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Life 08/10/2026 06:30 Actualisé le 08/10/2026 08:58
A l’école comme à la maison, les tout-petits ont bien conscience des violences éducatives ordinaires (VEO) et les révèlent même spontanément, selon l’Unicef.

Olga Pankova / Getty Images
Les 64 enfants interrogés, âgés de 3 à 5 ans et résidant en Guadeloupe et en France hexagonale, ont spontanément évoqué les violences qu’ils subissent.
Fessées, gifles, menaces ou moqueries – ce que l’on nomme communément les violences éducatives ordinaires (VEO) – ont beau être interdites depuis 2019, elles continuent de rythmer le quotidien de nombreux enfants, parfois encore tout petits.
C’est ce que met en lumière le rapport d’une étude pilote d’Unicef France publié ce jeudi 8 octobre. Portant initialement sur la manière dont les enfants perçoivent leur quotidien – à l’école, à la maison – et expriment leurs émotions, elle montre surtout que les VEO sont encore largement pratiquées, notamment dans le cadre familial.
Si l’étude montre ce maintien des violences, c’est parce que les 64 enfants interrogés, âgés de 3 à 5 ans et résidant en Guadeloupe et en France hexagonale, sont capables d’en parler. Interrogés dans « un cadre sécurisant », en petits groupes ou lors d’entretiens individuels, les enfants de maternelle ont été interrogés sur la manière dont ils perçoivent l’école, « un lieu d’apprentissages, de socialisation et d’expériences émotionnelles variées », sur le plaisir qu’ils ont à jouer, sur leurs petites peurs, sur le rôle sécurisant que joue leurs parents, leur famille... mais aussi sur les violences qu’ils commettent sur eux.
« Quand papa me tape, je suis très triste »
Plusieurs enfants ont ainsi spontanément évoqué les coups qu’ils reçoivent à la maison : « Quand papa me tape, je suis très triste », « ma mère me tape avec un gros ballon qui fait mal à la tête », « et ma mamie, elle me tape avec la ceinture ». « Ces paroles ont émergé lorsque les enfants étaient simplement invités à raconter les situations associées à leurs émotions », note l’Unicef France.
Qu’elles aient lieu au sein de la famille ou, plus rarement, à l’école, ces violences prennent une dimension particulière car elles sont commises par des adultes occupant une place centrale dans le quotidien des enfants : des parents, des enseignants, parfois des grands-parents ou frères et soeurs vers qui les plus petits trouvent aussi du réconfort et du soutien lorsqu’ils ont peur, et avec lesquelles ils éprouvent même un sentiment de protection et de sécurité.
Une légitimation de la violence des adultes
Une ambivalence qui inquiète les auteurs de l’étude, car les enfants « ne disposent pas toujours des repères nécessaires pour reconnaître certains comportements comme des violences ou les ont intégrés comme légitimes ». C’est notamment le cas lorsque ces violences font office de punition après une « bêtise ». Les enfants ont alors le sentiment qu’ils méritent les châtiments qu’ils endurent, voire qu’ils les ont cherchés.
« À cette difficulté peut s’ajouter un conflit de loyauté, précise l’Unicef France. Un jeune enfant peut simultanément aimer son parent, rechercher sa protection, craindre certains de ses comportements et souhaiter préserver la relation qui les unit. »
Mieux considérer les enfants
Ces violences ont beau être tristement banales dans la vie des enfants interrogés, elles « portent préjudice à leur santé et à leur développement », en plus de constituer « une atteinte aux droits de l’enfant », rappelle l’Unicef France, qui émet plusieurs propositions pour mieux respecter le ressenti et l’intégrité physique des enfants.
Parmi les pistes évoquées, celle de laisser davantage de place à l’expression des émotions et des sentiments des enfants, notamment lors des séances d’EVAR (éducation à la vie affective et relationnelle), désormais obligatoires pour tous les élèves. Mais aussi de mieux former les professionnels au recueil de la parole des enfants et au repérage des situations de mal-être, de négligence ou de violence, ou encore de poursuivre le déploiement de supports et campagnes d’information pour lutter contre les violences faites aux enfants.


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