligation d’éviter que l’histoire se répète et que les libéraux signent une autre mauvaise entente.

Je ne vais pas me taire, promet celui qui a proposé la construction du barrage hydroélectrique de Muskrat Falls avant de quitter la vie politique. Ce projet, dont les lignes de transport contournent le Québec, a finalement sombré dans le chaos. Les coûts ont presque doublé, passant de 7,4 milliards $ à 13,5 milliards $.

Les contribuables de la province en paient toujours le prix.

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