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Faut-il dormir dans deux chambres ou lits différents lorsque l’un des membres dans un couple est un ronfleur persistant et qu’il empêche son partenaire de dormir avec ses décibels de ronflement? Certains l’ont essayé et cela semble aller plutôt bien.
La Torontoise Dana Infald dormait mal toutes les nuits et en ressentait les effets pendant la journée.
J’étais toujours fatiguée et j’avais l’impression d’être constamment dans le brouillard, avec d’horribles maux de tête, a-t-elle raconté à l’émission The Current, de CBC.
Le coupable de cette situation n'était autre que son nouveau partenaire, dont les ronflements empêchaient Mme Infald d’avoir un sommeil paisible alors que, lui, dormait toujours à poings fermés.
Lorsque le manque de sommeil a commencé à nuire à son travail d’éducatrice de la petite enfance, elle a pris son compagnon à part et lui a fait cette suggestion : et si on dormait dans des lits séparés? C’est ce qu’on appelle le divorce du sommeil.
Ce dernier n’a pas bronché et l’expérience a fonctionné. Trois ans plus tard, Dana Infald et son compagnon dorment paisiblement dans des lits différents.

L’expérience de Diana Infald et de son compagnon a fonctionné. Tous les deux dorment désormais dans des lits différents.
Photo : Fournie par Dana Infald
Ce n’est pas la fin de l’intimité
Le couple n’a pas renoncé pour autant à ses moments d’intimité, bien au contraire. Nous continuons à nous faire des câlins et à nous blottir l’un contre l’autre, mais quand vient l’heure de dormir, nous nous disons simplement : "Bon, il est temps d’aller de l’autre côté de la chambre, explique Mme Infald.
Elle et son compagnon se sont depuis mariés et ont une fille de 13 mois.
Nick Harding, quant à lui, a tardé à admettre qu’il était un ronfleur invétéré et que cela posait un problème à sa femme qui s’en plaignait. Je lui disais que je respirais simplement avec enthousiasme, raconte-t-il.
Journaliste établi au Royaume-Uni, M. Harding admet toutefois que le fait de perturber constamment le sommeil de sa femme commençait à entraîner un certain degré d’antagonisme le matin : À son réveil après une très mauvaise nuit, elle avait envie de m'étouffer avec un oreiller.
Après 10 ans de mariage, le couple a décidé, il y a 9 mois, de se séparer pour le sommeil.
Ils se retrouvent pour faire la grasse matinée lors de leurs jours de congé ou partagent le même lit les nuits de fin de semaine.

Nick Harding et son épouse Stephanie Davies ont décidé, il y a neuf mois, de pratiquer le « divorce du sommeil ».
Photo : Fournie par Nick Harding
Sauver des couples de la séparation
Nick Harding pense que le divorce du sommeil a peut-être sauvé son mariage : Si nous avions simplement continué comme avant, cela aurait fini par devenir intenable.
Il note, par ailleurs, que certaines personnes, en particulier les hommes, pourraient se sentir rejetées si leur partenaire suggérait de dormir séparément.
Je pense que l’essentiel est de préciser qu’il ne faut pas voir cela comme un rejet, que ce n’est pas la fin de la relation, que c’est, en fait, pour le bien du mariage.
Dana Infald partage cet avis et explique que son divorce du sommeil l’a aidée, elle et son mari, à mieux apprécier le temps qu’ils passent ensemble.
Neil Stanley, spécialiste du sommeil, explique qu’il ne considère pas que le divorce du sommeil constitue une menace pour une relation, bien que la pression sociale ou la gêne puissent amener les couples à le percevoir ainsi.
Ce n’est pas un échec, c’est simplement une décision pragmatique pour mieux dormir la nuit, et être ainsi plus heureux et en meilleure santé, soutient-il.

Neil Stanley est un spécialiste du sommeil établi en Angleterre.
Photo : Fournie par Neil Stanley
Gare aux effets du mauvais sommeil sur l’humeur et la santé
M. Stanley fait savoir qu’un mauvais sommeil peut entraîner des conséquences très graves sur la santé.
Il suffit d’une seule mauvaise nuit de sommeil pour que, le lendemain, on ait quatre fois plus de risques d’attraper un rhume.
Il ajoute que les personnes qui se trouvent dans cette situation sont également plus enclines à consommer des aliments sucrés et gras.
De plus, un mauvais sommeil persistant a été associé au diabète, aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux et même à certains cancers.
Et cela a des répercussions sur l’humeur : une mauvaise nuit peut rendre les gens irritables et querelleurs.
Un mauvais sommeil n’a rien de positif, résume Neil Stanley. Donc, sacrifier son sommeil simplement parce qu’on se sent obligé de partager son lit avec quelqu’un semble relever d’un état d’esprit étrange.
Environ 20 % des couples choisissent de dormir séparément, selon une enquête publiée en 2024 par l’Académie américaine de médecine du sommeil.
Neil Stanley estime que le phénomène serait même plus courant qu’on ne le pense. Il croit que les couples hésitent simplement à en parler, car c’est un sujet tabou.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Padraig Moran


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