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EN IMAGES - Mardi 12 mai au soir, le festival démarrait dans le Grand Théâtre Lumière. L’occasion pour le monde de cinéma de célébrer le réalisateur du Seigneur des anneaux, vingt-cinq ans après la sortie du premier film de la saga.
L’exercice se révèle ardu. Une maîtresse de cérémonie cannoise s’adresse aussi bien à des actrices chinoises (Zhao Tao) qu’à des vedettes hollywoodiennes infatigables (Jane Fonda) qu’au cinéma français. Le tout en moins d’une heure pour laisser, à 20 heures précises, démarrer le journal télévisé de France 2. La marche du monde n’attend pas. Les stars du cinéma ont monté celles du Palais des Festivals pour découvrir, séquences les plus saillantes de cette cérémonie très sage, l’hommage à un seigneur des blockbusters et la performance d’une jeune sensation musicale.
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La palme « miraculeuse » de Peter Jackson
Peter Jackson a l’air sincère. Son costume froissé témoigne, en tout cas, de sa simplicité. « C’est inattendu, presque miraculeux. La palme, jamais je n’aurais pensé en gagner une. Je suis allé à Cannes deux fois et ces séjours ont été des jalons importants dans ma carrière. Grâce au marché du film de Cannes, j’ai pu vendre mon premier film Bad Taste dans de nombreux territoires. Je suis venu il y a 25 ans montrer des extraits du Seigneur des anneaux dans un château de l’arrière-pays. Les médias nous prédisaient un échec. On a montré 23 minutes et l’écho a été merveilleux. C’était un pari, cela a changé la perception de l’adaptation. Sans Cannes, il n’y aurait pas eu toute cette anticipation positive », se rappelle le Néo-Zélandais de 64 ans. Il y a 25 ans, le réalisateur dépensa effectivement deux millions de dollars pour une soirée cannoise afin de convaincre des professionnels dubitatifs. Un pari osé, mais payant.
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Les souvenirs de Frodon Sacquet
Peter Jackson a reçu sa palme des mains d’Elijah Wood, l’interprète du Hobbit Frodon Sacquet dans l’adaptation de Tolkien. Le héros du Seigneur des Anneaux, aujourd’hui âgé de 45 ans, a rendu hommage à Peter Jackson, « qui a changé [s]a vie comme celle de dizaines d’autres acteurs ». Il a rappelé l’obstination et les débuts artisanaux et compulsifs de son mentor. Un esprit d’ingéniosité qui n’irait pas sans « tendresse ». « Peter Jackson sait que la technologie ne vaut rien sans humanité. Derrière l’innovation, il y a toujours le cœur. » Celui de Peter Jackson semble battre la chamade, au moment de recevoir cette palme « inespérée ».
Hommage à la comédie, clin d’œil aux journalistes
On le sait depuis son invention, le cinéma permet de se « rapprocher » les uns les autres. La maîtresse de cérémonie Eye Haïdara a repris cette antienne, avant de mettre en scène son plaisir de cinéphile - imitant Robert De Niro -, et de faire un pas de côté : évoquer les journalistes qui, dans la folie cannoise, affûtent leurs plumes pour défendre, célébrer ou descendre des films en flèche. Un moyeu indispensable dans la grande machinerie du cinéma. Surtout, l’actrice a rendu hommage à un genre qui ne se fraie pas toujours un chemin en compétition à Cannes : la comédie. « Au cinéma, j’ai vu mon père pleurer, mais j’ai aussi vu ma mère rire aux éclats », se souvient l’actrice qui nous a fait rire dans Le Sens de la fête (2017). La comédie, affirme-t-elle, exige un courage bien souvent « sous-estimé ».
La chanteuse Theodora, plus sobre que jamais
Coqueluche de la scène urbaine, la franco-congolaise Theodora et Oklou, nouveau visage de l’électropop, reprennent Get Back (1970) des Beatles. Peter Jackson est aux anges : il a réalisé en 2021 une série documentaire produite par Disney + sur les Fab Four. Le Néo-zélandais avait eu accès à 60 heures d’enregistrement de janvier 1969. Theodora, qui nous a habitués à des tenues fantasques et des paroles crues, chante en toute sobriété. Un exercice très sage, en robe noire de cocktail. Le cinéma adoucit les mœurs.
Les festivaliers auront une dizaine de jours pour s’en rendre compte avec, au programme, une comédie électrique, plusieurs films sur la Seconde Guerre mondiale et des visages méconnus qui pourraient bien décrocher la palme. Le suspens sera levé le samedi 23 mai lors d’une cérémonie de clôture à suivre en direct sur Le Figaro.fr.
L’éternelle Jane Fonda en marraine du festival
Égérie du cinéma certes, mais aussi égérie L’Oréal, partenaire du festival, Jane Fonda a lancé officiellement les festivités. En français et avec de l’enthousiasme. À 88 ans, celle qui marchait Pieds nus dans le parc avec Robert Redford en 1967 n’en a pas fini avec la pellicule. « Je crois au pouvoir des voix à l’écran. Je crois que le cinéma est un acte de résistance. Nous racontons des histoires et les histoires sont ce qui fait une civilisation. Cela offre de l’empathie malgré nos différences et laisse entrevoir qu’un autre avenir est possible », lance, sans grande originalité, celle qui rêve d’un autre avenir aux États-Unis. Pour elle, Donald Trump offre un triste spectacle à la Maison-Blanche.


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