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El Niño version 2026 pourrait bien être le plus intense que la Terre ait connu, et l'Asie en a bien conscience. Les autorités adaptent leurs plans de prévention et de gestion des risques climatiques, face à ce qu'elles considèrent comme le plus grand défi à relever. Tour d'horizon des mesures mises en place.
El Niño est un phénomène météorologique naturel qui dure environ une année et se produit tous les deux à sept ans. Météo France le définit comme un «réchauffement accentué des eaux de surface près des côtes de l'Amérique du Sud», qui est lié au «cycle de variations de la pression atmosphérique entre l'est et l'ouest du Pacifique, couplé à un cycle du courant océanique le long de l'équateur». L'épisode actuel devrait encore s'intensifier dans les prochains mois et pourrait atteindre une intensité exceptionnelle.
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Les conséquences de ce phénomène climatique extrême inquiètent déjà les organisations internationales: le Programme alimentaire mondial (PAM) estime qu'environ cinquante millions de personnes supplémentaires risquent d'être touchées par la famine d'ici la fin 2027. Le secrétaire général des Nations unies (ONU), António Guterres, a déclaré début septembre qu'El Niño «prenait sous nos yeux une ampleur exceptionnelle». Dans toute l'Asie, les gouvernements tentent donc d'anticiper les conséquences de cet épisode météorologique extrême, chacun avec ses propres moyens.
Carte des risques climatiques en Chine
Pékin a lancé une campagne de 100 jours pour se préparer. L'un des objectifs est de protéger les récoltes contre la sécheresse, mais aussi contre les fortes précipitations. Pour ce faire, l'Empire du Milieu prévoit de moderniser ses systèmes de surveillance et d'alerte. Les autorités ont encouragé les villes à créer des cartes de risques climatiques, pour identifier les zones les plus exposées aux inondations et aux vagues de chaleur.
Après avoir vécu sa plus chaude journée jamais enregistrée le 9 août, Hong Kong a revu sa politique relative au travail. En cas de fortes chaleurs, les horaires de travail doivent être aménagés, entrecoupés de pauses désormais obligatoires. Les entreprises doivent également s'équiper de systèmes de climatisation, précise le Guardian.
À Taïwan, la situation a été jugée urgente, ce qui a poussé l'île à recourir à des méthodes similaires à celles utilisées pour faire face aux attaques terroristes ou aux tremblements de terre. Début septembre, les autorités ont organisé un exercice à grande échelle de trois jours, simulant des températures supérieures à 40°C. Au programme: coupures d'électricité et d'eau, problèmes ferroviaires ou encore pannes de climatisation.
Au Sri Lanka, on mise sur l'eau de mer
Le Sri Lanka semble être le pays le plus touché par les conséquences actuelles d'El Niño. Il connaît sa sécheresse la plus rude depuis une décennie. Plus de 160.000 personnes sont confrontées à une pénurie d'eau potable. Colombo envisage désormais le scénario où les réserves d'eau douce pourraient disparaître. Les autorités seraient alors contraintes de traiter l'eau de mer salée. Les experts restent toutefois sceptiques: le pays ne dispose que d'une seule usine de dessalement.
Dans certaines régions d'Inde, les précipitations de mousson ont fortement diminué en septembre. Les cultures du riz, des légumineuses, du coton et du maïs sont menacées. Avec une conséquence économique importante: avec la baisse des récoltes, les prix des denrées alimentaires risquent d'exploser, alors même que les familles pauvres et celles de la classe moyenne peinent déjà à supporter le coût de l'alimentation. Le gouvernement indien veut mettre en place un «bouclier protecteur pour les agriculteurs»: renforcement des infrastructures de collecte d'eau de pluie et des réservoirs, mais aussi développement de cultures moins gourmandes en eau.
L'Asie du Sud-Est s'inquiète aussi des conséquences d'El Niño sur les cultures. Alors que la guerre en Iran a fait grimper les coûts des engrais, les Philippines, la Malaisie et l'Indonésie sont particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix alimentaires. «Pour les Indonésiens, la part du revenu consacrée à l'alimentation peut atteindre 50%, voire plus. Toute hausse des prix les affecte donc de manière disproportionnée», détaille Elyssa Kaur Ludher, spécialiste du changement climatique à l'ISEAS – Yusof Ishak Institute, à Singapour. Pour les mois à venir, les gouvernements d'Asie du Sud-Est misent notamment sur l'agriculture régénérative et les biofertilisants.
Le Japon s'attend, lui, à l'arrivée de nouveaux «super-typhons». Tokyo encourage ses citoyens à protéger leur logement, à respecter les avis d'évacuation officiels et à se constituer des réserves de nourriture et d'eau. Le ministère des Infrastructures a identifié plusieurs passages souterrains à haut risque, qui vont être fermés à titre préventif.
Partout en Asie, les pays se préparent à un phénomène d'une ampleur inédite. Les prochains mois seront décisifs, même s'il reste difficile, à l'heure actuelle, de quantifier avec précision l'ampleur des dégâts qu'El Niño pourrait causer.





























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