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Par Olivier Pinaud
Publié aujourd’hui à 05h00Article réservé aux abonnés
DécryptageAlors que la société spatiale d’Elon Musk a fermé l’accès à sa fusée Falcon-9, l’Europe doit réussir la montée en cadence d’Ariane-6 et espérer l’émergence de nouveaux lanceurs si elle veut pouvoir lancer ses centaines de satellites à venir.
Depuis l’été 2026, l’Europe est prise d’une nouvelle inquiétude : aura-t-elle un accès plein et autonome à l’espace en 2030 ? En prévision de la montée en puissance de sa fusée extralourde Starship, dont la vie commerciale a débuté le 28 septembre, SpaceX, la société du milliardaire américain Elon Musk, a en effet cessé de commercialiser les vols à bord de son lanceur habituel Falcon-9 au-delà de 2028. Conséquence : de nombreuses entreprises ou institutions européennes qui pensaient pouvoir compter sur cette fusée, capable de décoller tous les deux jours, se demandent si elles disposeront d’une solution pour placer leurs satellites en orbite.
La question se pose d’autant plus sérieusement, qu’à l’horizon 2030, les besoins européens vont fortement augmenter, entre la constellation de télécoms souveraine IRIS², qui comprendra 330 satellites en orbite basse et 18 en orbite moyenne, celle de l’armée allemande (plus de 100 satellites dans un premier temps), 12 nouveaux engins pour Galileo, le GPS européen, six pour Copernicus, le réseau d’observation de la Terre, et de nombreux autres projets privés.
« Si ces lancements arrivent tous en même temps en 2029, nous n’aurons pas suffisamment de capacités », a reconnu, dans Le Figaro, le 21 octobre, Christophe Bruneau, président exécutif d’ArianeGroup, le maître d’œuvre de la fusée Ariane-6, principal lanceur européen en service avec la fusée italienne Vega-C, plus petite. Ce manque de fusées serait préjudiciable : il pourrait retarder le lancement d’IRIS² ou la modernisation de Galileo, la contraignant à dépendre plus longtemps de services américains, comme Starlink, la constellation de télécoms d’Elon Musk.
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