NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Donald Trump multiplie les démonstrations de force, s’éloignant d’une logique de retenue que certains associent — non sans ironie — à une supposée doctrine « Donroe ». Le président Trump a encore frappé, cette fois avec l’aide du président israélien, Benjamin Nétanyahou. Depuis janvier, les attaques se suivent et ne se ressemblent pas.
Face à cette accumulation d’interventions, une question s’impose : comment parvient-il, chaque fois, à légitimer ses actions ? La réponse tient largement à sa capacité à mobiliser les émotions collectives, notamment par la banalisation de la guerre, l’usage d’un ton paternaliste et la moralisation constante de la décision militaire.
Le président états-unien tend à banaliser le recours à la guerre lorsqu’il affirme que « des vies de courageux héros américains risquent d’être perdues, et il risque d’y avoir des victimes, comme cela arrive dans toutes les guerres ». Par cette formulation, la mort et la souffrance deviennent des variables presque ordinaires du calcul stratégique. Le conflit est présenté comme une réalité abstraite, détachée de ses conséquences humaines et sociales.
Or, la guerre n’est pas qu’une opération géopolitique, elle est une expérience profondément émotionnelle. Comme le rappelle Christine Sylvester dans Feminist International Relations Takes on War (2012), la guerre est vécue par des corps. Ce sont des soldats et personnes soumis à la peur, au stress, à l’incertitude et à la violence extrême, mais aussi des civils dont le quotidien est brutalement bouleversé, brisés par les bombardements, l’exil ou la perte de proches.
En minimisant cette dimension corporelle et émotionnelle, le discours politique contribue à techniciser et à rationaliser la guerre. Les vies deviennent des catégories abstraites : « héros », « pertes », « dommages collatéraux ». Cette mise à distance morale facilite l’acceptation de la violence en occultant son coût humain réel. La guerre apparaît alors non comme un drame, mais comme un outil parmi d’autres au service de la puissance nationale.
Asymétrie
La rhétorique sécuritaire occupe une place centrale dans les prises de parole de Trump, à destination tant du public américain que du peuple iranien. Elle s’accompagne d’un ton paternaliste qui met en scène une relation asymétrique entre le dirigeant et ceux qu’il prétend protéger. La sécurité est présentée comme un bien que seul le « père » peut offrir.
Le paternalisme, tel que défini par Jean-Marie Donegani, désigne une attitude de pouvoir à la fois bienveillante et autoritaire où il s’agit d’imposer une domination sous couvert de protection. Lorsque Trump déclare : « Aucun président n’était prêt à faire ce que je suis prêt à faire ce soir. Vous avez maintenant un président qui vous donne ce que vous voulez », il se positionne comme le protecteur courageux, capable d’assumer ce que d’autres n’auraient pas osé.
Ce langage révèle la dimension genrée du discours politique, car la sécurité n’est pas conçue comme un processus collectif ou diplomatique, mais comme un bien octroyé par un homme fort. La légitimité repose alors sur la capacité à protéger, à décider seul et à démontrer sa puissance. Cette personnalisation de la sécurité renforce l’image d’un leadership vertical et masculinisé, où l’autorité se confond avec la force.
Choix
Enfin, Trump légitime ses actions en mettant en scène une hésitation stratégique. Dialogue, menaces, temporisation, puis intervention : cette alternance donne l’impression d’un cheminement réfléchi. En multipliant les signaux contradictoires, il laisse croire que l’option militaire n’a pas été choisie à la légère, mais qu’elle s’est imposée après épuisement des autres solutions. Cette mise en scène entretient l’émotion et crée un sentiment d’urgence morale.
Il tente ainsi de rallier une opinion publique américaine largement hostile à ces interventions, puisque, selon un sondage Reuters-Ipsos, seuls 27 % des citoyens appuient l’offensive contre l’Iran.
Ce scénario rappelle les interventions en Afghanistan, qui se sont soldées par le rapatriement des troupes et le retour des talibans au pouvoir. Il semblerait que nous n’ayons pas retenu la leçon : l’intervention armée, loin d’être un rempart sécuritaire, constitue en fait le principal moteur de l’insécurité régionale.


3 month_ago
75


























.jpg)






French (CA)