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Deux petits groupes d’aventuriers tentent présentement de relever un grand défi : compléter une expédition de motoneige de 2 200 kilomètres sur près de dix jours, de Hearst, dans le Nord de l’Ontario, à Churchill, au Manitoba. Celle-ci les mènera le long des côtes isolées de la baie James et de la baie d’Hudson.
C’est un peu le mont Everest de la motoneige, déclare Dany Gratton, un des participants d’un groupe de trois personnes de Hearst.
Avec sa fille Mylène Coulombe-Gratton et le copain de celle-ci, Alexis Hébert, ils ont quitté Hearst avec leurs motoneiges et leurs traîneaux chargés vers 7 h jeudi en direction de la baie James, en empruntant la rivière Missinaibi gelée.
C’est aussi l’aventure ultime pour les membres de l’autre groupe de quatre personnes, composé de Gino Bourdages et Dany Grondin de Hearst, Patrice Dubreuil de Sudbury et Dan Dunkley de Peterborough. Ils ont quitté Hearst vers 9 h jeudi pour entreprendre ce qu’ils ont appelé le Polar Bear Quest 2026.
Les participants ont décidé de créer deux groupes puisqu’on a jugé qu’un groupe de sept personnes aurait été trop grand pour une expédition de ce genre.
C’est plus facile à planifier pour les chambres, les campements, l’essence, affirme Dany Gratton, à propos de groupes très restreints.

Mylène Coulombe-Gratton (à gauche), Alexis Hébert (au milieu) et Dany Gratton (à droite) avant leur départ de Hearst.
Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard
Les deux groupes ont des trajets similaires et se sont d’ailleurs vus à la fin de la première journée à Moosonee.
Les participants affirment qu’ils songeaient à cette aventure depuis quelques années, après avoir réalisé des excursions de motoneige sur la côte de la baie James, jusqu’à des communautés comme Moosonee, Fort Albany, Kashechewan et Attawapiskat.
Mylène Coulombe-Gratton est d’ailleurs guide pour des expéditions à motoneige entre Hearst et la côte de la baie James avec son entreprise Follow Her North.
Pour Dany Gratton, c’est une occasion de réaliser une expédition qu’il devait faire en 2003 en compagnie de Pat Lecours et Marc Gosselin de Hearst. Mais il avait décidé d’annuler sa participation à la dernière minute.
Vingt-trois ans plus tard, on va se réessayer, affirme Dany Gratton.
Pour ce qui est de l'autre groupe, C’est un défi qu’on voulait faire avant qu’on soit trop vieux, déclare Gino Bourdages en souriant.
Selon Dany Grondin, il s’agit en quelque sorte d’une recherche de défis et d’adrénaline.
Le danger, l'inconnu, on dirait que ça nous motive. On voulait aller plus loin. La planification, la préparation, ça nous excite, affirme-t-il.
Les deux hommes de Hearst ont invité leurs amis Patrice Dubreuil et Dan Dunkley à se joindre à eux.
Ils m’ont lancé l’invitation. Tout de suite j’ai dit que j’étais de la partie, déclare Patrice Dubreuil, qui affirme adorer ce genre de défi aussi.
Les deux groupes ont prévu les endroits où ils doivent passer les nuits le long du parcours, que ce soit dans des communautés autochtones ou des camps, et les endroits pour se ravitailler en essence, notamment.
Les participants soulignent que l’objectif est d'atteindre la destination sains et saufs et qu’il ne s’agit pas d’une course.
L’idée, c’est une randonnée sécuritaire, pas trop vite. Le but c’est de se rendre, affirme Dany Gratton.
Des difficultés en partant
Parmi les difficultés possibles lors de ce voyage, les participants de deux groupes craignaient les bris mécaniques et ils en ont connu lors de leur première journée.
Deux participants, Mylène Coulombe-Gratton et Gino Bourdages, ont connu des problèmes avec leur motoneige et ont dû la remplacer par une nouvelle.
Une motoneige a été livrée de la région de Kapuskasing à Moosonee grâce à la route de glace.

(De gauche à droite) Dan Dunkley, Dany Grondin, Gino Bourdages et Patrice Dubreuil se sont arrêtés pour une photo le long de la rivière Missinaïbi lors de leur première journée.
Photo : Facebook/Patrice Dubreuil
D’autres défis possibles pour les participants touchent les conditions météorologiques défavorables, comme des tempêtes de neige ou le froid.
On peut prévoir dormir à un endroit, mais si vient un gros blizzard, on va être obligé d’arrêter et de faire un campement, souligne Gino Bourdages.
Une section potentiellement difficile est le trajet de plus de 500 kilomètres entre Attawapiskat et Peawanuck, en traversant notamment le parc provincial Polar Bear.
Il faut beaucoup d’essence, il faut une tente avec un poêle à bois s’il arrive quelque chose. C’est de la survie, a déclaré Dany Gratton avant le départ.
Une expérience
En plus de repousser ses limites, l’expédition se veut aussi une occasion d’apprendre sur le Grand Nord.
C’est vraiment plaisant quand on fait des voyages comme ça parce qu’on rencontre les gens qui vivent dans ces communautés et on apprend leur réalité, souligne Patrice Dubreuil.
Les participants aimeraient aussi voir des ours polaires. Plusieurs de ces animaux portent des colliers électroniques permettant de les localiser.
Les gens peuvent suivre l’expédition Polar Bear Quest en temps réel grâce à une application appelée Polar Steps.
Des participants font aussi des publications sur les médias sociaux.
Une fois à Churchill, les participants et leurs motoneiges prendront le train jusqu’à Thompson, au Manitoba, où des gens de Hearst les attendront pour prendre le chemin du retour en véhicule.
Avec les informations d’Elsie Miclisse


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