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Le gouvernement du Nouveau-Brunswick remet à la fin mai, au plus tard, sa réponse aux 50 recommandations contenues dans le rapport sur l’avenir d’Énergie NB. L’heure est à l’élaboration d’un plan, dit le ministre de l’Énergie.
Trois experts ont travaillé sur le rapport pendant presque un an et l’ont présenté lundi à Fredericton. Ils recommandent notamment un changement du modèle de gouvernance, un transfert d'une partie de la dette de 6 milliards de dollars au gouvernement provincial, le recours au gaz naturel pour le chauffage et une attention importante à l’énergie nucléaire.

Les experts chargés de la révision d'Énergie NB ont présenté leur rapport lundi à Fredericton. De gauche à droite: Anne Bertrand, Duncan Hawthorne et Michael Bernstein.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Les 12 employés du ministère de l’Énergie - le plus petit ministère comme aime le rappeler le ministre de l’Énergie René Legacy - passeront les prochaines semaines à évaluer les recommandations et à les combiner.
L’objectif est d’élaborer un calendrier de mise en œuvre, mais surtout d’en déterminer la complémentarité des recommandations.
Des fois, ça peut être que la recommandation est bonne, mais en combinaison avec d'autres choses, pourrait être néfaste pour les gens du Nouveau-Brunswick ou pour la compagnie. Dans ce cas-là, on reviendrait à expliquer pourquoi on le ferait pas, explique le ministre, à qui toutes les recommandations semblent plaire à priori.
Les tarifs d’électricité
Toutefois, un élément qui est clair dans ce rapport signé de la main d’Anne Bertrand, Michael Bernstein et Duncan Hawthorne et dont les effets sont déjà mesurés en bonne partie, c’est l’augmentation des tarifs d’électricité.
Les experts sont catégoriques. C’est la taille de l’augmentation qui est en jeu, mais pas son existence.
Ces derniers mois, les Néo-Brunswickois ont été de plus en plus nombreux à exprimer leur mécontentement envers la société de la Couronne. Et l’augmentation des tarifs, trop rapide à leurs yeux, est toujours en ligne de mire.

Le ministre de l'Énergie du Nouveau-Brunswick, René Legacy. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray
Comme les experts, le ministre René Legacy estime que, malheureusement, la situation ne permet d’espérer ni un gel des tarifs ni une réduction.
Ce qu'on veut faire par contre, c'est d'assurer qu'on contrôle l'augmentation. Essentiellement, on a déjà fait ça. Même si les augmentations qui sont proposées sont élevées. Comparé à ce qui aurait pu être arrivé, je vous dirais que c'est un travail qui a été fait, dit-il.
L’augmentation des tarifs d’électricité, c’est d'ailleurs le premier élément qui vient à l’esprit de David Coon, le chef du Parti vert, lorsque vient le temps d’évoquer le rapport, même avant de s’intéresser aux énergies renouvelables, trop peu présentes à ses yeux dans le document de 73 pages.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
C'est difficile pour chacun, chacune, de comprendre les recommandations qui sont pour les grands enjeux de gouvernance sans de recommandations spécifiques pour adresser le coût de l'électricité, le coût de la facture, soutient-il.
David Coon souligne au passage qu'il apprécie la recommandation sur la création d’un défenseur des clients, capable d’intervenir lors des audiences de la Commission de l’énergie et des services publics sur les demandes d'augmentation de tarifs.
Dette et gaz naturel
Une autre recommandation du rapport a trait directement à la dette de la société de la Couronne, qui s’élève à 6 milliards de dollars et qui, compte tenu de la taille de l’entité, restreint sa capacité d'entreprendre de nouveaux projets.
Les experts recommandent d’en transférer 1,5 milliard au gouvernement du Nouveau-Brunswick.
Pour David Coon, cette mesure n’aurait que peu d'effets sur les tarifs d’électricité.
Pour le progressiste-conservateur Kris Austin, la mise en œuvre de cette recommandation est surtout impensable à l’heure actuelle.

Kris Austin, député de Fredericton-Grand Lake, est le porte-parole du Parti progressiste-conservateur en matière d’énergie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras
Si cette première ministre avait fait ce que notre gouvernement a fait pendant six ans et avait véritablement équilibré les budgets, on pourrait en discuter, dit-il en anglais.
Kris Austin apprécie, en revanche, une autre mesure : l’idée de reposer davantage sur le gaz naturel pour chauffer les domiciles néo-brunswickois.
Le gaz naturel serait une occasion excellente si nous levons ce moratoire ridicule sur la fracturation hydraulique, dit le porte-parole de l’opposition en matière d’Énergie.
Le moratoire est en vigueur depuis 2024 au Nouveau-Brunswick. Sans sa levée, Kris Austin estime qu’il pourrait coûter trop cher de se procurer du gaz naturel.
Pour ce qui est des autres recommandations, Kris Austin dit vouloir se donner le temps d’y réfléchir, à l'instar du ministre de l’Énergie.
Avant de se présenter devant la presse, René Legacy comparaissait devant le comité des prévisions budgétaires.
Il dit que seules quelques maigres enveloppes au ministère sont prévues pour la mise en œuvre de recommandations au cours de la prochaine année, possiblement pour mener de plus amples examens sur certains aspects.
De son côté, l’examen mené par les trois experts a coûté plus de 600 000 dollars jusqu’à maintenant, soit moins que le million de dollars qu’avait prévu le ministère jusqu’à présent.
L'énergie renouvelable, absente du rapport
Pour le chef du Parti vert, le rapport fait fausse route. Les Néo-Brunswickois veulent nous voir se diriger vers des énergies renouvelables, dit-il. Ce n’est pas ce qui est présenté ici, ils parlent d’une autre centrale nucléaire, la source d'énergie la plus coûteuse au monde!
Un avis partagé par Yves Gagnon, professeur d'ingénierie à l’Université de Moncton.
Une deuxième centrale nucléaire est, selon lui, très peu réaliste. La construction d’une centrale nucléaire en Géorgie a coûté plus de 21 milliards de dollars. Avec la hausse des coûts de production, la facture pourrait être très salée pour les Néo-Brunswickois.

Yves Gagnon est professeur d'ingénierie à l'Université de Moncton, expert en énergie renouvelable. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Fré;déric Cammarano
On peut s’attendre qu’une centrale pourrait coûter bien au-delà de 30 milliards de dollars pour construire une centrale nucléaire au Nouveau-Brunswick, estime Yves Gagnon.
Il croit que la province doit plutôt se baser sur les ressources en énergies renouvelables, qui sont exceptionnelles dans la province, comme l’énergie éolienne.

Le parc éolien Burchill à Saint-Jean se trouve à proximité de la centrale électrique d'énergie NB de Coleson Cove. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roger Cosman
Nous avons aussi une ressource solaire équivalente aux pays qui développent le plus les énergies solaires sur la planète. On a de la biomasse, surtout forestière, mais aussi agricole, et des industries alimentaires à ne pas savoir quoi en faire, que l'on pourrait faire de l'énergie. Et donc, tout ça manque dans ce rapport ici.
Yves Gagnon est d’avis que l’idée d’étendre l’usage du gaz naturel pour chauffer les maisons est aussi peu réaliste. Il explique que de nombreuses maisons chauffent en utilisant les plinthes électriques. Il faudrait refaire un système de distribution de gaz naturel vers les quartiers résidentiels, pour une densité de population faible dans une petite province, ce qui serait coûteux.
Avec des informations de l'émission La matinale


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